Lancé il y a deux ans par Antoine Perruchot et Nicolas Crestel le réseau de recrutement de cadres par cooptation Keycoopt* se développe à vitesse grand V : 12 000 coopteurs, 762 annonces, 220 entreprises inscrites et 4284 recommandations. “On veut être le TripAdvisor du recrutement”, déclare à Cadre et Dirigeant Magazine Antoine Perruchot, ancien chasseur de têtes. Cela veut dire généraliser une démarche de cooptation que chacun fait individuellement. Explications du fonctionnement de Keycoopt et des recettes de son succès.

Comment devenir le “TripAdvisor du recrutement”

Les ambitions sont clairement affichées. “Aujourd’hui, souligne Antoine Perruchot, la cooptation est couramment utilisée par les cabinets de recrutement ou les chasseurs de tête, mais sur un mode artisanal. On va demander à quelqu’un s’il ne connaît pas une personne susceptible de répondre à des critères bien précis de postes dans une zone géographique limitée. Keycoopt permet de démultiplier le sourcing du recrutement en contactant des personnes correspondant au poste recherché dans le monde entier et non plus dans la seule zone de recherche initiale”.
Concrètement, le processus de recrutement par cooptation via Keycoopt se fait en trois étapes : un recruteur dépose son annonce, celle-ci est envoyée aux coopteurs d’une manière ciblée, ceux-ci proposent ensuite des candidats qui sont évalués par Keycoopt par le biais d’entretiens téléphoniques. Si le candidat proposé par le coopteur est retenu, celui-ci reçoit une somme de 750 euros qu’il peut garder ou donner à des associations comme l’Ecole de la deuxième chance, SOS Entrepreneur ou l’Association Les Nez rouges.

Un délai de recherche très court

Avantage de cette méthode de cooptation pour les recruteurs: le délai de recherche est très court (environ 3 semaines) et le recrutement est à faible coût (l’abonnement annuel est à 1500 euros), signale Antoine Perruchot. Ce sont des cadres du middle management ainsi que des cadres dirigeants qui sont recherchés (entre 45 000 et 100 000 euros de revenus annuels). Il n’y a pas de secteurs privilégiés même si on retrouve plus de recommandations dans les domaines du commerce, du marketing et du web. Et contrairement à ce que l’on croit, il y autant de grosses entreprises qui utilisent Keycoopt (L’Oréal, Danone, Bonduelle, Michel & Augustin, Auchan, CIC, Pepsi, Leroy Merlin, etc.) que de PME ou TPE.

Du côté des coopteurs, 2 motivations principales apparaissent: se sentir valorisé en poussant la carrière de personnes que l’on estime (et être aussi dans le circuit pour être recommandé) et un gain financier de 750 euros à chaque fois que son candidat est retenu. “On s’est vite rendu compte que si la motivation financière était appréciée, cela ne suffisait pas, estime Antoine Perruchot. D’où l’idée de mettre en avant les meilleurs coopteurs (ceux qui voient dans l’année 10 à 15 de leurs candidats proposés retenus) en organisant des apéritifs ou des ateliers de management”.

Cap sur la Russie en 2016

Si pour l’instant la startup de 15 personnes se concentre sur son développement en France (elle vient d’obtenir lors d’une deuxième levée de fonds 1,4 million d’euros), elle a également des visées à l’international, notamment en Russie, pays en fort développement où d’importants besoins de recrutement existent. Mais cela ne sera pas avant 2016. Sur le marché français, outre l’offre classique “Keycoopt Talent”, il est proposé aux entreprises une plateforme interne “Keycoopt System” qui leur permet d’avoir leur propre plateforme de recrutement par cooptation. “Nous avons répondu à des demandes d’entreprises, signale Antoine Perruchot et quatre d’entre elles ont déjà signé pour mettre en place ce système d’ici la fin de l’année”. Et Keycoopt a été sélectionné par Total comme une des 10 start-ups RH innovantes pour participer à son événement “Total International Recruiters Meeting 2014”. Des signaux positifs qui permettent à Keycoopt de voir l’avenir en rose.
* Keycoopt



Article précédentIl n’y a pas de sot métier…
Article suivantComment financer la gestion des ressources humaines
Sophie Lhameen
Sophie Lhameen, journaliste multimédia (web et print), a travaillé pendant 15 ans comme journaliste spécialisée sur l'Afrique avant de devenir en 2008, rédactrice en chef adjointe du magazine Le MOCI (Moniteur du commerce international) jusqu'en janvier 2013. Ses centres d'intérêt : l'entreprise, le management, les ressources humaines, l'emploi, l'économie, l'intelligence économique et de l'international. Google+