Télétravail : 7 arguments définitifs pour
Publicité
Publicité

Télétravail : 7 arguments définitifs pour

© tab62 - Fotolia.com

© tab62 - Fotolia.com

Dans leur livre sur le travail à distance, Patrick Bouvard et Patrick Storhaye expliquent tous les avantages du télétravail. Nous en avons extrait 7 points principaux.

Dans un livre qui vient d’être publié sur le travail à distance *, Patrick Bouvard, rédacteur en chef de RH info, et Patrick Strohaye, président de la société de conseil Flexity, démontrent comment le télétravail permet de réinventer le management de l’entreprise et d’améliorer ses performances tout en apportant un bien-être individuel au travailleur à distance. « Nous sommes nous-mêmes la preuve que le télétravail marche car nous fonctionnons comme cela ensemble depuis 13 ans », soulignent en souriant les deux auteurs lors d’une présentation du livre qui a lieu hier à Paris. « Et je dirais même plus, ajoute Patrick Storhaye, nous avons développé une amitié, ce qui n’aurait pas forcément été le cas si nous avions été dans le même bureau… »

Le terme de travail à distance, plus large que celui de télétravail, a été choisi par les auteurs car il englobe à la fois les salariés télétravaillant dans un cadre légal identifié, les salariés hyper-mobiles travaillant à distance de partout sans cadre particulier et les travailleurs externes impliqués dans l’entreprise pour une durée suffisamment significative pour y laisser trace. Nous avons tiré de cet ouvrage et de la réunion de présentation du livre sept arguments définitifs (car indiscutables !) en faveur du travail à distance que nous reproduisons ci-dessous.

1 – Le télétravail est pourvoyeur de sens

La distance est porteuse d’une culture d’entreprise : elle oblige la société à définir un vrai projet d’entreprise. Non seulement les tâches du travailleur à distance doivent être définies précisément avec des objectifs clairs et précis, mais elles doivent s’insérer dans un vrai projet d’entreprise. La distance favorise l’intimité avec le projet. Et du coup les rencontres professionnelles physiques sont plus rares, mais n’en prennent que plus de densité : fini les « réunionnites », spécificité bien française…

2 – Il repose sur la confiance

Le modèle du lien entre travailleur à distance et son supérieur hiérarchique repose sur la confiance. « Les grands patrons pratiquent le télétravail depuis longtemps parce qu’ils se font confiance », souligne avec humour Patrick Bouvard. « C’est un bouleversement total de notre manière de fonctionner », estime l’amiral Olivier Lajous, qui a préfacé l’ouvrage. « Nous allons assister à une véritable « renaissance » (sur le modèle de la Renaissance française) dans le monde du travail grâce au numérique. Les managers vont devoir faire confiance aux travailleurs à distance et sortir de leur rôle de « flicard ». C’est l’humain qui sera remis au coeur du système », affirme avec conviction ce jeune retraité de la Marine nationale, qui a reçu en 2012 le trophée de « DRH de l’année » et qui est aujourd’hui à la tête d’un cabinet de conseil.

3 – Il est source d’autonomie

Le travail à distance est source d’autonomie, qui est elle-même moteur de la satisfaction au travail. Fini le stress et les risques psychosociaux : le travailleur à distance est capable de se régir lui-même dans le cadre de normes qui lui sont extérieures, mais qu’il a pleinement acceptées et intégrées. Ce sentiment d’autonomie, clé du bien-être au travail, ne repose pas sur une vision naïve ou « fleur bleue » des êtres humains au travail, mais sur une délégation de pouvoir très bien définie dans son contenu et ses limites avec des missions et des objectifs dont l’atteinte représente en elle-même l’indicateur le plus contraignant et le contrôle le plus efficace.

4 – Il favorise la créativité collective

La créativité d’une personne est souvent supérieure à celle d’un groupe. Le nomade apporte cette créativité de par son profil nourri d’une culture de fond avec des apports multiples et variés, selon son âge, son sexe, son pays, ses loisirs, ses lectures, ses voyages, son expérience professionnelle… Et le fait que Marissa Meyer, patronne de Yahoo ait décidé en février 2013 l’abandon du télétravail pour favoriser la créativité et l’échange correspond plutôt au licenciement de personnes qui n’avaient plus aucun lien dans l’entreprise. « Ces personnes n’avaient pas mis les pieds dans l’entreprise depuis trois ans », souligne Nicole Turbé-Suetens, auteur de la postface du livre. Leader du réseau Distance Expert, elle a participé au processus législatif sur le télétravail en France. Elle déplore « l’absence de vision des dirigeants français dans ce domaine. C’est l’idéologie qui l’emporte ».

