Ce que les dirigeants d’entreprise peuvent apprendre de l’état d’esprit d’un investisseur
Diriger une entreprise et investir en bourse peuvent sembler exiger des compétences diamétralement opposées. L’un implique la gestion des collaborateurs, des clients et des opérations quotidiennes, tandis que l’autre repose sur l’évaluation d’actifs, l’analyse des marchés et le calcul des rendements potentiels.
Pourtant, à y regarder de plus près, les similitudes sont nombreuses.
Les investisseurs doivent constamment décider où allouer leurs ressources, quelles opportunités justifient une prise de risque et si la volatilité à court terme remet en cause une stratégie à plus long terme. Les chefs d’entreprise sont confrontés à des dilemmes remarquablement similaires.
Penser comme un investisseur ne signifie pas réduire chaque décision managériale à un simple calcul financier. Il s’agit plutôt d’adopter une approche plus rigoureuse pour évaluer les opportunités, les risques et l’allocation des ressources.
Leçon n° 1 : Évaluer les opportunités à l’aune de leur rendement potentiel
Toute entreprise dispose de ressources limitées. Le budget, le temps et l’attention n’étant pas inépuisables, choisir une opportunité implique souvent d’en sacrifier une autre.
Les investisseurs rencontrent exactement la même problématique lorsqu’ils décident où allouer leur capital.
Pour un dirigeant, cela soulève une question essentielle : quel est le retour sur investissement attendu si j’engage des ressources ici ?
Ce rendement ne se traduit pas nécessairement par des revenus immédiats. Le recrutement d’un collaborateur expérimenté peut doper la productivité. Un nouveau logiciel peut alléger la charge administrative. Un service client optimisé peut fidéliser la clientèle.
La leçon à retenir est qu’il faut toujours définir clairement ce que l’entreprise espère y gagner avant d’engager des moyens conséquents.
Leçon n° 2 : Ne jamais dissocier le gain potentiel du risque
Une opportunité offrant des perspectives de rendement exceptionnelles a de quoi séduire, mais les investisseurs se demandent toujours ce qui pourrait mal tourner.
Les chefs d’entreprise ont tout intérêt à appliquer ce même principe.
Pénétrer un nouveau marché, lancer un produit ou réaliser une acquisition majeure sont autant de vecteurs de croissance substantielle. Cependant, chacune de ces décisions introduit son lot d’incertitudes.
Au lieu de se focaliser uniquement sur le succès potentiel d’une initiative, les dirigeants doivent envisager les conséquences si leurs hypothèses s’avèrent erronées. Quel est le montant exposé ? L’entreprise pourrait-elle absorber une telle perte ? Cette décision est-elle réversible ?
La notion de risque est particulièrement prégnante sur les marchés financiers, où les produits à effet de levier peuvent amplifier aussi bien les pertes que les gains potentiels. Grâce à un courtier en ligne, il est possible d’accéder aux marchés mondiaux à tout moment et depuis n’importe où – un accès qui comporte, comme toute opportunité, sa part de récompenses et de risques.
La logique sous-jacente s’applique au monde de l’entreprise : il est imprudent d’envisager une récompense potentielle sans en examiner minutieusement les inconvénients.
Leçon n° 3 : Distinguer le bruit à court terme du cap à long terme
Les investisseurs sont submergés d’informations en permanence. Les cours fluctuent, les prévisions évoluent et l’actualité imprévue provoque des réactions épidermiques.
Les dirigeants d’entreprise connaissent leur propre version de ce phénomène.
Un mois de résultats décevants peut semer le doute. Un concurrent lance une innovation. Un client exprime publiquement son mécontentement. Un rapport économique annonce une conjoncture difficile.
Si certains événements exigent une réaction immédiate, d’autres ne sont que des bruits parasites à court terme.
Il est crucial pour les dirigeants de savoir faire la part des choses. Si les fondamentaux de l’entreprise restent solides, modifier une stratégie à long terme au moindre revers passager risque de créer plus de problèmes que cela n’en résout.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille ignorer les nouvelles données. Il s’agit plutôt d’évaluer si ces informations remettent véritablement en cause le raisonnement initial qui a motivé la décision.
Leçon n° 4 : Analyser les chiffres avant de croire au discours
Un récit bien ficelé peut rendre presque n’importe quelle opportunité séduisante.
Les investisseurs apprennent à décortiquer ce que disent réellement les chiffres sous-jacents. Les chefs d’entreprise devraient s’en inspirer.
Prenons l’exemple d’un produit dont les ventes connaissent une croissance fulgurante. C’est a priori une excellente nouvelle, mais qu’en est-il des marges ? Quel est le coût d’acquisition de chaque client ? Ces clients sont-ils fidèles ? Ce produit génère-t-il réellement des bénéfices suffisants ?
L’analyse des données peut révéler une réalité bien différente de celle suggérée par les indicateurs de façade.
Les dirigeants n’ont pas besoin d’exclure totalement l’instinct de leur processus de décision. L’expérience et le jugement conservent toute leur valeur. Les chiffres offrent simplement l’occasion de vérifier si cette intuition est corroborée par des faits tangibles.
Appliquer l’état d’esprit de l’investisseur au leadership
En fin de compte, penser comme un investisseur, c’est faire preuve de plus de discernement quant à l’allocation des ressources et à ses motivations.
Les investisseurs évaluent les rendements potentiels, prennent en compte les risques de perte et confrontent continuellement leurs hypothèses aux nouvelles informations. Ces réflexes se transposent très naturellement dans la direction d’une entreprise.
L’objectif n’est pas de devenir excessivement prudent face à chaque décision. Les entreprises florissantes doivent parfois oser des paris audacieux.
La différence réside dans le fait que les risques calculés s’appuient sur un raisonnement solide. Lorsque les dirigeants définissent clairement ce qu’ils espèrent gagner, ce qu’ils sont prêts à perdre et les éléments qui pourraient les amener à revoir leur position, ils sont bien mieux armés pour prendre des décisions favorisant une croissance pérenne.

