Chacun possède son rythme et son chemin d’apprentissage. Le metteur en scène doit être très vigilant d’adapter cet apprentissage à chaque individu et faire preuve d’une extrême bienveillance. En effet, le travail théâtral a des répercutions comportementales et émotionnelles qu’il ne peut soupçonner même s’il connaît bien ses comédiens. Tel mot ou telle expression peut bloquer à un certain moment le comédien. En entretenant un climat de bienveillance, il permet à la troupe de garder la bonne humeur et l’esprit d’équipe. Ainsi, chacun pourra progresser à son rythme, sans avoir peur du regard critique du « prof ». Ce dernier pourra ainsi être exigeant sur la qualité du travail qu’il demande à ses comédiens.
Le plus souvent, l’auteur n’est pas présent. Personne ne peut donc entendre la vision que l’auteur avait de la pièce lors de son écriture. Le metteur en scène est donc « l’âme » de la pièce. Il doit donc créer sa propre vision, autrement appelée mise en scène, puis la transmettre à au moins deux populations distinctes : les acteurs et le public. Sa triple connaissance (ou expertise) du théâtre, des comédiens et du public lui permet de transformer un texte en une histoire, de créer une histoire à laquelle les comédiens ont envie d’appartenir, de « faire rêver » cette histoire au public pendant la durée de la pièce.
Les amateurs font du théâtre pour s’amuser et se dépasser. Il faut donc que le théâtre reste une activité ludique. C’est ce savant dosage entre l’aspect ludique et l’aspect exigeant que le metteur en scène se doit de respecter : si ce dernier est trop « cool » ou au contraire trop strict, cela risque de déstabiliser les apprentis comédiens qui pourraient se lasser et quitter la troupe. Comme tout leader, il doit sentir ce point d’inflexion à ne pas dépasser.
Metteur en scène et entrepreneur/Metteur en scène et entrepreneur
A travers le travail théâtral, le metteur en scène agit comme révélateur de talents. Guidé par son intuition, il va permettre à chacun de découvrir son talent et sa créativité à travers des exercices, des improvisations et l’interprétation d’une pièce. Ce guidage va provoquer chez le comédien un véritable plaisir du dépassement de soi et un épanouissement personnel immense; l’appropriation d’un « soi » artistique plus grand que le « soi » de tous les jours.
Comme tout leader, le metteur en scène doit faire partager son expérience en « écho », tout en restant humble et non l’asséner comme une vérité universelle. Dans certaines situations, (retards, fatigue, lassitude, passage difficile, etc.), le metteur en scène se trouve dans l’obligation de se montrer directif. A chacun, d’avoir l’intelligence d’accepter cette directivité passagère pour le plus grand bien de tous.
Certains demandent plus de temps de répétitions, d’autres apprennent plus vite. La responsabilité du leader théâtral est de faire avancer tout le monde, collectivement, pour être prêt le jour de la représentation, individuellement pour que chaque personnage puisse exister et puisse « nourrir » et/ou « servir » l’histoire. Il faut savoir « lâcher la tension » sans « lâcher la pression ». Le comédien doit toujours sentir une pression légère et détendue, un mélange de soutien et d’exigence de la part de son metteur en scène.
Lorsqu’un apprenti comédien sort du profil du personnage envisagé (intention erronée, voix inadaptée) par le metteur en scène, celui doit tout de suite le recadrer sous peine de le laisser s’engager sur une fausse piste. Pour le comédien, il peut paraître frustrant de se faire arrêter dans son élan. Faut-il l’arrêter à chaque fois ou le laisser continuer ? Dans ce cas-là, il peut se laisser inspirer par « la règle de l’avantage » dans un match de rugby. La décision d’arrêter le jeu ou de le laisser continuer est laissée à l’appréciation de l’arbitre. Là aussi, la bienveillance est de mise car il est difficile d’arrêter quelqu’un dans son élan et lui demander de recommencer avec la même force.
Dans une troupe, tous n’ont pas la même fougue, soif d’apprendre et de jouer. Le rôle de leader du metteur en scène consiste à repérer et mesurer les leviers de motivations de chacun. Ceux qui sont aveuglés par le besoin de jouer doivent être modérés et non cassés dans leur élan. Les autres, auront besoin de plus d’encouragements et de signes de reconnaissance visibles et répétés. La troupe garde son équilibre et sa motivation et chacun est nourri par ce dont il a besoin pour progresser.
L’avancement de la pièce est très rarement comme on le désire, un long voyage tranquille. La motivation des comédiens fluctue, le découragement ou la mauvaise foi parfois s’insinuent. Le metteur en scène se doit d’être réconfortant, exigeant, pointilleux, parfois même dur, mais il doit toujours rester juste. Il doit coûte que coûte « amener son équipage à bon port ». Metteur en scène et comédiens sont tous sur le même bateau. Une fois la dernière représentation donnée, il doit favoriser et faciliter le « travail de deuil ».
En effet partager ensemble un grand nombre d’heures sur un projet commun, sur un espace réduit avec une tension émotionnelle forte, crée des liens émotionnels qu’il est difficile de lâcher. C’est à lui d’accepter et de faire accepter aux autres que certains puissent quitter la troupe. Enfin, il doit, lui aussi, penser à lui, à son bien-être et à son équilibre et laisser tout projet théâtral au repos pendant un temps donné.
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