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« Manageur du bonheur », un nouveau job qui bouscule

On peut se poser la question de savoir si le fait d'être heureux rend un collaborateur plus productif, ou bien si c’est parce qu’il est productif qu’il se sent heureux et satisfait. En fait les deux s’auto-alimentent et en sont les bénéficiaires. Donc le bonheur du collaborateur intéresse l’entreprise. Le nouveau métier de « Manageur du bonheur » a du pain sur la planche.

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Qui se vante d’être heureux dans son travail

Vous passez le tiers de votre vie au travail, autant en faire un temps agréable et confortable, ce qui n’est pas toujours aisé quand on travaille dans une structure hiérarchisée, avec des horaires contraints, une pression du temps et des délais, qui génèrent facilement frustration personnelle et inefficacité professionnelle. Selon des études récentes, un tiers des salariés porte un regard négatif sur leur entreprise et peuvent même jouer contre les intérêts de celle-ci. A l’ère d’internet, nous vivons souvent encore dans des modèles d’hier et des mentalités, d’une inspiration militaire qui vise à contrôler chaque collaborateur en lui attribuant des tâches précises. La réduction du temps de travail a généré du loisir et une forme de bonheur mais en même temps a contraint chacun à faire son travail en moins de temps, ce qui peut aller contre l’efficacité et la rentabilité de l’entreprise.
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Pourquoi le bonheur du collaborateur
intéresse l’entreprise

La productivité d’un collaborateur dépend très souvent de sa capacité à trouver de nouvelles idées, il existerait une corrélation entre l’humeur et la créativité, à travers un processus cognitif qui donnerait plus de flexibilité à l’esprit, de fluidité et d’originalité à la pensée. L’intérêt du bonheur au travail, mis à part le bien apporté à la personne pour son propre profit, rend son activité agréable et vertueuse, dans cet état d’esprit et de cœur, il va résoudre plus facilement les problèmes plutôt que de s’en plaindre, son énergie redouble, il entretient une vision positive et une motivation décuplée. Des études ont démontré que l’actif heureux est moins enclin à contracter une maladie grave, ou à se laisser gagner par le stress et l’épuisement professionnel. L’esprit euphorique favorise l’apprentissage, et s’ouvre plus facilement à la nouveauté. Il craint moins qu’un autre de faire une erreur et en conséquence en fait moins, et quand elle survient il l’assume, l’analyse, apprend de celle-ci et continue. Il prend de meilleures décisions, contrairement au celui au malheureux qui avance en mode crise permanente, il perd de vue l’ensemble, et se fourvoie dans le court terme.
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Le manageur du bonheur remet
en question pratiques et processus

De plus en plus d’entreprises se sont lancées dans cette quête et recourent souvent à  des méthodes de management alternatives qui renversent « la table », arrêtent le système pyramidal, suppriment contrôles et hiérarchiques. Martin Meissonnier a filmé pour Arte (voir la vidéo ) dans un documentaire passionnant des femmes et des hommes qui ont inventé  de nouvelles formules. Certaines entreprises recrutent ou choisissent en leur sein un « happiness manager » ou « manager du bonheur » qui a  pour mission de veiller à ce que chacun soit heureux dans son travail, ayant pris conscience qu’après la Qualité de Vie au Travail (QVT) et les risques psychosociaux (RPS), la question du bonheur au travail était devenue un véritable enjeu.  C’est une fonction phare de l’entreprise, il mène sa mission avec l’ensemble des acteurs de l’entreprise et en premier lieu avec l’impulsion et l’autorité du dirigeant, car il va souvent remettre en question une organisation, des modes de pensées, des processus, à la recherche des conditions du bonheur pour chaque collaborateur.  En étroite collaboration avec chaque salarié, il doit détecter le moindre dysfonctionnement ou ressenti de souffrance  et proposer des solutions pour améliorer la situation.
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Laila Triden, Nice

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