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Et si l’entreprise nous rendait intelligent ?

Travailler en entreprise avec d’autres suppose que nous sommes plus forts ou plus malins ensembles. Et si la réalité montrait le contraire? «Comment je suis devenu stupide», premier roman de Martin Page, raconte l’histoire d’une personne qui préfère devenir crétin pour être heureux notamment dans son travail.

Si je suis un peu intelligent ou pour le moins talentueux ou même juste investi, vais-je être malheureux dans mon travail ? A contrario, si je suis un dirigeant, comment préserver et motiver les talents pour le bien de tous ? Imaginons juste que vous soyez dans votre élément, brillant et surtout efficace dans votre mission d’entreprise, tout devrait bien se passer pour vous…

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Et pourtant, la médaille a deux faces

Briller dans une fonction a de nombreux avantages mais aussi quelques inconvénients – pour la personne concernée : tout le monde attend d’un cadre talentueux une constance dans l’excellence. Que surtout rien ne change. Herman Hesse le raconte : une jeune femme souhaite que son amoureux l’aime toujours aussi parfaitement qu’au moment de son vœu. Le résultat : son jeune ami est transformé en statue… Si dès votre prise de poste, vous êtes à l’aise, il sera attendu que vous fassiez même mieux. De fait, l’excellence devient assez rapidement banale: Tiger Woods fait la une des journaux surtout quand il fait des bêtises.

Les autres vous détestent peut-être

Quand vous êtes brillant ou brillante, les autres sont jaloux et en veulent à votre peau : être aimé ne va pas forcément de pair avec être efficace. Souvenez-vous du premier de la classe au lycée… Votre n+1 vous déteste car il a peur de perdre sa place. Le problème de fond est que vous allez plus vite que le groupe : vous êtes déphasé. Et le déphasage agace. Par exemple, vous êtes très énergique et rapide, il peut vous être reproché de montrer trop d’ambition. Vous n’avez pas respecté les convenances en termes de rythme : vous pouvez gêner.

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Une intelligence collective pauvre ?

Le groupe ne souhaite pas forcément que l’exception soit la règle. C’est une des limites d’ailleurs de l’intelligence collective : celui qui pense différemment se tait, n’est pas forcément soutenu par la hiérarchie. Les expatriés de retour à la maison mère ont du mal à faire fructifier leur ouverture d’esprit. Ils finissent souvent par retourner en expatriation, faute de raison mais surtout faute de soutien… C’est le constat que les spécialistes ont fait sur wikipedia : plus l’article aurait de contributeurs, plus sa qualité baisse, car il est normé vers le bas. En économie, ce phénomène fait penser à la sub-optimalité : ce n’est pas le meilleur produit qui marche le mieux mais celui qui convient au plus grand nombre. Vous êtes-vous jamais interrogés sur pourquoi nous avions des claviers QWERTY ou AZERTY ? Un abécédaire serait tellement plus simple. C’est un héritage de la machine à écrire, les marteaux qui s’enchevêtrent si trop de lettres rapprochées sont tapées. Il était plus simple pour les assistantes de garder le même clavier alors les constructeurs ont préféré un produit moins bon !
A contrario, si vous êtes brillant, vous pouvez avoir un regard critique sur le fonctionnement de l’entreprise. Au début, vous faites avec ce fonctionnement mais petit à petit vous pouvez être gêné par les habitudes qui ont perdu sens à vos yeux. Soit vous vous habituez et perdez votre talent, soit vous risquez le burn out… ? « Formidable ou fort minable » ? Entreprise comment faire pour garder les talents ?

Dirigeant : comment faire ?

Des pistes existent : elles permettent de faire coexister une diversité intéressante dans l’entreprise, pas seulement la brillance ou beaucoup d’efficacité. Parmi elles, le brainwriting qui permet d’échanger par écrit de manière structurée. Le télétravail ou un espace pour s’isoler permet de produire rapidement, de réfléchir sans perturber le groupe. Une boite à idées anonyme peut servir à canaliser les critiques constructives. Développer une culture de la confiance et de l’innovation peut fonctionner. Pour la personne brillante, l’enjeu peut être d’apprendre à fonctionner en harmonie avec le groupe sans perdre sa spécificité. Un enjeu finalement qui concerne tout le monde ?

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Valérie Wattelle, Aix-en-Provence

Valérie Wattelle, Aix-en-Provence

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