9  principaux présupposés de la PNL

1 – La carte n’est pas le territoire
Issu de la sémantique générale d’Alfred Korzybski, ce qu’une personne croit être le monde n’est en réalité que sa représentation personnelle du monde, et non pas la vérité. De ce présupposé découle plusieurs idées, conceptions, attitudes, techniques et actions. Aucun modèle du monde n’est plus vrai ou réel qu’un autre. Plus que par le territoire ou la réalité, les choix d’un individu sont limités par ses modèles du monde et les réponses possibles qu’il en connaît.
2 – Derrière chaque comportement, il y a une intention positive
D’un certain point de vue, il y a un intérêt, une « intention positive »[63] à avoir un comportement particulier. Impossible donc de le changer si on ne s’occupe pas de cette intention d’abord. Le comportement est un symptôme et l’intention positive, une cause plus profonde. Ce présupposé ne veut pas dire qu’il faut tout accepter de l’autre. Comprendre, oui, mais pour l’aider à changer ses comportements inadéquats. La « technique de recadrage en 6 pas » (modélisation des grands thérapeutes du début de la PNL) repose principalement sur ce présupposé.
3 – Il n’y a pas d’échec mais que du feedback (ou des apprentissages)
L’échec, l’erreur culpabilise et démotive. Prendre le feedback d’un contexte responsabilise et invite à agir. Si ce qui est réalisé ne déclenche pas la réponse recherchée, il faut alors continuer à varier les actions jusqu’à déclencher une réponse désirée. Ce présupposé est issu des théories cybernétiques.
4 – Le sens de la communication est donné par la réponse qu’on en obtient
Il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions, il est important d’évaluer comment le message est compris et, le cas échéant, comment le changer pour viser davantage d’efficacité.
5 – Ce que d’autres peuvent apprendre, je peux l’apprendre aussi
Ce présupposé invite chacun à reprendre du pouvoir sur sa vie. Comme les êtres humains partagent les mêmes systèmes de représentations de base, il est possible pour tout être humain d’organiser et d’accéder à ses représentations de façon à recréer ou approcher tout phénomène humain. Il est donc possible de modéliser et de transférer toute compétence humaine d’une personne à une autre. Les gens possèdent déjà toutes les ressources nécessaires (au moins potentiellement) pour agir efficacement. Le changement vient de la libération et du déclenchement des ressources appropriées (ou de l’activation de la ressource potentielle) pour un contexte particulier en enrichissant le modèle du monde individuel.
6 – Le corps et l’esprit font partie du même système cybernétique
Ce qui se passe dans l’esprit a des répercussions dans le corps, et inversement. Si on observe les modifications du non verbal, on peut en déduire des modifications de la pensée par conséquent.
7 – Le langage est une représentation secondaire de l’expérience
Lorsque des mots sont posés sur une expérience vécue, les mots ne sont pas aussi riches ou complets que la représentation mentale qui en a été construite. Si le langage (structure de surface) permet de communiquer sur le vécu et sur les représentations mentales (structure profonde), l’un des objectifs en PNL est de retrouver au travers de cette expression (langage – représentation secondaire) l’expérience primaire, c’est-à-dire la représentation mentale de ce vécu.
8 – On ne peut pas ne pas communiquer
Même lorsque rien n’est dit, l’homme communique. Tout est donc communication, y compris un comportement de refus de communication. Ce présupposé est issu des théories de l’école de Palo Alto3].
9 – Loi de la variété requise
Une certaine flexibilité qui soit supérieure au niveau d’incertitude du système doit être manifestée dans certaines conditions ou situations. La part du système qui présente le plus de flexibilité sera l’élément catalyseur ou contrôleur du système, à des fins de changement.

Techniques et linguistique en PNL

Un exemple de stratégie mentale étudiée par la PNL: la stratégie de mémorisation d’une leçon. Les PNListes ont modélisé de nombreuses techniques de changement. Leurs usages coordonnés donnent à l’intervenant à la fois de la précision et de l’efficacité mais offre également une grande créativité dans la recherche de solutions. Ces techniques peuvent être regroupées suivant leurs utilisations historiques. Il existe en effet et d’abord des modèles linguistiques, suivis de ceux servant à l’explicitation et au changement du vécu subjectif. Par la suite, les protocoles observés chez d’autres thérapeutes ont permis d’ajouter à la PNL des techniques nouvelles auxquelles se sont greffés le modèle des niveaux logiques et des techniques annexes. Enfin, des modèles empruntés à la psychologie cognitive aboutissent à achever l’édifice pratique de la PNL.
Les deux premiers modèles en PNL sont linguistiques ; il s’agit du méta-modèle et du modèle de Milton. Le « méta-modèle » est le tout premier modèle créé en PNL. Il sert d’une part à mettre en évidence les mécanismes utilisés par le sujet pour transformer son expérience sensorielle en langage, et d’autre part à enrichir la conception du monde du sujet par le questionnement des figures linguistiques spécifiques et de retrouver ainsi les représentations mentales sensorielles initiales qui ont suscité l’expression verbale. Le méta-modèle comporte un ensemble de douze types de questions en corrélation avec différentes formes linguistiques. Les trois catégories du méta-modèle sont : l’omission, la généralisation, et la distorsion. Trois niveaux d’utilisation de ces questions du méta-modèle peuvent être distingués. Le méta-modèle dit « I » correspond à un usage automatique de questionnement systématique de toutes les violations sémantiques ; il peut être perçu comme inquisitorial mais est souvent utilisé didactiquement en formation. Le « méta-modèle II » invite à orienter le choix des questions dans le but de préciser et de réaliser les objectifs du sujet, alors que l’usage du « méta-modèle III » sert à travailler à changer, en montrant les relations entre les formes verbales, les sous-modalités sensorielles des représentations mentales et les aspects physiologiques (gestes, mimiques, etc.). En modifier un entraînera une adaptation des autres éléments liés dans une logique systémique.
Le « Milton-modèle », modélisé chez Milton Erickson, est un ensemble de formulations verbales qui sont suffisamment floues et imprécises dans le langage pour que le patient puisse y intégrer sa propre expérience qui permet de ne pas interférer avec le vécu du sujet, celui-ci pouvant projeter sa propre réalité. Pour chaque catégorie du méta-modèle (qui cherchait à mettre de la précision dans une explication), le modèle de Milton aura une formulation inverse qui favorise le flou et la généralisation. L’objectif étant de ne pas « heurter » les conceptions de l’autre.

Techniques de PNL issues des thérapeutes

La technique dite de la « calibration » en PNL correspond à l’observation d’un aspect non verbal de l’interlocuteur et d’une mise en corrélation avec son état émotionnel, après confirmation du sujet lui-même. Cela permet ensuite de mieux décoder le sens, propre à ce sujet, de son non verbal et donc de « suivre » les variations de ses états émotionnels au cours d’une séance de thérapie. En PNL, on ne fait pas d’interprétation du non-verbal. Les mimiques du visage ci-dessus n’ont pas de sens en soi. Encore faut-il demander au sujet ce qu’il ressent ? À partir de sa réponse on pourra savoir ce que signifie pour lui ces expressions. La PNL use de techniques modélisées par des thérapeutes et issues, de fait, de différentes démarches en psychologie. Ces techniques reposent sur quatre fondamentaux : le recadrage, l’ancrage, la dissociation et la synchronisation.  Article détaillé : Recadrage (PNL). Le recadrage (Reframing) est issu de la modélisation de Virginia Satir dans sa pratique de la thérapie de couple ; il est une occasion présentée par le thérapeute de « considérer une situation d’un autre point de vue » et par là même de donner un autre sens à l’expérience vécue. Le sens de l’expérience étant changé, les réactions seront modifiées tant du point de vue des pensées que de celui du comportement. Le recadrage peut porter sur le contexte, sur le sens ou sur les processus (ce sont les techniques de changement). Les présupposés peuvent aussi être un bon support de recadrage.
Deux grandes techniques utilisent ce procédé. Le « recadrage en six pas » (Six Step Reframe Technique) d’une part est un protocole pour guider une personne afin qu’elle trouve une alternative plus satisfaisante (une solution) à l’intention positive d’un comportement, d’attitudes ou de convictions. Le processus dit de « négociation des parties » (Parts Negotiation) sert à guider une personne qui hésite entre deux attitudes ou deux comportements apparemment inconciliables, donc lui permet de régler des conflits intra-psychiques, en cherchant toujours l’intention positive de chaque partie.

Ancrages visuels, auditifs, kinesthésiques, olfactif ou gustatifs

Le processus dit « d’ancrage », ou de « point d’ancrage » (Anchor point) est un processus simple et naturel qui consiste à associer un état interne (émotion, ressenti) à un stimulus externe. Le simple fait de redéclencher le stimulus suffit à faire revenir à l’esprit toute l’expérience et son état interne associé. Les « ancres » peuvent être visuelles, auditives, kinesthésiques, olfactives ou gustatives. Cette technique est fondée sur les expériences du réflexe conditionnel menées par le psychologue russe Ivan Pavlov. L’exemple littéraire le plus célèbre d’ancrage est celui, gustatif, décrit par Marcel Proust dans À la recherche du temps perdu. L’auteur explique comment tous les souvenirs de son enfance reviennent à son esprit alors qu’il déguste une madeleine comme celles qu’il appréciait étant enfant. Bandler et Grinder ont observé l’usage pas forcément conscient de ce mécanisme psychologique chez les grands psychothérapeutes qu’ils ont modélisés. Ils en ont construit des protocoles mobilisant ce mode d’association que notre cerveau connaît pour en faire un processus conscient et très rapide. Plusieurs techniques de la PNL utilisent par conséquent ce procédé. Par exemple, la technique dite de la « désactivation d’ancre », est utilisée lorsque le sujet est dans un état émotionnel négatif qui le coupe de ses compétences et ressources. Il s’agit d’identifier un état interne positif qui pourrait contrebalancer et neutraliser le premier. Il faut ensuite créer une ancre positive en prenant un temps pour se remettre dans une situation dans laquelle a été vécue la ressource positive nécessaire et déclencher ainsi un stimulus sensoriel supplémentaire (un contact physique, ou un mot sur un certain ton de voix). Il suffit ensuite de repenser à la situation problème et de redéclencher l’ancre pour que les deux états émotionnels s’annulent. Le protocole du « changement d’histoire de vie » est un mélange de celui du protocole de « recherche transdérivationnelle ». Utilisant l’ancrage d’une part, pour retrouver dans notre passé toutes les expériences où a été vécu le même état émotionnel, et la désactivation d’ancre d’autre part, pour changer le vécu d’une suite d’expériences négatives, cette technique permet de changer l’impact négatif d’une chaîne de moments vécus, pour s’orienter vers un état futur plus positif.

La modélisation ou apprendre de l’expérience de l’autre.

La synchronisation (Synchronisation) est une technique qui peut se manifester à deux niveaux, soit verbal, soit non verbal. C’est la manière qu’un individu adopte pour manifester (ou non, c’est la désynchronisation) son accord, ou une certaine confiance dans la relation ou un certain « sentiment de compréhension mutuelle. La synchronisation des mouvements, par exemple, consiste à mimer les mouvements et attitudes de l’interlocuteur, qui, ainsi, va ressentir une sympathie et un accord. La danse en couple est l’exemple le plus représentatif de synchronisation des mouvements : rythme, fluidité et gestes se correspondent plus que s’imitent. La synchronisation ne suppose pas une position dominante mais plutôt un échange. C’est un témoignage non verbal de l’acceptation de l’un par l’autre. La synchronisation de la parole est similaire. Cet accord concerne tout autant le débit de la parole, la force de la voix et sa hauteur (plutôt grave ou plutôt aigüe par exemple) que les formules employées. Selon la Programmation Neuro-Linguistique, cette capacité à s’accorder est très naturelle puisque les enfants imitent leurs parents, par exemple.

Pédagogie et Apprentissage cognitif

La PNL est utilisée dans le cadre des stratégies d’apprentissages en milieu scolaire. La pédagogie PNL se manifeste à travers deux aspects majeurs : le relationnel et l’apprentissage cognitif. La pédagogie est l’un des premiers objets d’étude de la PNL. En effet, dès 1979, dans leur livre Frogs into Princes, Bandler et Grinder donnent une retranscription d’un de leur séminaire dans lequel ils aident une personne à analyser sa stratégie de mémorisation de l’orthographe. Richard Bandler décrit l’apprentissage de l’orthographe comme étant un problème de stratégie mentale et non pas de canal sensoriel privilégié mais bien plutôt une séquence (une combinaison) de plusieurs opérations sensorielles différentes dans un ordre donné. Visualiser le mot (c’est le « visuel remémoré ») puis le ressentir comme juste (« contrôle kinesthésique ») est un exemple de stratégie plus efficace que celle d’épeler auditivement. La modélisation des différentes stratégies mentales employées par des élèves brillants a permis de développer une pédagogie spécifique.

PNL et séduction

À la suite d’auteurs américains, la PNL a investi le domaine de la séduction amoureuse. Le premier a en avoir codifié les techniques est Neil Strauss, qui, sous le pseudonyme de « Style », dans son best-seller The Game : Les secrets d’un virtuose de la drague (2005), raconte comment il a pu devenir peu à peu un véritable séducteur, un « MPUA » (Master Pick-Up Artist). Plusieurs autres ouvrages, dont par exemple Pourquoi les hommes se grattent l’oreille et les femmes tournent leur alliance? de Allan et Barbara Pease (2005) ou Casé en une semaine de Tony di Spirito (2006), ont suivi et le phénomène est tel que de nombreux séminaires de coaching et de relooking sont organisés, dans l’optique de développer le pouvoir de séduction.

