La crise sanitaire et économique a, depuis quelques mois, bouleversé le paysage professionnel. D’après Michael Page, 50% des recrutements ont été reportés pendant la période de confinement. En situation d’incertitude totale, les entreprises sont plus frileuses à l’idée d’embaucher, surtout des profils juniors.

Le manque de visibilité, à moyen et long terme, oblige les entreprises a beaucoup de prudence. Pour pallier cette conjoncture incertaine, le gouvernement a instauré des mesures pour inciter les entreprises à embaucher des alternants. Qu’elles sont-elles ? Zoom sur les différentes aides et les étapes à respecter afin de bien embaucher son futur apprenti. Et surtout, comment bien choisir son apprenti ?

Quelles sont les aides gouvernementales exceptionnelles

La ministre du travail a annoncé début juin, que les entreprises vont bénéficier d’une « aide unique au contrat d’apprentissage ».

Tout d’abord, une prime à hauteur de 5 000 euros sera perçue pour le recrutement d’un alternant de moins de 18 ans. Cette prime passera à 8 000 euros pour les étudiants majeurs.
Le montant sera versé sans conditions pour les entreprises de moins de 250 salariés. En revanche les grandes entreprises devront justifier d’un taux d’alternants de 5 % au sein de leurs effectifs d’ici 2021 pour percevoir cette aide.
Les étudiants auront 6 mois au lieu de 3 mois à partir du début de leur formation pour signer leur contrat. Ainsi les étudiants débutant leur formation professionnelle en septembre auront jusqu’en février 2021 pour trouver leur entreprise.
Le bénéfice direct de ces aides est d’aider les entreprises à maintenir une trésorerie capable de stabiliser leur activité économique. Effectivement, si une entreprise ne peut embaucher de CDD pour des raisons financières, former un étudiant dans le cadre de l’apprentissage est une alternative rentable[1].

Les dispositifs d’aides préexistants

Les aides ponctuelles liées à la crise sanitaire sont bien entendu cumulables avec les aides déjà en place depuis quelques années :

  • Les entreprises de moins de 11 salariés bénéficient d’une exonération totale des charges sociales et patronales. L’exonération est partielle pour les grandes entreprises.
  • Les entreprises de moins de 11 employés peuvent profiter de la prime d’apprentissage d’un montant minimum de 1 000 euros annuel.
  • Toutes les entreprises bénéficient d’un crédit d’impôt de 1 600 à 2 200 euros pour l’embauche d’un apprenti jusqu’à bac+2.
  • Enfin, elles peuvent obtenir des déductions fiscales pour l’accueil d’apprenti en situation de handicap.

Qui est concerné par les contrats d’apprentissage ?

L’apprentissage est accessible pour les étudiants / lycéens âgés de 16 et 30 ans. L’âge minimum peut être abaissé à 15 ans et atteindre 35 ans dans certains cas . Cet âge requis n’est pas exigible pour les travailleurs handicapés, les sportifs de hauts niveaux et pour les étudiants qui souhaitent reprendre ou créer une entreprise.
De son côté, l’employeur doit se montrer patient et avoir envie de passer un certain temps à former l’alternant, pour qui cet emploi est généralement une première expérience professionnelle. De plus les alternants ne sont pas disponibles à temps plein, car ils suivent sur un rythme alterné leur formation.

Quelles sont les étapes à respecter pour choisir son apprenti ?

Comment définir son besoin en recrutement ?

Le recrutement d’un alternant passe tout d’abord par la définition du besoin en recrutement. Pour bien recruter, l’employeur doit avant tout définir toutes les caractéristiques du poste à pourvoir ainsi que le profil recherché.

  • Le profil recherché :
    – Quel type de profil rechercher ?
    – Quel est le niveau de formation requis ?
    – L’apprenti doit-il être originaire d’une école, d’une université, d’un lycée ?
    – Combien de jours l’apprenti doit-il être présent au sein de la structure ?
    – Quel i est le critère de sélection le plus important : Les compétences techniques ou les qualités humaines ?
  • Le cadre des missions :
    – Pourquoi embaucher un apprenti ? Pour quelles tâches ? Pour quel projet ? Dans quel contexte ?
    – Quel sera le degré de responsabilité de l’apprenti ?
    – Que doit savoir faire l’apprenti au moment de sa prise de poste ?
    – L’entreprise a t-elle un maître d’alternant pour le former sur le terrain ?

Sans expérience significative, comment sélectionner votre futur apprenti ?

