Publicité
Publicité

Le brown-out, le nouveau mal qui ronge les cadres

Alors que le syndrome d’épuisement professionnel communément appelé « burn-out » vient à peine d’être reconnu par le législateur français comme maladie professionnelle, voilà qu’apparaît un autre mal qui ronge nombre de salariés dans le monde : le « brown-out ». A l’issue de leurs recherches, un Britannique et un Suédois viennent de décrire cette pathologie dans un ouvrage*. Vous ne trouvez plus de sens à votre travail ? Vous vous sentez inutile voir nuisible ? Peut-être faites-vous un brown-out… Explications.

L’impression de nuire à la société

Vous êtes une écologiste de la première heure, vous mangez bio depuis dix ans et vous faites même partie des Amis de la terre, cette association qui prône des « sociétés soutenables, fondées sur la sobriété et sur l’équité ». Et pourtant, vous travaillez pour une compagnie pétrolière. Vous avez même réalisé toute votre carrière dans le groupe ! Paradoxal ? Oui, à tel point que vous culpabilisez car vous avez l’impression de nuire à la société. Vos valeurs sont trop éloignées de celle de votre employeur. Attention, le risque de tomber dans le brown-out est pour vous bien réel.

PUBLICITE

Une « baisse de courant psychique »

D’après les chercheurs, ce sentiment de « nuisance » peut ainsi créer une véritable crise existentielle chez le salarié. S’ensuit alors, littéralement, une « baisse de courant » psychique, une sorte de « dévitalisation » principalement provoquée par l’incompréhension de vos tâches qui entrent en conflit avec vos valeurs et idéaux. La réalité d’un salaire correct et régulier finit par entrer en opposition avec le caractère rebutant de vos missions. Vous êtes écartelé(e) !
Lecture associée Comment détecter les prémices d’un burnout chez un collaborateur …et chez vous

Un sentiment d’absurdité

Mais le brown-out a d’autres causes : un sentiment d’absurdité ou d’inutilité. Ainsi, les chercheurs montrent bien comment de jeunes diplômés, recrutés par de grandes entreprises pour leur tête bien faite, se retrouvent à accomplir des tâches répétitives et parfois aberrantes, pour lesquels leur cerveau si brillant n’est d’aucune utilité. De quoi démotiver, parfois au point de s’en rendre malade, là encore pris entre un poste confortable et rémunérateur et une besogne dont vous ne saisissez pas le sens et que vous ne supportez plus.

PUBLICITE

Tous les métiers touchés

Et qu’importe votre secteur d’activité, personne n’est vraiment à l’abri de cette pathologie. Parfois, un mauvais manager, qui ne comprend pas lui-même le sens de sa mission, peut suffire à provoquer ce sentiment. D’autres fois, ce sont les conditions de travail -réduction des effectifs par exemple- qui peuvent créer un sentiment de malaise car vous n’arrivez pas à réaliser vos missions correctement. Votre éthique professionnelle est bafouée.
Lecture associée  « Burn out » ou « Black out »

Un mal identifié

La perte de repères, de sens, la systématisation des tâches, autant de facteurs qui peuvent conduire au brown-out. Au point d’en faire un nouveau mal du siècle ? Certainement pas. Car ces symptômes sont connus depuis bien longtemps. Mais désormais, le mal est identifié, nommé. Il pourrait à terme rejoindre la longue liste des maladies professionnelles. Reste à trouver un traitement efficace…
*The Stupidity Paradox, André Spicer et Mats Alyesson, juin 2016

Gratuit : recevez les Newsletters

Sylvie Marchal, Paris

Sylvie Marchal, Paris

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Abonnez-vous GRATUITEMENT aux digests du magazine.
[Modifiez à tout moment la fréquence de réception ou annulation ]

x