Baisse du cours, faut-il acheter ou vendre ?  

Yann Bouillonnec, Président et CEO de Gold Service
Yann Bouillonnec, Président et CEO de Gold Servicehttps://www.gold-service.com/agences-achat-vente-or-gold-service/achat-or-et-vente-or-a-paris/?
Avec plus de 25 ans dans le développement international de marques d’horlogerie et de joaillerie de luxe, il est Président & CEO de Gold Service, acteur suisse de référence dans l’achat et la vente d’or et de métaux précieux. Diplômé en économie et administration des entreprises de l’Université Toulouse et de Brighton (UK), et formé au leadership à IMD Business School, il débute sa carrière chez Cartier et rejoint Vacheron Constantin (Groupe Richemont), pendant plus de 17 ans à des fonctions de direction internationale de Managing Director Asia-Pacific et Directeur International. Il pilote le développement des filiales et des réseaux de distribution de la marque sur des marchés stratégiques, dont la Chine. Il poursuit sa carrière chez TAG Heuer puis Genesis Motor Europe, avant de racheter avec un groupe d’investisseurs Gold Service en 2022 Maison de confiance fondée en Suisse, Gold Service est un leader européen du négoce de métaux précieux. Présente à travers plus de 30 agences en Suisse et en France, Gold Service accompagne particuliers et professionnels dans l’achat, la vente et la garde au coffre de l’or d’investissement, avec un haut niveau d’exigence en matière de conformité, de traçabilité et de sécurité.

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Baisse du cours, faut-il acheter ou vendre ?

Après avoir atteint des niveaux historiques au début de l’année 2026, le cours de l’or a marqué une phase de consolidation au mois de juin. Cette respiration du marché intervient après plusieurs mois de forte progression et ravive une question récurrente chez les investisseurs comme chez les particuliers : faut-il profiter de cette baisse pour acheter ou, au contraire, vendre avant une correction plus marquée ?

La question mérite d’être posée. Mais elle suppose également de prendre du recul. Car sur un actif comme l’or, les fluctuations de court terme ne racontent pas toujours l’essentiel.

Une correction de marché n’est pas un changement de tendance

Le LBMA Gold Price PM, référence mondiale du marché de l’or physique, a atteint un plus haut historique de 5 405 dollars l’once en janvier 2026, avant d’entrer dans une phase de consolidation au cours des mois suivants. Depuis, le marché connaît une phase de consolidation, alimentée par des prises de bénéfices après une hausse particulièrement rapide, ainsi que par les anticipations autour de la politique monétaire américaine.

Ce type d’ajustement est classique sur les marchés financiers. Il reflète avant tout des arbitrages d’investisseurs et une évolution du sentiment de marché. À lui seul, il ne permet pas de conclure à une remise en cause du rôle de l’or dans les stratégies patrimoniales.

Pour comprendre la situation actuelle, il convient donc de regarder au-delà des mouvements quotidiens des cours et d’observer les facteurs économiques qui continuent de soutenir ce marché.

Des facteurs structurels qui demeurent favorables

Les dernières données publiées par le World Gold Council montrent que la demande mondiale reste soutenue. Au premier trimestre 2026, la demande totale d’or, incluant les transactions de gré à gré (OTC), s’est établie à 1 231 tonnes, en progression de 2 % sur un an. Dans le même temps, la valeur totale du marché a atteint un niveau record de 193 milliards de dollars, conséquence d’un prix moyen historiquement élevé.

Ces chiffres traduisent une réalité importante : malgré la volatilité observée ces dernières semaines, l’or continue d’occuper une place significative dans les stratégies d’investissement et de diversification à l’échelle mondiale.

La demande des particuliers demeure également dynamique. Les investissements en lingots et en pièces ont représenté 474 tonnes au premier trimestre 2026, soit l’un des meilleurs premiers trimestres jamais enregistrés selon le World Gold Council.

Les banques centrales restent des acteurs majeurs

L’autre élément structurant du marché réside dans le comportement des banques centrales.

Depuis 2022, celles-ci sont redevenues des acheteurs nets d’or à un niveau rarement observé dans l’histoire récente. Après trois années consécutives de plus de 1 000 tonnes d’achats annuels entre 2022 et 2024, elles ont acquis 863 tonnes en 2025, un niveau certes inférieur aux records récents, mais toujours largement supérieur aux moyennes historiques.

Cette dynamique s’est poursuivie au premier trimestre 2026 avec 244 tonnes d’achats nets.

Au-delà des chiffres, ces acquisitions traduisent une évolution plus profonde. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les interrogations sur les chaînes d’approvisionnement et la volonté de nombreux États de diversifier leurs réserves, l’or conserve son statut d’actif stratégique.

Ces achats ne garantissent évidemment pas l’évolution future des cours. Ils constituent néanmoins un indicateur de la place que continue d’occuper le métal précieux dans les politiques de réserve des banques centrales.

Acheter ou vendre : deux stratégies qui peuvent se justifier

Dans ce contexte, la question n’appelle pas une réponse unique.

Pour les particuliers qui détiennent déjà des bijoux, des pièces ou des lingots, les niveaux actuels demeurent historiquement élevés malgré la récente correction. Pour certains, vendre aujourd’hui peut permettre de concrétiser une plus-value, financer un projet, accompagner une transmission patrimoniale ou mobiliser des liquidités.

À l’inverse, d’autres investisseurs peuvent considérer cette phase de consolidation comme une opportunité d’initier ou de renforcer progressivement une position dans l’or physique.

Dans les deux cas, la logique est avant tout patrimoniale. L’investissement dans l’or ne répond généralement pas à une logique de performance à court terme. Il s’inscrit davantage dans une stratégie de diversification, de préservation du capital et de recherche d’actifs tangibles, dont la valeur ne dépend pas directement de la solidité financière d’un émetteur.

Comme tout actif, l’or reste soumis aux fluctuations des marchés. Son évolution future dépendra notamment de la conjoncture économique, des politiques monétaires, de l’inflation, des tensions géopolitiques et du comportement des investisseurs.

La véritable question est patrimoniale

Certains souhaitent valoriser un patrimoine qu’ils n’utilisent plus. D’autres recherchent une solution de diversification. D’autres encore souhaitent transmettre ou réorganiser leur patrimoine.

La bonne question n’est donc probablement plus de savoir s’il faut acheter ou vendre de l’or. Elle consiste à déterminer quelle place cet actif peut occuper dans une stratégie patrimoniale globale.

Dans un environnement où les incertitudes économiques, monétaires et géopolitiques demeurent élevées, l’or continue ainsi d’occuper une place singulière. Non comme une réponse universelle, mais comme un actif dont la pertinence s’apprécie au regard des objectifs, de l’horizon d’investissement et de la situation patrimoniale de chacun.

Sources :

  • World Gold Council, Gold Demand Trends – Q1 2026.
  • World Gold Council, Central Bank Gold Reserves and Purchases – Full Year 2025 & Q1 2026.
  • London Bullion Market Association (LBMA), LBMA Gold Price PM, record historique du 22 avril 2026.

 

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