Pour déterminer le profil adéquat, posez-vous les questions suivantes :

  • Ais-je besoin d’un collaborateur qui suive scrupuleusement des consignes et un process ?
  • Ais-je besoin d’un collaborateur qui relève des défis quotidiens et fasse preuve de créativité ?
  • Ais-je besoin d’un collaborateur capable d’évoluer à des postes à responsabilités ?
  • Ais-je besoin d’un collaborateur qui s’adapte dans une équipe et continue à développer un esprit bienveillant.

Une fois le besoin déterminé il ne manque plus qu’à rechercher les profils, en fonction des soft skills ou hards skills identifiés (compétences « dures » et « douces » ?)
Les soft skills symbolisent la capacité du candidat à s’adapter à son environnement et aux valeurs de l’entreprise. A l’inverse les hard skills représentent les compétences techniques.
Les soft skills sont particulièrement importants dans le recrutement d’alternants pour une raison simple :  les collaborateurs peuvent toujours améliorer leurs compétences techniques au fil du temps, mais ne peuvent pas changer leur personnalité.

Comment bien évaluer les profils ?

Lors du confinement les entreprises ont appris à s’adapter en misant sur les outils digitaux et en raccourcissant le processus de recrutement (chômage partiel oblige).

L’entretien vidéo différé

L’entretien vidéo, qu’il soit en live ou en vidéo-différée permet au candidat de vivre une meilleure expérience de pré-entretien physique, dans le confort de son domicile. Il a été démontré que les candidats sont ainsi plus enclins à dévoiler leur vraie personnalité. La plateforme Visiotalent s’est impose dans ce domaine auprès des recruteurs, comme un outil digital indispensable.
Cette solution SAAS (sans installation de logicielle) permet de gagner un temps précieux dans la préqualification des candidats et aide à identifier rapidement les soft skills des candidats grâce à une série de questions pré-enregistrées.
Ce type d’entretien permet aux candidats de donner à voir leur capacités relationnelles et leur motivation, au-delà de la lecture du CV, ce qui est parfaitement adapté dans l’embauche d’un alternant.

 Les tests de préqualification

Les tests de préqualification permettent d’évaluer les compétences cognitives et techniques. Des plateformes telles que Cubiks digitalisent les tests de compétences dans divers domaines (les langues, le bureautique, la finance ou des aptitudes particulières). Ces tests facilitent la sélection efficace des candidats avant même la première rencontre physique.
Une fois un profil sélectionné, l’échange est primordial afin de déterminer que les résultats soient en adéquation avec le profil du candidat.

L’entretien physique ou téléphonique

La deuxième phase du recrutement, grâce à l’entretien physique ou téléphonique en direct nécessite cette fois des questions ouvertes pour établir un lien de confiance et un échange plus libre.
Par exemple : « Quels types de postes recherchez-vous et pourquoi ? » A l’aide de cette question simple le recruteur est assuré de ne pas passer à côté d’informations importantes.
Les aides gouvernementales ont été instaurées afin de valoriser l’apprentissage et de s’assurer que les talents de demain ne soient pas lésés par la crise. Mais embaucher un apprenti nécessite de mettre en place un processus structuré de recrutement pour que cette embauche apporte un réel bénéfice pour l’entreprise.
[1]https://www.alternance-professionnelle.fr/couts-recrutement-contrat-apprentissage-entreprise/



Article précédentSi vous avez un chef toxique, voici comment le gérer et vous en sortir
Article suivantCe qu’un chasseur de têtes regarde en premier dans votre profil LinkedIn
Gonzague Lefebvre, co-fondateur de CleverConnect
co-fondateur de CleverConnect. Diplômé de NEOMA Business School et d’un Master en Entreprenariat à la Stanford University, Gonzague Lefebvre, accompagné de Louis Coulon, réalise en 2014 que le CV reste un outil limité pour un jeune diplômé cherchant à faire valoir son potentiel et ses soft skills plus que son parcours. Gonzague et Louis imaginent alors une solution d’entretien vidéo différé, Visiotalent, permettant à la fois de simplifier et d’optimiser la présélection des candidats tout en valorisant leur personnalité. En 2016, Visiotalent s’associe à la plateforme d'emploi Meteojob pour former CleverConnect, aujourd'hui un des acteurs majeurs de la RH tech, présent en Europe, qui accompagne de manière innovante plus de 2 000 entreprises sur toutes les étapes de leurs recrutements, depuis le sourcing jusqu'à la qualification et la sélection de candidats.