5 – Il permet une meilleure gestion du temps

Le travailleur à distance doit s’organiser pour gérer son temps. Il doit se concentrer sur l’essentiel et prévoir des séquences de travail homogène : tout travail interrompu sera moins efficace et prendra plus de temps que s’il était effectué de manière continue. Il s’agit de raisonner en fonction du temps nécessaire pour une activité et non en fonction du temps disponible. En respectant ces principes, le travailleur à distance trouvera un équilibre personnel.

6 – Il réconcilie bien-être individuel et performance collective

Les règles du jeu étant fixées, chacun y trouve avantage : le travailleur à distance qui s’organise pour atteindre les objectifs et son manager qui n’a plus les tâches de contrôle classiques à faire. Du coup, on gagne en productivité pour l’entreprise et en bien-être pour le travailleur à distance.

7 – Il introduit « l’innoductivité »

C’est un mot inventé par les auteurs : il désigne la combinaison intime des exigences d’innovation et de productivité au sein de l’entreprise. Pour être compétitive, l’entreprise moderne doit avoir un business model dont l’innovation est le moteur, intégré à sa capacité à être compétitive sur les coûts. Le travail à domicile représente dans cette perspective un levier véritable parce que la distance impose un rapport partagé et capitalisé à la connaissance. Il oblige l’entreprise à se doter de systèmes d’information et de structures de communication performants. Il suscite des processus de circulation de l’information clairs axés sur la coopération et le partage. Enfin, il incite les dirigeants à adapter l’entreprise à un mode de management différent reposant sur la confiance.

Le travail à distance. Télétravail et nomadisme : leviers de transformation des entreprises. Patrick Bouvard et Patrick Storhaye. Préface de Olivier Lajous et postface de Nicole Turbé-Suetens. Editions Dunod, 225 pages.

Pour recevoir gratuitement un digest des articles chaque semaine je m’inscris à la Newsletter Cadre et Dirigeant Magazine

Sophie Lhameen

Sophie Lhameen

Signaler ce contenu comme inapproprié

9 réactions

  1. Sony

    14 janvier 2014 à 0 h 57 min

    Ce livre doit être lu, non seulement par tous ceux qui comme moi sont convaincus que le travail à distance est l’avenir du monde du travail pour les années à venir, mais surtout par ceux doutent. Le télétravail ne doit pas être considéré comme un simple outil mais une composante indispensable à l’efficacité, l’efficience, la performance des systèmes de productivité des organisations. Un grand saut qui nécessite que nous soyons prêts individuellement et collectivement, mais aussi sur le plan social et sociétal. Avons nous mesuré les conséquences économiques d’un saut « raté » dans une société en pleines mutations technologiques ?
    Quelques facteurs de réussite doivent être pris en considération : l’éveil des consciences, la maturité sociale/sociétale, individuelle et collective, la confiance mutuelle entre salariés et dirigeants, l’analyse des mutations qui s’imposent à nous afin être proactif et non réactif.

  2. Fabrice J. Spada

    17 novembre 2013 à 12 h 08 min

    Au-delà des avantages du télétravail pour les entreprises, celui-ci peut également être un facteur de motivation et de fidélisation des employés. Selon moi, la réalisation de certaines tâches ne nécessite pas une présence indispensable sur son lieu de travail. Par conséquent pourquoi imposer des déplacements inutiles, stressants et coûteux aux salariés ?
    Dans un environnement où les transports publics sont saturés (cf. lignes CFF Génève–Lausanne), les autoroutes sur-fréquentées (cf. A1 Berne–Zürich), les technologies de l’information hyper-développées (wifi, 4G) et où le développement durable fait débat, est-ce encore utile de faire déplacer des milliers de personnes chaque matin pour leur demander de travailler seul derrière un écran ? Le débat est lancé …

