Que l’on soit expatrié de grandes sociétés ou « expatrié volontaire », tous les Français sont séduits pas le climat de la Thaïlande, un pays où le sourire cache de nombreux sentiments, et les Thaïs. Il existe cependant de grandes différences socio-culturelles à connaître pour éviter de fâcheux malentendus en affaires.

Eviter la démarche cartésienne

Depuis plusieurs années, une fois par an je vais dans une entreprise en région parisienne afin d’aider des ingénieurs – chefs de projets à optimiser les synergies de travail avec leurs équipes en Thaïlande. Cette journée est consacrée à la découverte de la culture complexe d’une société très structurée et de sa perception du temps, du pouvoir ou de la hiérarchie … Les blocages de part et d’autre viennent souvent de problèmes de communication ou de méthodes. Je m’explique : chaque mission a entre autres une durée définie (souvent pour le client final) et un objectif à atteindre. Tout se réalise, mais pas forcément de la manière dont on l’espérait.

Il ne sert à rien d’expliquer le comment du pourquoi (démarche cartésienne), mais il faut plutôt rassurer ses équipes en leur montrant une méthode de travail à appliquer. Il n’y a jamais de raisonnement évident, chacun développe sa propre logique ! D’autre part en Asie en général on est solidaire du collectif ou du groupe : la personne qui parle n’est pas forcément le leader du groupe. Enfin il est important de faire répéter ce qui a été décidé en fin de réunion. Mais lorsque l’on prend une décision commune ou que l’on donne une consigne elle sera suivie quoiqu’il arrive !

Mot d’ordre : patience et sourire !

Pour travailler avec les Thaïs, il est important d’être patient et d’apprendre à sourire. Le sourire cache beaucoup de sentiments pour les Thaïs qui sont des gens très pudiques et empathiques. Le sourire cache la non-compréhension comme le mécontentement qu’il faut décrypter à travers le langage corporel. Il faut  aussi comprendre ses collaborateurs à demi-mot : l’expression verbale ne correspondant pas toujours au sentiment général d’une situation (difficulté d’expression dans une autre langue, traduction approximative, interprétation différente…). Outre les 130 lettres de l’écriture thaïe, cette langue a une expression spécifique pour chaque situation.

Sur le plan administratif, il n’y a pas besoin de visa pour les Français souhaitant se rendre en Thaïlande moins d’un mois. Au-delà, il vaut mieux demander un visa de 6 mois au départ d’Europe. Les visas de travail sont assurés par les entreprises qui font venir leurs expatriés : c’est beaucoup de papiers et il vaut mieux avoir une bonne secrétaire thaïe qui entreprend les démarches et vous demande de vous présenter devant l’administration quand cela est nécessaire. Pour «les aventuriers», indépendants par nature, les sorties et entrées pour augmenter la durée du visa sont de plus en plus limitées et réglementées. Pour le permis de conduire, je l’ai demandé et obtenu dès mon arrivée. Mais cela ne m’a pas empêché d’avoir un chauffeur comme le veut  la tradition des “expats” locaux car la circulation devient très dense et de plus en plus difficile au fil de la journée à Bangkok.



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Spécialiste convaincue du développement durable et de la responsabilité sociétale des entreprises, Pascale Marchal Griveaud conduit des missions de coordination dans de nombreux pays (Europe, Afrique du Nord, Asie). Elle travaille sur l’optimisation de systèmes de management ISO, de stratégies ou de reporting en responsabilité sociale, et développement durable pour des firmes internationales. Elle forme également au management interculturel les équipes et les leaders et a acquis des connaissances polyvalentes en développement personnel à travers un outil d’inventaire comportemental pour aider chacun à répondre à des questions comme : quels sont les environnements professionnels qui me sont favorables? Quels sont mes moteurs de motivation ?