Patrice Douret, Président des Restos du cœur, alertait le 3 septembre : « Si rien n’est fait, on pourrait devoir fermer d’ici trois ans ». Faire ? C’est bien le propre des entrepreneurs ! Cependant, ce droit semble empêché et décrié. En témoigne le don de 10 millions d’euros de Bernard Arnault, geste vilipendé sur la place publique par une partie de la classe politique. Une nouvelle démonstration du Bashing de nos champions industriels Français qui, plus largement, n’encourage pas les investissements sur notre sol.

Quand le Mbappé de l’entrepreneuriat se prend un carton

Joue là comme Bernard ! Ou pas… « Son don est-il défiscalisé ? », « Se fout-il de nous avec une fortune pareille ? », « En salaire moyen d’un citoyen, ça donne quoi ? »… Tels sont les railleries et questionnements auxquels l’entrepreneur Bernard Arnault a dû faire face lors de l’annonce de son don de 10 millions d’euros aux Restos du cœur, soit près d’un tiers des besoins exprimés par l’association pour boucler son budget annuel. Ces déclarations, qui jouent contre les entreprises et les entrepreneurs, s’apparentent à se tirer une balle dans le pied.

Ce bashing, venu d’une partie de la classe politique, ne rend service à personne. Il ne rend pas grâce à l’entrepreneur qui, sous couvert de railler son patrimoine, minimise la réussite professionnelle énorme et le fruit de son travail. Il n’est pas utile pour l’association des Restos du cœur qui a vivement besoin de l’action des grands acteurs économiques pour continuer sa mission d’utilité publique. Enfin, il ne sert pas tous ces entrepreneurs en devenir, s’imaginant comme de futurs Bernard Arnault comme on pourrait se rêver en Mbappé, puisque la réussite est vue d’un mauvais œil.

Taper sur nos champions n’est pas une politique viable pour remettre notre pays debout

Les déclarations à l’encontre d’Arnault et LVMH ne vont définitivement pas dans le bon sens. Il n’y a pas que lui d’ailleurs, les patrons de Total Energies, EDF et Engie avaient également fait l’objet d’une polémique concernant leur appel à la sobriété énergétiques, au sujet du plafonnement du prix de l’essence ou de la taxe des superprofits. En fin de compte, le point commun reste le même : dénigrer l’Entreprise au sens général en s’attaquant d’abord à ses champions. Un son de cloche étrangement moins entendu lorsque l’on parle des GAFAS et plus largement des entreprises étrangères.
Parce que oui, les gouvernements successifs ont entrepris depuis de longues années une opération séduction aux yeux du monde entier. Nous pouvons désormais nous réjouir d’investissements records de la part des entreprises étrangères en France mais on oublie quand même de préciser que le solde continue à être négatif si on compare avec les investissements des entreprises françaises à l’étranger. Selon l’INSEE, en 2022, le flux d’investissements directs étrangers en France s’élevait à 34,6 milliards d’euros quand celui des investissements français à l’étranger à 45,6 milliards d’euros.

Peut-on imaginer que les attaques constantes contre nos milliardaires, nos multinationales, et de façon plus générale contre tout ce qui peut ressembler à une entreprise performante ou à un entrepreneur volontaire, puissent être la meilleure des incitations à investir sur notre territoire ? Évidemment que non et il serait intéressant d’essayer de tracer les investissements perdus pour cause de populisme anti entreprise. Le moment est venu de commencer à comprendre que Nous (au sens le plus large) avons plus besoin des grands groupes familiaux et des multinationales françaises qu’ils n’ont besoin de nous ; et qu’en conséquence, on peut à minima dire merci quand nos entreprises choisissent d’investir dans notre pays ou d’aider les français. On a le droit de noter, en passant que c’est Bernard Arnault (et pas les GAFA) qui donne aux restos du cœur comme c’est TotalEnergies (et pas ses concurrents étrangers) qui plafonne le prix du litre d’essence.

Pour un « CHOOSE France « franco-français

Aux discours de façade et autres railleries s’ajoute une réalité économique morose : d’après la dernière Grande consultation des entrepreneurs réalisée par OpinionWay pour CCI France, 81% des dirigeants affirment ne pas vouloir investir en 2023. Plus que jamais nous devons encourager l’action de nos grandes entreprises sur notre sol. La survie de notre système économique en dépend : les PME et les PMI françaises, qui font la vitalité de notre pays sur les plans du recrutement, de l’innovation ou de la transition écologique, souffrent énormément du manque d’investissements en France des grands groupes français.
Le pays a besoin des investissements de tous ses entrepreneurs pour produire plus de ressources concrètes. Sans les entreprises Françaises et leurs salariés, il n’y a pas de création de richesse, il n’y a pas de transmission de savoir et encore moins de Vivre-Ensemble qui passe par le Travailler-Ensemble. Tout le monde est concerné, de la startup à la multinationale, et surtout nos TPE, PME, ETI, artisans et commerçants.

La réaction face au geste d’Arnault est symptomatique de cette volonté d’empêcher les entrepreneurs d’agir, lesquels ont besoin d’être respectés pour participer à la réussite de notre pays. En d’autres termes : laissez bosser les entreprises pour remettre à flot le bateau France qui en a bien besoin !




Article précédent3 conseils pour être un manager courageux
Article suivantL’ego, votre ami et votre ennemi dans votre vie professionnelle
Avatar photo
Lionel Roques découvre l’audiovisuel et l’événementiel comme assistant de production et assistant réalisateur chez Arnaud Monnier Conseil Communication. En 1989 il monte avec 3 amis, Xeracom, société de production institutionnelle. En 1997, avec Jacques Arnaud, producteur de films publicitaires, il développer ses activités événementielles et films d’entreprise en créant La Franco American Image. En 2002, Jacques Arnaud et Lionel Roques fusionnent leurs expertises complémentaires de producteurs au sein des Productions Franco American, société de production télévisuelle. Le développement s’accélère avec la productrice Dominique Antoine, et en 2007 avec Liliane Watbled-Guenoun (Grand Large Productions). En 2019, la Franco American acquiert l’agence de relations publics Yucatan pour développer un 3e pôle autour de la communication (après l’événementiel et les productions audiovisuelles). En 2020, en pleine crise du Covid, le groupe développe sous l’impulsion de Lionel Roques un 4e pôle Restauration avec la reprise du Floris à Genève et l’ouverture du Père Joseph à Rueil-Malmaison. En 2022, « Franco American » devient « Franco European » pour réaffirmer son ancrage européen, local, et son ambition de promouvoir le « vivre-ensemble » à travers chacune des branches de la PME.