  3. Vincent F

    28 octobre 2013 à 12 h 28 min

    Tout à fait d’accord avec cet article et le commentaire de Séverine LM ! De plus, il ne faut pas oublier les performances que le télétravail peut amener sur le développement du territoire ! Nombre de travailleurs en Ile-de-France pourrait facilement avoir une vie de bien meilleure qualité, en province, tout en continuant à performer pour leur entreprise… Desengorgement des transports en commun, augmentation de la qualité de vie et donc de la qualité du travail fourni (est-on performant quand on sait que l’on doit quitter son travail dans les 5 minutes pour aller chercher son enfant à l’école, et qu’un collègue vous demande un document urgent à lui fournir immédiatement ?), dynamisation de zones en province… Sans oublier, autonomie du télé travailleur : car c’est un impératif dans un cadre professionnel de ce type ! Être autonome, c’est être adulte… Et réfléchir et agir comme un adulte, bien loin du management de contrôle permanent que l’entreprise à la française n’arrive pas encore à se défaire ! Pourtant, l’autonomie permet d’être plus efficace… Pour avoir été télétravailleur, je peux assurer que l’on abat plus de travail en moins de temps… Ce qui dégage du temps pour d’autres tâches professionnelles ! Il est évident que les entreprises y viendront : coûts financiers des locaux, burn out et autres dépressions… ne peuvent que convaincre les entreprises de revoir leur copie… Pour leur plus grand bien !

  4. Séverine LM

    24 octobre 2013 à 9 h 20 min

    Un mode de fonctionnement que l’on pourrait étendre dans bien des domaines ! Deux points cependant à souligner :
    - Il faudrait que les entreprises françaises revoient (pour une grande majorité) leur mode de fonctionnement, et surtout acceptent ces changements, qui pourtant leur seraient bénéfiques. Mais en sont-ils convaincus ? Pour le moment, peu le sont !
    - Certains travailleurs ne peuvent pas être en télétravail, tout simplement par manque de rigueur et/ou de professionnalisme.
    Le télétravail permet d’être « gagnant » que l’on soit employeur ou salarié, à partir du moment où l’un ET l’autre en sont convaincus et font en sorte que ce mode de fonctionnement soit viable.

  5. Eric Lamirande

    Eric Lamirande

    22 octobre 2013 à 17 h 36 min

    Mon patron, c’est à dire moi-même, me permet de faire du télétravail et j’adore ! Cela vient avec mon choix d’entrepreneur. En complément: Télétravail: le Québec tire de la patte http://affaires.lapresse.ca/economie/quebec/201304/01/01-4636413-teletravail-le-quebec-tire-de-la-patte.php

  6. caunois

    19 octobre 2013 à 12 h 01 min

    Très bon article. juste un petit bémol : le télétravail peut amener un risque d’isolement vis-à-vis de projets, d’une vie d’équipe. C’est un point à ne surtout pas négliger. Au plaisir de prochains articles. Philippe

  7. manu

    18 octobre 2013 à 12 h 55 min

    Super comme lecture, mais ça fait tellement d’années que je cherche un emploi en télétravail qu’il y a beaucoup de choses que je connais déjà, mais comme tout évolue, cette lecture va sûrement encore m’apporter des choses, donc hop dans mes préférences !! Étant AH, le télétravail me conviendrait parfaitement, et je trouve que les employeurs devraient mettre en priorités des personnes ayant des difficultés, comme AH, avec des enfants de bas âges, etc. que juste apporte à une personne son petit confort. Il ne faut pas oublier non plus, que tout le monde, ne sait pas télétravailler soit parce qu’ils sont trop seuls et ce n’est pas pour eux, soit ils ne savent pas s’organiser, soit ils croient qu’en étant chez soi, on a le temps de faire le boulot, donc on dort jusque midi !…..
    Merci !!

  8. Camille

    17 octobre 2013 à 18 h 34 min

    Bien d’accord ! Nous y voyons un super avantage : il permet d’intégrer à son équipe des talents impossibles à recruter sinon. En particulier, c’est une pratique très développée chez les développeurs et 37 Signals en parle très bien :)

  9. Patrick Bouvard

    17 octobre 2013 à 17 h 24 min

    Un très grand merci pour cet article, qui réalise une excellente synthèse de notre livre !

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>