Gouvernance et durabilité 2/3

Christèle Bômont, DAF, Commissaire aux comptes, Auditrice de durabilité I EFRAG VSME member
Christèle Bômont, DAF, Commissaire aux comptes, Auditrice de durabilité I EFRAG VSME member
Auditrice de durabilité et Commissaire aux comptes, elle accompagne les organisations sur les aspects Finance & Durabilité, vers des modèles d’affaires durables, donc performants en termes financiers et ESG. Une expérience de plus de 30 ans réalisée en entreprises et cabinets de conseil, dans des postes de direction financière élargie, ou de direction de mission, dans des univers variés (secteurs d’activité, entités indépendantes ou groupes français ou étrangers, profit et non-for-profit organisations).

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Les évènements actuels nous rappellent l’urgence d’adapter nos sociétés et de réinventer les modèles d’affaires des entreprises : 2,3 milliards de personnes souffrant d’insécurité alimentaire dans le monde, doublement de la population mondiale de réfugiés au cours de la dernière décennie et, en 2025, une température moyenne mondiale au-dessus des niveaux préindustriels de 1,4°C. Pourtant, la durabilité est encore bien souvent considérée par les entreprises sous ses seuls aspects réglementaires.

Et si la gouvernance était le moteur des enjeux sociaux, environnementaux et économique du développement durable ?

Comment les différentes instances de gouvernance doivent-elles collaborer pour être efficaces dans leurs rôles et responsabilités et répondre aux enjeux quotidiens comme à long terme ? 

Des actions fortes des gouvernements et des entreprises sont plébiscitées par des consommateurs de plus en plus responsables

Selon une étude annuelle de l’Ademe [1], la question de l’environnement et de la transition écologique est la plus importante pour 8% des français en 2025. Ils plébiscitent un renforcement de la règlementation, préconisent une modification importante de leurs modes de vie (42%), des changements dans les procédés de production des entreprises (25%) ainsi que la réorientation des soutiens gouvernementaux vers une économie destinée à « préserver l’environnement ».

La CSRD qui s’inscrit bien au-delà de la RSE invite à la transformation stratégique durable et pérenne des entreprises

Les entreprises ne doivent pas se concentrer uniquement sur la vision traditionnelle de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), qui met souvent l’accent sur des actions sociales ou environnementales visant notamment à réduire leurs impacts. Elles doivent s’assurer que leur modèle économique est durable, capable de survivre à long terme et de résister aux crises. La réponse de l’Europe à cette problématique passe par la CSRD dont les objectifs sont de (i) contribuer à la transition vers une économie durable en (ii) renforçant l’intégration des considérations écologiques et sociales dans la stratégie des entreprises.

Durabilité : l’inaction n’est plus une option pour les entreprises

Face aux transformations environnementales, sociales et économiques qui redessinent le monde, certaines entreprises pourraient être tentées d’attendre pour mieux comprendre les réglementations, disposer de davantage de moyens ou d’observer les initiatives de leurs concurrents avant d’agir.

Cette stratégie de l’attentisme comporte un risque majeur : celui de fragiliser la pérennité même de l’organisation, donc de sa chaine de valeur, rendant toute tentative ultérieure de retournement plus difficile, aléatoire et coûteuse.

Conclusion

Par nature la gouvernance se doit d’être « durable ». Pourtant, nombreux sont les exemples d’erreurs aux conséquences immédiates ou différées qui mettent en danger des écosystèmes naturels, des populations et des sociétés humaines y compris dans les pays développés. La délocalisation à bas coûts, l’exploitation intensive des ressources ont montré leurs limites et la souveraineté des approvisionnements est devenue un enjeu central pour les gouvernements et les entreprises. Ce qui est mauvais pour la planète ne peut pas être neutre pour les hommes et donc pour les entreprises.

Les entreprises jouent un rôle prépondérant et leur système de gouvernance doit trouver sa raison d’être sur la durée, en contribuant résolument à un monde meilleur. Fidélisation et attractivité auprès des collaborateurs clients et parties prenantes, avantages compétitifs et économiques : le retour sur investissement est immédiat comme à long terme.
[1] https://librairie.ademe.fr/index.php?controller=attachment&id_attachment=8061

* Tribune coécrite avec Isabelle Tongio

avec un parcours transversal de plus de 30 ans au sein d’un leader mondial du diagnostic in vitro et de plus de 5 ans à la Présidence du Syndicat de l’Industrie du Diagnostic In Vitro (SIDIV), Isabelle Tongio dispose d’une expertise rare à l’intersection de la stratégie d’entreprise, de la finance, des affaires réglementaires, de l’accès au marché et des relations institutionnelles. Elle est aujourd’hui administratrice indépendante, conseil d’entreprises et bras droit de dirigeant, en particulier dans le domaine de la santé et dans des environnements réglementés.
 

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