Homme d’affaires, dirigeant, patron de l’OM, député, ministre….

Difficile en quelques lignes de résumer sa carrière. Il a tout connu :  vendeur de télévision, pilote de course, chanteur, homme d’affaires, animateur de télé, dirigeant d’un groupe d’entreprises, patron d’un club de football, commentateur de foot, coach de Francis Bouygues, auteur, homme politique, acteur, patron de presse, député, ministre, leader de parti politique, sponsor de Hinault et Greg Lemond, patron de l’OM, vedette du petit écran, élu « Homme de l’Année » en 1984, créateur d’une école de vente, marionnette des Guignols,  riche… recordman de la traversée de l’Atlantique nord en monocoque, contradicteur impressionnant de  Jean-Marie Le Pen à la télé, mais aussi saisi, mis en faillite personnelle,  inéligible pour sept ans, dix mois à la Santé et à la prison de Luynes, près d’Aix-en-Provence, compromis dans  l’affaire OM-Valenciennes…

Tapie, homme d’actions en bourse et en justice

Acteur de cinéma  avec Claude Lelouch, acteur de  théâtre avec  Vol au-dessus d’un nid de coucou, Un beau salaud, Oscar, acteur de télé sur TF1 avec Cazas,  douze téléfilms de  Commissaire Valence , mais aussi floué lors de la vente du groupe Adidas, et dédommagé  à hauteur de 390 millions d’euros pour préjudice moral et matériel, intérêt de retard et frais de procédure, longtemps insolvable à la suite de l’achat et à la revente d’Adidas, après avoir remboursé ses dettes,  il possèderait  une fortune évaluée en 2011 à 260 millions d’euros.  Bernard Tapie rachète pour 50 millions d’euros les journaux régionaux du  Groupe Hersant Médias : Nice Matin, Var Matin, Corse Matin, la Provence et France Antilles. Les banques créancières, avec en tête BNP Paribas, créancières à hauteur de 215 millions d’euros ont accepté l’offre de Bernard Tapie associé à la famille Hersant, soit un abandon de créance de la différence avec le montant du rachat.  

Tapie, ami de Mitterrand et de Nicolas Sarkozy

Depuis septembre 2012 une information judiciaire est ouverte  pour “usage abusif de pouvoirs sociaux et recel de ce délit” au préjudice du Consortium de réalisation (CDR), procédure qui vise les conditions dans lesquelles a été réglé l’arbitrage du conflit entre Tapie et le Crédit lyonnais. Tapie aurait été favorisé par la procédure d’arbitrage qui a soldé le litige de la cession d’Adidas. Christine Lagarde, Directrice générale du FMI, à l’époque des faits ministre de l’économie, avait autorisé l’arbitrage privé et pourrait être aussi entendue. Rappelons sa sentence de juillet 2008, Bernard Tapie doit recevoir 243 millions d’euros à titre matériel, 115 millions d’euros d’intérêts de majoration du préjudice datant de 1993, et 45 millions d’euros de préjudice moral, ce qui fait 403 millions d’euros au total.  En décembre 2015 la cour d’appel de Paris le condamne à rembourser cette somme, et en juin 2016 la Cour de Cassation rejette les pourvois contre l’arrêt de la cour d’appel de Paris, confirmant l’existence d’une fraude civile en raison des liens entre l’un des juges arbitres (Pierre Estoup) et Bernard Tapie.

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5 ans de prison ferme requis

En 2017, les juges d’instruction, après une instruction de plus de cinq ans, renvoie devant le tribunal correctionnel, Bernard Tapie, son avocat, Maurice Lantourne, Stéphane Richard, président-directeur général d’Orange, Pierre Estoup, l’un des trois juges arbitres de l’affaire, Jean-François Rocchi, ex directeur du Consortium de réalisation (CDR). Bernard Tapie a comparu le 11 mars 2019 avec 5 autres prévenus pour « escroquerie » et « détournement de fonds publics » dans le cadre de l’arbitrage qui lui avait octroyé 403 millions d’euros en 2008 pour mettre un terme au litige avec le Crédit Lyonnais concernant la revente d’Adidas. Selon le ministère public, l’arbitrage aurait été « truqué » ce qui justifie les 3 ans d’emprisonnement ferme requis contre Pierre Estoup, haut magistrat, les 3 ans avec sursis contre Me Lantourne,  3 ans de prison, dont 18 mois avec sursis contre l’actuel PDG d’Orange Stéphane Richard, au moment de l’affaire directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, et 5 ans de prison ferme contre l’homme d’affaires, de plus parties civiles, Etat et CDR demandent  le paiement solidaire de 525 millions d’euros de dommages et intérêts pour réparer un « préjudice monumental ». La décision sera rendue le 9 juillet 2019.

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