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Quand la mobilité devient un service : pourquoi la logistique devient un facteur stratégique
de réussite dans le secteur automobile
de Felix Müller (PDG) & Pablo Morgenstern (Director France)
ONLOGIST
Le secteur automobile européen connaît actuellement une profonde mutation. Pendant des décennies, le modèle économique était clair : les véhicules étaient produits, achetés et devenaient une propriété. Mais ce système commence à perdre en importance : l’utilisation remplace la propriété, la flexibilité remplace la durabilité. Les abonnements automobiles, la location à court terme, le covoiturage et les modèles de flottes viennent le remplacer, les achats de véhicules classiques sont en baisse.
Une étude menée conjointement par ONLOGIST et Deloitte le montre clairement :
d’ici 2035, la demande d’offres de mobilité basées sur l’utilisation augmentera d’environ 68 % en Europe, tandis que les achats classiques de véhicules diminueront de près de 40 %. Pour les constructeurs, les concessionnaires et les prestataires de mobilité, il ne s’agit pas d’une vision lointaine, mais d’ une réalité opérationnelle qui exige de nouveaux processus et approches commerciales.
Cependant, le défi logistique que représentent ces modèles est souvent sous-estimé. Or, la logistique joue un rôle déterminant pour permettre aux clients finaux de bénéficier d’une flexibilité croissante.
Le passage de la propriété à l’utilisation a une conséquence directe : les véhicules circulent beaucoup plus fréquemment. Ils changent de lieu, d’utilisateur et de domaine d’utilisation. Les flottes doivent être adaptées de manière flexible, les véhicules régulièrement redistribués, préparés ou repositionnés.
Pour les directions d’entreprise, cela signifie une nouvelle réalité opérationnelle. Là où la planification à long terme dominait auparavant, des décisions à court terme sont désormais nécessaires : où se trouveront les véhicules demain ? Quelles capacités seront nécessaires la semaine prochaine ? Et comment éviter les goulots d’étranglement sans surcharger l’organisation ?
L’étude Deloitte montre à quel point cet effet est déjà important aujourd’hui :
Ces chiffres le montrent clairement : la logistique n’est plus un processus secondaire depuis longtemps. Elle est la colonne vertébrale des modèles de mobilité modernes. Néanmoins, dans de nombreuses entreprises, elle reste manuelle, fragmentée et difficile à contrôler, ce qui a des conséquences directes sur les coûts, les équipes et la satisfaction des clients.
De nombreux dirigeants considèrent encore la logistique automobile comme un mal nécessaire, un poste de dépenses qu’il faut réduire au minimum. Pourtant, elle offre un énorme potentiel lorsqu’elle est pensée de manière stratégique.
Les plateformes logistiques numériques montrent aujourd’hui que l’automatisation, le contrôle intelligent et la planification basée sur les données permettent de réduire les coûts jusqu’à 30 %. Dans le même temps, la qualité du service s’améliore : délais d’exécution plus courts, transparence accrue et meilleure prévisibilité.
Du point de vue des dirigeants et des responsables de division, cela est déterminant. En effet, une logistique efficace a un impact direct sur les indicateurs de gestion clés :
La logistique passe ainsi d’un simple processus d’exécution à un facteur de succès stratégique, en particulier sur un marché caractérisé par la volatilité et les fluctuations à court terme de la demande.
Une conclusion centrale de l’étude : les systèmes informatiques classiques et isolés atteignent leurs limites. L’avenir appartient aux solutions intégrées qui relient de manière transparente la logistique aux systèmes ERP, à la gestion de flotte et, de plus en plus, aux applications d’IA.
L’intelligence artificielle apporte déjà son aide dans des domaines comme :
Résultat : les équipes travaillent de manière plus ciblée, les décisions sont prises sur la base de données et les risques opérationnels diminuent de manière mesurable. La numérisation n’est pas une fin en soi : elle permet de contrôler, d’assurer la transparence et d’obtenir des gains d’efficacité mesurables.
Malgré toute la technologie, un facteur reste central : l’humain. Chaque mouvement du véhicule fait partie de l’expérience client, mais aussi de la réalité professionnelle des propres collaborateurs.
Des processus clairs, des systèmes transparents et des procédures fiables améliorent non seulement la qualité du service, mais aussi la motivation et l’efficacité des équipes. La logistique devient ainsi un instrument de gestion moderne.
Le secteur automobile ne connaît pas une évolution, mais une mutation structurelle. La mobilité devient plus flexible, plus dynamique et davantage axée sur les services. Dans ce contexte, la logistique devient le « moteur silencieux » du succès.
Les entreprises qui continuent à considérer la logistique comme un simple centre de coûts risquent de rater le coche. En revanche, celles qui la pensent de manière stratégique, l’intègrent numériquement et l’orientent systématiquement en fonction des besoins des clients créent les bases d’une croissance durable dans la nouvelle ère de la mobilité.
L’avenir de la mobilité ne se décide pas seulement sur la route, mais aussi dans les processus qui la sous-tendent.
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