Fraude documentaire : un risque invisible qui peut coûter cher à votre entreprise

Fraude documentaire : un risque invisible qui peut coûter cher à votre entreprise

La fraude documentaire est un des risques les plus sous-estimés par une entreprise. Falsifier un document, usurper une identité, altérer un justificatif ou constituer un faux dossier, autant de pratiques qui exposent votre entreprise à des risques financiers, juridiques et de réputation majeurs. Avec une dématérialisation généralisée, les documents sont devenus le cœur des échanges, des décisions et des engagements contractuels. Dans ce contexte, votre entreprise doit être en mesure de prouver l’intégrité, l’origine et la date certaine des documents qu’elle produit, reçoit ou conserve. Focus sur les clés pour comprendre, détecter et prévenir la fraude documentaire, en mixant bonnes pratiques d’organisation et leviers technologiques.

Les 5 formes les plus courantes de fraude documentaire

Mieux vaut savoir comment identifier un document frauduleux. La fraude documentaire repose sur une intention délibérée de tromper et concerne tout document engageant votre entreprise (un contrat, une facture, un justificatif…). Ses différentes formes des pratiques visent à altérer, fabriquer ou utiliser un document dans le but d’induire en erreur ou d’obtenir un avantage indu. Si le scénario de la fraude peut varier, des pratiques reviennent de manière récurrente au sein d’une entreprise.

– La falsification d’un document existant : on modifie a posteriori un document authentique (montant, date, identité, mentions obligatoires), par exemple une facture ou un contrat altéré.
– La contrefaçon : un faux document imite l’original officiel pour lui donner une apparence de légitimité.
– L’usurpation d’identité : le nom, la fonction ou la signature d’un dirigeant, d’un collaborateur ou d’un partenaire est utilisé de manière frauduleuse.
– L’utilisation d’un document volé ou détourné : un document authentique est utilisé hors de son contexte initial, cela est souvent observé dans les fraudes à la facturation.
– La création de faux justificatifs : un faux RIB, un faux domicile ou un faux compte bancaire sert à matérialiser une situation inexistante.
Les conséquences sont souvent immédiates et chères : paiement indu, fonds détournés, annulation de contrat, ou de manière plus insidieuse retard opérationnel, surcoût de traitement, tension avec un partenaire ou un client, voire une sanction réglementaire.

Prévenir la fraude documentaire : les bonnes pratiques qui comptent

La détection de la fraude documentaire repose sur une approche qui combine vigilance humaine et outils technologiques.

Les contrôles humains : l’analyse visuelle reste un premier pas essentiel pour détecter une incohérence de mise en forme, une signature suspecte, une mention obligatoire qui manque… La comparaison avec un document de référence ou un historique interne fait souvent émerger des signaux faibles aux équipes de finance, des achats et de RH.

Les contrôles automatisés et technologiques : avec des volumes élevés apparaissent les limites du contrôle manuel. Les outils numériques apportent une valeur déterminante par des vérifications automatisées dans les processus KYC/KYB, une analyse algorithmique et l’IA pour détecter un schéma atypique ; l’exploitation des métadonnées des fichiers identifient une création ou une modification incohérente. Malgré ces avancées, une réalité demeure, tout ne peut pas être détecté.

Traçabilité et preuve : prévenir plutôt que subir
Face à une fraude de plus en plus sophistiquée, la prévention devient un enjeu stratégique, l’objectif étant de réduire structurellement les possibilités de manipulation. Les mécanismes de preuve et de traçabilité jouent un rôle clé. L’horodatage garantit une date certaine, la signature et le cachet électronique identifient auteur ou émetteur, l’archivage électronique pour conserver les documents offre une traçabilité des accès et des actions. Ces dispositifs rendent toute altération détectable et ont un rôle dissuasif puissant.

Former et sensibiliser les collaborateurs
Une stratégie efficace repose sur la formation et la sensibilisation des collaborateurs. Plus ils comprennent les risques et les situations sensibles, plus ils adoptent les bons réflexes. Cela passe par des procédures écrites, des contrôles systématiques, une double validation des documents critiques, avec pour les documents engageants le recours à des mécanismes d’authenticité et de traçabilité comme l’horodatage ou le cachet électronique.

La clé réside dans une approche préventive qui va limiter les possibilités de manipulation, renforcer la conformité et doter l’entreprise de preuves solides en cas de litige. Seule une politique anti-fraude claire, adaptée à la taille et à l’activité de votre entreprise, portée par des équipes formées peut harmoniser les pratiques et réduire les zones de flou. Un enjeu de protection, un levier de confiance et de performance.

Andre Litali, rédacteur de contenus éditoriaux et commerciaux chez Cadre Dirigeant Magazine, Paris: