Jérôme Kerviel, Jérôme Cahuzac, Jean-Marie Messier : ils ont tous les trois fraudé, ont été très médiatisés, pourtant ils ne sont pas tous logés à la même enseigne au vu des sanctions : l’ancien trader de la Société Générale Jérôme Kerviel a été incarcéré le 19 mai dernier à la prison de Nice, l’ex-ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac “tourne en rond et promène son chien” selon l’Opinion.fr en attendant son procès, tandis que l’ancien PDG de Vivendi Universal Jean-Marie Messier vient de voir en appel sa peine réduite à dix mois de prison avec sursis (également le 19 mai). Voici pour chacun d’entre eux un point sur leur situation avec ce qu’il leur est reproché, les sanctions prises ou encourues, ainsi que leur vie après les “affaires”.

Jérôme Kerviel, en prison pour 3 ans

Fraude. Jérôme Kerviel a été jugé responsable, à hauteur de 4,82 milliards d’euros des pertes de la Société générale découvertes en janvier 2008, celles-ci résultant de ses prises de positions illégales sur des contrats à terme sur indices d’actions s’élevant à cette époque à environ 50 milliards d’euros et qu’il a dissimulées.
Sanctions. Poursuivi pour « faux, usage de faux, abus de confiance, introduction frauduleuse de données dans un système informatique », il a été condamné en octobre 2010 par la 11e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris à 5 ans de prison, dont 2 ans avec sursis, et au versement à la Société Générale de la somme de 4,9 milliards d’euros de dommages & intérêts. Ce jugement a été confirmé par la Cour d’appel de Paris en octobre 2012 et par la Cour de Cassation le 19 mars 2014, qui a toutefois annulé le paiement de dommages et intérêts.
La vie d’après. Après avoir effectué 37 jours de détention provisoire en février-mars 2008, Jérôme Kerviel est remis en liberté et se voit embauché un temps par la société informatique LCA dirigée par l’expert informatique Jean-Raymond Lemaire. Après le jugement de la Cour de Cassation, il lance une campagne médiatique mettant en cause ses supérieurs hiérarchiques à la Société Générale, dont Eric Cordelle (licencié sans indemnités). En février 2014, il entame une marche entre Paris et Rome pour rencontrer le pape François et militer contre la “tyrannie des marchés”. Il est finalement incarcéré à la prison de Nice le 19 mai pour effectuer sa peine.

Jérôme Cahuzac, dans l’attente de son procès

Fraude. En , alors qu’il est devenu un élément important du gouvernement Ayrault et qu’il porte le projet de loi de finances 2013, il est accusé de blanchiment de fraude fiscale et mis en examen à la suite de l’enquête du journal en ligne Mediapart. Il démissionne de ses fonctions ministérielles le pour avoir nié posséder un compte à l’étranger publiquement et devant le Parlement, en lui interdisant l’exercice de la médecine pour une durée de six mois, dont trois mois avec sursis.
La vie d’après. Pour l’instant, Jérôme Cahuzac se contente d’attendre son procès.

Jean-Marie Messier, 10 mois de prison avec sursis

Fraude. L’ex-PDG de Vivendi Universal est accusé en juin 2004 d’abus de biens sociaux pour avoir entre autres, exigé un parachute doré de 18,6 millions d’euros, malgré de mauvais résultats. Il se voit également reprocher une “manipulation de cours” afin de préserver l’action Vivendi Universal d’une forte chute les jours suivant le 11 septembre 2001.
Sanctions. Le 7 décembre 2004, Jean-Marie Messier est condamné à une amende d’un million d’euros pour avoir « délibérément diffusé […] des informations inexactes et abusivement optimistes » alors qu’il dirigeait Vivendi Universal. Le 21 janvier 2011, il est condamné à trois ans de prison avec sursis pour sa gestion du groupe, mais se voit relaxé des délits relatifs à la diffusion d’informations fausses ou trompeuses aux marchés entre 2000 et 2002. En appel, il voit, le 19 mai 2014, sa peine réduite à dix mois d’emprisonnement avec sursis et 50 000 euros d’amende.
La vie d’après. Jean-Marie Messier a su rebondir : il s’est exilé aux Etats-Unis en 2005 où il a créé une entreprise de conseil, Messier Partners, fondée avec une associée, la femme d’affaires franco-marocaine Fatine Layt. Début 2007, il devient également actionnaire et administrateur du groupe Rentabiliweb, dirigé par Jean-Baptiste Descroix-Vernier.



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Sophie Lhameen, journaliste multimédia (web et print), a travaillé pendant 15 ans comme journaliste spécialisée sur l'Afrique avant de devenir en 2008, rédactrice en chef adjointe du magazine Le MOCI (Moniteur du commerce international) jusqu'en janvier 2013. Ses centres d'intérêt : l'entreprise, le management, les ressources humaines, l'emploi, l'économie, l'intelligence économique et de l'international. Google+