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Isabelle Kocher, nommée DG d’Engie : pourquoi c’est une bonne nouvelle pour la France

crédit Engie Isabelle Kocher et Gérard Mestrallet

Directrice générale déléguée en charge des opérations chez Engie, Isabelle Kocher a pris hier les rênes opérationnelles du groupe, dans le cadre de l'Assemblée Générale des actionnaires. Une excellente nouvelle pour le pays. Voici pourquoi.

Parce qu’elle fait avancer
la cause des femmes

Si, depuis janvier, la France compte déjà une femme à la tête d’une entreprise du CAC 40 en la personne de Sophie Bellon, Présidente de Sodexo, Isabelle Kocher est bien la première femme à accéder au poste de directrice générale d’un groupe du CAC 40. Mariée à un Polytechnicien, mère de cinq enfants, elle montre que l’on peut allier réussite professionnelle et maternité. Celle à qui l’on demandait de « faire quelque chose de sa vie » lorsqu’elle était enfant, a fait carrière sans renoncer à rien… et en restant femme. A l’issue de sa nomination, le conseil d’administration d’Engie va d’ailleurs comprendre 63% de femmes, ce qui en fera le conseil le plus « féminisé » du CAC 40.
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Parce qu’elle est le symbole
de l’Excellence à la Française

Elève exceptionnelle, Isabelle Kocher née Thabut à Neuilly-sur-Seine a fait de brillantes études, multipliant les diplômes les plus prestigieux : Normale Sup, Agrégation de Physique (reçue 1ère !), Ecole des Mines de Paris, sans oublier un DEA d’optique quantique, de quoi faire d’elle la meilleure représentante de l’Excellence à la Française.
Après avoir débuté dans l’industrie chez Safran au début des années 90,  puis avoir passé deux années à la Compagnie Financière Edmond de Rothschild (comme Emmanuel Macron (!), elle a collaboré avec Dominique Strauss-Kahn au Ministère de l’économie avant de devenir conseillère industrielle du Premier Ministre Lionel Jospin de 1999 à 2002. Elle a ainsi été associée à la création de Thales, d’EADS et d’Areva. Un parcours remarquable et exemplaire qui lui a permis d’acquérir sa légitimité.

Parce que « c’est la meilleure »

Le président du groupe, Gérard Mestrallet, ne dira pas le contraire. Isabelle Kocher, qu’il a pris sous son aile dès 2002, est, selon ses mots «exceptionnelle». D’une intelligence rare, elle fait preuve d’une grande rigueur mais sait aussi être à l’écoute.  «C’était la meilleure (Ndlr : de tous les candidats)», avait ainsi reconnu René Ricol, commissaire général à l’investissement qui l’avait auditionnée afin qu’elle prenne la place d’Anne Lauvergeon à la tête d’Areva en 2011. Méthodique, investie, ambitieuse, Isabelle Kocher semble faire l’unanimité au-delà de son propre groupe où elle a recueilli toutes les voix du conseil d’administration à l’exception d’une. « Je me sens tout à fait prête pour ce défi passionnant », a-t-elle d’ailleurs confié.
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Parce qu’elle prend les rênes
d’une entreprise qu’elle connaît bien

Entrée au département stratégie et développement de GDF Suez en 2002, Isabelle Kocher, 49 ans, connaît la maison par cœur. En charge de la Lyonnaise des Eaux à partir de 2007, elle l’a relancée avant d’être nommée directrice générale adjointe du groupe GDF Suez en charge des finances en 2011. Nommée directrice générale déléguée en charge des opérations en 2014, elle a ainsi directement coordonné le projet de réorganisation du groupe Engie.
Fine connaisseuse de ce géant de l’énergie, la nouvelle directrice devrait gérer le groupe dans la continuité de ce qui a été décidé récemment et le mettre à l’abri de tout dérapage financier. Avec une ambition : faire d’Engie un leader du monde de demain, un acteur majeur de la transition énergétique non seulement en Europe mais aussi dans tous les pays en forte croissance comme la Chine.

Parce qu’elle s’inscrit
dans un projet de société

Dirigeante très courtisée, Isabelle Kocher a refusé de prendre la direction d’Areva et de la BPI. Son objectif chez Engie : « s’inscrire dans un dessein, contribuer à un projet de société », déclarait-elle il y a déjà deux ans dans Le Monde*.
La nouvelle patronne d’Engie croit fort aux énergies renouvelables et elle se donne trois années pour mener à bien la transition énergétique et faire du groupe un acteur international de référence dans l’émergence des nouvelles énergies : « Désormais, seuls des projets industriels qui vont dans le sens de cette révolution seront lancés (…) Nous souhaitons concentrer nos investissements uniquement sur la production d’énergie bas carbone et sur des solutions intégrées et innovantes pour nos clients », déclarait-elle au Parisien Economie** en mars dernier.
Selon elle, l’avenir est dans l’énergie solaire : « Non seulement, son gisement est quasi illimité, mais en plus, il devient économiquement – et donc financièrement – rentable à exploiter ». Elle a déjà annoncé une enveloppe d’1,5 Md€ sur trois ans consacrée à l’innovation et au développement des nouvelles technologies solaires.  « Il faut aller plus loin que le simple panneau solaire. Dans moins de dix ans, nous mettrons des films transparents sur nos fenêtres pour nous chauffer ou sur nos voitures pour les alimenter en énergie ! »
Vivement demain !
*Isabelle Kocher, une dirigeante méthodique, 2 août 2014, Le Monde
** Pour Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie, « le solaire va totalement transformer notre monde », 7 mars 2016, Le Parisien Economie

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Sylvie Marchal, Paris

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