Manager et dirigeant : taisez vous !
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Manager et dirigeant : taisez vous !

© Picture-Factory - Fotolia.com

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Selon trois chercheurs américains, les managers et dirigeants n'écoutent pas assez leurs collaborateurs. Voici trois conseils pour mieux faire.

Le titre est volontiers provocateur, pourtant il correspond à une réalité : les managers et les dirigeants n’écoutent pas assez leurs collaborateurs, parlent trop et se montrent souvent trop autoritaires, ce qui entraîne une démotivation de leur équipe et un manque de performance. C’est le constat d’une étude réalisée par trois chercheurs américains : Rick Larrick de Fuqua School of Business, l’école de management de l’université de Duke ; Leigh Plunkette Tost de l’université du Michigan et Francesca Gino de l’université de Harvard, qui vient d’être publiée en octobre dans The Academy of Management Journal. Voici les trois attitudes gagnantes que devraient avoir le dirigeant d’entreprise :

1 – Laisser parler vos collaborateurs

Selon les trois professeurs américains, l’un des problèmes principaux du management réside dans l’attitude du dirigeant. Celui-ci questionne continuellement ses collaborateurs pour avoir leur opinion. Ce comportement est facilité par les titres et fonctions qu’occupent chacun, car ceux qui ont moins de pouvoir dans l’entreprise tendent à faire preuve de déférence vis-à-vis de leurs supérieurs hiérarchiques. Conséquence : ils se taisent ou n’osent pas contredire les propos de ces derniers. C’est en observant sa relation avec ses doctorants que le professeur Rick Larrick de Fuqua School of Business s’est interrogé sur son propre comportement.

« Lorsqu’ils venaient dans mon bureau pour discuter de sujets de recherche, je me sentais autorisé, voire obligé d’alimenter la conversation, explique t-il. Et mes étudiants avaient tendance à me laisser faire. Mais à la fin de cet « échange », si l’on peut dire, un constat s’imposait : je n’avais pas laissé assez de temps mort pour que les étudiants se sentent encouragés à prendre la parole….et de mon côté, je n’avais rien appris ! Je n’étais pas plus instruit qu’au début ! J’ai eu l’impression de rater des opportunités d’apprendre de nouvelles choses. Et notre co-créativité en souffrait. »

2 – Ne pas être trop autoritaire

Autre constatation de l’étude : lorsqu’un leader fait preuve d’un peu trop d’autorité, il parvient difficilement à faciliter les échanges au sein de son équipe. En retour, celle-ci est moins productive et créative. Et si le manager passe trop de temps à donner son point de vue, les autres ne peuvent partager le leur. Au cours de cette étude, des équipes sans manager ont été mises en place. Elles étaient plus performantes que celles dont les dirigeants avaient une attitude dominatrice. Mais les meilleures équipes ont été celles qui avaient certes un leader, mais dont l’attitude n’était pas marquée par l’autoritarisme. D’où un nécessaire juste milieu. Pour Rick Larrick, « le rôle des managers est essentiel, car ils structurent les équipes, mais cette organisation doit garantir la participation de chacun. »

3 – Maintenir un lien de confiance

Mais le plus important reste pour les dirigeants de maintenir un lien de confiance et de réduire, au travers d’échanges quotidiens informels, les barrières avec ceux qu’ils encadrent. Cette attitude encouragera certainement les collaborateurs à prendre la parole. Les dirigeants doivent également perdre l’habitude de « combler le vide » ou de simplement chercher confirmation de leur réflexion initiale. Ils doivent faire une pause, formuler une question ouverte et laisser aux autres le temps d’exprimer leur propre point de vue. Les nouveaux managers doivent être particulièrement attentifs au moment de leur prise de poste car ils peuvent être tentés d’occuper le terrain de la parole de manière excessive. Certains s’y sentent même obligés. Mais reconnaître cette tendance constitue déjà un premier pas vers la prise en compte des points de vue de toute l’équipe.

* Pour lire l’étude en entier « When Power Makes Others Speechless: The Negative Impact of Leader Power on Team Performance, cliquez sur le lien suivant : http://dash.harvard.edu/handle/1/10996804

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Sophie Lhameen

Sophie Lhameen

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3 réactions

  1. Guy Veny

    15 janvier 2014 à 15 h 41 min

    Tellement vrai ! Première étape indispensable pour grandir !

  2. F. Laplace

    7 novembre 2013 à 17 h 14 min

    Basique mais bon à rappeler. Il faut rester vigilant. Chassez le naturel…

  3. Eric Lamirande

    4 novembre 2013 à 21 h 26 min

    En vente on dit d’ailleurs: écouter 100% du temps et parler 20% du temps…

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