La démographie, la pandémie de coronavirus, l’environnement, l’énergie, les guerres…  marqueront fortement l’économie. Quelle évolution du pouvoir d’achat d’ici 2030 ? Comment fonctionneront les modèles commerciaux dans 10 ans ?
Cinq tendances importantes et leur impact incertain vont toucher les entreprises en France, en Europe, voire dans le monde… Renforcer les canaux digitaux, offrir des prestations supplémentaires, diversifier davantage les fournisseurs et les clients, le télétravail…, ainsi va l’activité présente et future. Mais comment devraient fonctionner les entreprises.

1 – Ecosystèmes commerciaux

Afin d’atteindre le client, désormais submergé d’offres en tous genres, les entreprises devront se mettre en réseau. En gros, plusieurs entreprises de différents domaines unissent leurs forces afin d’élargir et combiner leurs offres. Par exemple, lorsqu’une menuiserie crée un produit en bois inédit, en coopération avec une start-up technologique, et met en place une plateforme en ligne à cet effet.
Les produits originels de l’entreprise sont de moins en moins suffisants pour réussir. Il faut une orientation maximale vers la clientèle. Les entreprises doivent se poser cette question : quelle valeur ajoutée encore offrir à mes clients ? Grâce aux écosystèmes, les entreprises s’ouvrent des canaux supplémentaires vers les clients existants et potentiels. Tandis que les plus petites accèdent à davantage de ressources. L’avenir appartient aux clients, qui sont de plus en plus au centre des business.

2 – Gig economy

Le marché du travail comme nous le connaissons aujourd’hui va tout simplement disparaître et laisser place à ce qui est appelée une ère du transfert, une sorte de marché des tâches mondialisé et standardisé, basé sur l’échange marchand de compétences via d’immenses plates-formes d’intermédiation, comme par exemple LinkedIn.

Cette évolution serait l’aboutissement logique de trois tendances actuelles qui se conjugueraient : la généralisation des slashers, cette nouvelle génération d’actifs hyper-flexibles, la maturité des réseaux sociaux professionnels qui permettent l’appariement entre l’offre et la demande de compétences. Et les besoins des entreprises qui veulent être aussi agiles que des start-up tout en ayant des milliers d’actifs à disposition. Une ère où les activités professionnelles seraient fluidifiées et facilitées par la technologie.

Une perspective assez vertigineuse qui devrait, au-delà des postures politiques traditionnelles, inspirer et nourrir les débats actuels sur la protection sociale ou la lutte contre le chômage, pour enfin, parler des vrais sujets de fond.

3 – Chabot

Ce ne sont pas des poissons… Dans 10 ans, les tâches répétitives seront largement automatisées. Imaginons par exemple que d’ici 2030, chaque PME, ou de nombreux, disposeront d’un chatbot. Ces robots dialogueurs sont capables de répondre aux demandes simples des clients – par écrit, mais aussi de plus en plus souvent par téléphone. Ces systèmes intelligents, programmables assez facilement, peuvent accroître la productivité de manière notable. Cela laisse aux humains plus de temps pour se consacrer aux tâches plus complexes et plus créatives.
Attention à la relation directe, derrière tout acheteur – entreprise ou consommateur – se cache un homo sapiens (un être humain).

4 – Circular and sharing economy 

Ces deux concepts visent à promouvoir la durabilité. L’économie circulaire est composée de cycles de ressources lents et fermés. La conception, la réparation ou le recyclage durable des produits entraînent moins de déchets et d’émissions, et consomment moins de matières premières. C’est aussi une ambition de l’économie du partage, qui repose sur la mise en commun des biens plutôt que sur la possession.
Beaucoup de bonnes choses ont déjà été accomplies. Demain, un nombre accru d’entreprises réutiliseront, loueront et partageront leur matériel. Il n’y a tout simplement pas moyen de faire autrement.

Il n’y a pas que la mise en réseau des entreprises. Les échanges avec d’autres parties prenantes doivent gagner en importance. Par exemple avec les universités ou directement avec les clients eux-mêmes. Les produits et prestations gagnent en complexité. Et pour bien développer les services, les connaissances isolées ne suffisent plus. Vendez et louez ! Le partage est la grande tendance de notre temps. Et les entreprises peuvent déjà en profiter aujourd’hui.

5 – Tokenisierung

Ce terme désigne la conversion de valeurs réelles en actifs digitaux. Grâce à la technologie blockchain, les machines, immeubles, terrains ou même les actions sont titrisés – ou tokenisés – et ainsi rendus négociables. Les entreprises peuvent d’ores et déjà émettre, par ce biais, des actions ou obligations facilement et à moindre coût. Elles sont en contact direct avec les investisseurs potentiels via des plateformes virtuelles. Pour les PME – surtout les start-ups –, cela révolutionne la levée de capitaux.
Autre avantage de la tokenisation: les valeurs patrimoniales peuvent être décomposées en parts beaucoup plus petites qu’auparavant, ce qui ouvre l’accès aux petits investisseurs dotés d’un budget réduit.

Conclusion
Comment les PME peuvent s’atteler pour l’économie du futur ? Elles sont bien d’accord sur une chose : tisser des liens plus vastes et plus forts. C’est un bon début. Dans dix ans, les entreprises seront encore plus interconnectées, plus flexibles et plus digitales. Et l’avenir appartient aux clients. Les PME qui unissent leurs forces dans le cadre d’écosystèmes ont un net avantage. Elles peuvent créer des offres à plus haute valeur ajoutée. Le fait de tisser des liens plus vastes et plus forts est donc un bon début. Et n’oublions pas : derrire chaque entreprise ou consommateur se cache un être humain !