Ca y est : le CDI intérimaire est officiellement entré en vigueur depuis le 6 mars ! Est-il une solution à l’emploi de cadres – particulièrement les jeunes et les séniors, le public visé par le syndicat patronal Prism’emploi – et que propose t-il exactement ?  Sera t-il adopté par les 40 000 cadres équivalent temps plein actuellement en intérim (sur un total de 480 000 intérimaires temps plein) ? Voici quelques éléments de réponses.

Un même CDI et plusieurs missions

C’est dans le cadre de l’accord du 10 juillet 2013 relatif à la sécurisation des parcours professionnels des salariés intérimaires que ce CDI a vu le jour ainsi que le FSPI (Fonds de sécurisation des parcours des intérimaires) destiné à financer des formations entre deux missions intérim pour adapter les qualifications au marché du travail. Concrètement, le CDI intérimaire est un contrat qui prévoit pour les salariés embauchés une garantie minimale mensuelle de rémunération qui couvre les missions et les intermissions (pour les cadres le plancher minimum correspond à 25% au dessus du Smic).

Ce contrat n’a pas de caractère automatique : il résulte d’un accord entre l’agence d’emploi et l’intérimaire, a expliqué lors d’une conférence de presse le 13 mars à Paris François Roux, délégué général de Prism’emploi (lire son interview exclusive). Il permet aux salariés une sécurisation de l’emploi avec un parcours professionnel sur le long terme et des démarches de la vie courante facilitées (banques, logement). De leur côté, les agences d’emploi espèrent avec ce CDI fidéliser leurs salariés intérimaires et répondre plus efficacement aux besoins des entreprises.

Objectif : 20 000 CDI intérimaires sur 3 ans

Prism’emploi se fixe un objectif de 20 000 CDI intérimaires signés sur 3 ans, un objectif “volontairement mesuré, a indiqué François Roux, car lors des négociations, nous n’avons pas pu obtenir la suppression du délai de carence, qui est une aberration pour ce type de contrat”. Les premiers contrats ont été signés par certains majors de la profession (Adecco et Randstad), mais ils ne concernent pas les cadres (un électricien et un technicien spécialisé dans la transformation des plastiques techniques).

Pour Prism’emploi, deux publics devraient être plus particulièrement concernés par le CDI intérimaire : les jeunes, qui vont multiplier les expériences professionnelles dans un cadre sécurisé, et les séniors, qui souhaitent travailler sur des projets différents au sein de plusieurs entreprises et qui ont besoin d’accompagnement. Reste malgré tout un écueil de taille pour ce CDI intérimaire : quel intérêt y aura t-il à signer un tel contrat dans les métiers sous tension où il n’existe guère de problèmes d’embauche ? Et vous qu’en pensez-vous ? Avez-vous l’intention de signer un CDI intérimaire s’il vous est proposé ou au contraire y êtes-vous opposé ? N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions dans les commentaires de cet article.