« Respectez le divin, aimez les gens »
(devise gravée à l’entrée du siège
de l’entreprise Kyocera à Kyoto)

Le précepte est calligraphié en caractères chinois à l’entrée du siège de Kyocera, société spécialisée dans la fabrication de composants électroniques que Kazuo Inamori a fondée en 1959.  L’attirance de Kazuo Inamori pour le bouddhisme date de son enfance, lorsqu’atteint de la tuberculose, il se plonge dans cette philosophie pour se préparer à une mort qu’il pense imminente. Toute sa vie sera alors marquée par ses lectures. Il fera du bouddhisme les fondements de sa relation au monde. À l’âge de 65 ans, il se retire quelque temps dans un monastère de Kyoto pour jeûner et devenir moine.

« Je n’ai jamais pris de décisions
contraires à la compassion »

« On dit que dans les affaires, il faut être égoïste et dur. Je pense que c’est faux. Dans les affaires, la compassion peut aider », disait-il lors d’une conférence de presse donnée en France. C’est pourquoi, fidèle à ce précepte, Kazuo Inamori ne cesse de former ses effectifs ; au sein de Kyocera, mais aussi dans son entreprise de téléphonie KDDI, qu’il a créée en 1984.  Les enseignements qu’il y prodigue sous forme de stages font salle comble parmi ses salariés, qu’ils soient à des postes de manager ou non. « Rechercher la justice en tant qu’être humain », « surmonter les contradictions du capitalisme moderne » ; autant de thématiques qui misent sur la bienveillance et l’équité comme crédo pour réussir sa vie.
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« Le but de l’entreprise
est l’épanouissement matériel
et spirituel des employés 
».

En 2010, lorsqu’il reprend les rênes de la Japan Airlines, au bord de la faillite, Kazuo Inamori démontre une fois encore sa fidélité à ses préceptes. Pour remonter la barre, il applique son mode de management, qu’il appelle « la gestion amibienne ». Il divise les effectifs en petits groupes totalement autonomes. À chacun de gérer ses objectifs et son budget. À chacun de décortiquer son propre système de fonctionnement pour identifier les sources de perte et de rentabilité. Responsabiliser les troupes, donner les clés de la réussite aux Hommes, est un acte positif qui porte ses fruits ; preuve à l’appui avec cette intervention réussie à la Japan Airlines aujourd’hui complètement redressée et compétitive.
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 « Mon attitude a fait changer
l’état d’esprit des employés
et leur a donné la motivation nécessaire »

Pour fédérer, le dirigeant montre l’exemple. Lors de son passage à la Japan Airlines, Kazuo Inamori vivait très simplement. Il dormait dans une petite chambre d’hôtel et mangeait un bol de riz chaque soir. Son mode de vie a montré aux salariés qu’ils étaient dans le même bateau et que tous devaient se serrer la ceinture et redoubler de travail pendant cette période difficile.

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Choisir les bonnes personnes

Enfin, de passage en France l’an passé, Kazuo Inamori évoquait sa rencontre avec Fabrice Brégier (PDG d’Airbus) au forum international de Davos. « Il m’a fait une bonne impression, il m’a paru avoir une intégrité personnelle », décrivait-il. Choisir des personnes éthiques et honnêtes est le vrai défi d’un patron, estime Kazuo Inamori, elle est la démarche la plus importante. « L’altruisme ne consiste pas à agir contrairement à son propre intérêt, mais à agir, aussi, dans l’intérêt des autres. », aime-t-il à relater. Aujourd’hui retraité, très impliqué dans le financement philanthropique, Kazuo Inamori continue d’inspirer les managers et dirigeants du monde entier.