Critiques de la PNL, une pseudo-science

La critique la plus importante formulée à l’encontre de la PNL, provenant de milieux divers, est celle qui avance qu’elle manque de preuves scientifiques et, même, qu’elle opère un détournement des connaissances scientifiques. Selon certains spécialistes en sciences humaines notamment, le qualificatif de « pseudoscience » peut s’y appliquer. Selon Stéphane Olivesi, la PNL et l’analyse transactionnelle, « nécessitent un regard un peu différent de celui que l’on peut porter sur des curiosités telles que la graphologie, l’astrologie ou la psychomorphologie. » Se présentant plus spécifiquement au monde de l’entreprise, ces deux courants s’élaborent « sous la forme d’un corpus doctrinal relativement élaboré et ils revendiquent une certaine scientificité. » D’autre part, l’interprétation psychologique proposée par la PNL se fonde en grande partie sur l’étude de la parole et de la gestuelle, comme le modèle des mouvements oculaires par exemple. Dans ce cadre, chaque mouvement est relié à une interprétation univoque, que certains spécialistes considèrent comme abusive et simpliste. Si la plupart des PNListes considèrent cette critique comme peu pertinente, certains reconnaissent que quelques aspects de la PNL prêtent à confusion et sont sujets à critique. L’éthique présente dans certains contextes d’application et le niveau de formation en PNL des intervenants fait selon eux partie des points à controverse. De manière générale, et bien que les concepteurs de la PNL n’aient jamais présenté leur pratique comme une science, l’argument de la non-scientificité de la PNL, au sens poppérien, est commun à beaucoup de controverses la concernant. L’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS) qualifie de fait la PNL de « pseudoscience ». Pour Christian Balicco, Docteur en psychologie, « La simplicité intellectuelle de la PNL tant au niveau de ses fondements que de ses objectifs est d’ailleurs ce qui fait son succès. »
L’expression « Programmation Neuro-Linguistique », rassemblement de trois mots se rapportant à trois domaines scientifiques dont les deux premiers étaient émergents en science et par conséquent très à la mode au moment de sa création, dans les années 70, est sujette à polémique. La juxtaposition de ces trois mots résolument scientifiques montre pour ses détracteurs la volonté de faire passer la Programmation Neuro-Linguistique pour une science, ou tout au moins se servir du crédit de la science. Pour les PNListes, l’emploi du mot « programmation » n’est qu’une métaphore sans prétention scientifique, comme le rappelle Josiane de Saint Paul; il s’agit selon elle d’une image nécessaire pour pouvoir décrire les séquences cognitivo-comportementales de notre pensée. De même, l’emploi du mot « neuro » en PNL donne à croire que les PNListes sont des spécialistes de la neurologie alors qu’il n’en est rien. Outre une absence de validation scientifique, la PNL appartient selon R. Bruyer et S. Kalisz à la « patapsychologie ». Enfin, la PNL n’est pas « linguistique » ; elle n’utilise la grammaire transformationnelle de Chomsky que pour faire croire à son pouvoir thérapeutique.
Le fait que PNL ne relève cependant pas exclusivement de ces trois domaines en particulier, mais plutôt de la psychologie appliquée d’après Catherine Cudicio est également un sujet de critique. Pour ses fondateurs, le flou autour de ses domaines d’application est voulu pour pouvoir l’étendre à volonté. Bandler explique ainsi qu’il a choisi l’expression « PNL » pour ne pas devoir choisir un domaine en particulier[, l’objectif étant de donner priorité à la pratique plutôt qu’à la théorie. Pour ses détracteurs, la référence à la psychologie est abusive et n’est faite que pour manipuler les stagiaires et clients, en recourant à diverses techniques. En conséquence, nombre de détracteurs, dont Pascal Lardellier, assimilent la PNL à une « pseudo-théories du « décodage du non verbal » qui, en promettant de décrypter les gestes d’autrui afin de deviner les intentions et de lire la personnalité, « dévaluent la communication, tout en instaurant un insidieux « libéralisme relationnel », sous couvert de transparence, d’efficacité, de rentabilité et de rendement relationnels. »
Un autre problème, plus éthique, provient du fait que l’appellation « Practitionner in NLP » (premier niveau de certification dans les formations en PNL) a été traduite en français par « Praticien PNL » alors que le terme de « praticien » est préférentiellement utilisé en France pour désigner un médecin traitant, ce qui ajoute à la confusion quant à la nature non médicale de la PNL. Le même problème se trouve dans la traduction de « Trainer in NLP » qui en France devient « Enseignant PNL » et qui peut également prêter à confusion avec le titre d’« enseignant » de l’Éducation nationale. Selon Valérie Brunel, la PNL forme ainsi des psychothérapeutes charlatans, surtout en entreprise, et qu’elle nomme les « managers de l’âme ».

Références à des théories dépassées

Les PNListes font référence à de nombreux modèles, certes enseignés et reconnus par la communauté scientifique lors de sa création (à la fin des années 1970 et au début des années 1980), mais ayant été invalidés depuis. La PNL n’ayant jamais questionné ses présupposés, les pratiques font donc référence régulièrement à des résultats datés. Ainsi, les textes en PNL de 1975 font référence aux neurosciences de 1970, ceux de 2010 à ceux de 2000, ce qui explique en partie son discrédit dans les milieux scientifiques. L’exemple le plus illustratif, outre l’interprétation des mouvements oculaires, est la référence à la théorie du cerveau triunique de Paul D. MacLean (et de Henri Laborit en France), qui stipule que le cerveau soit composé de trois organes fonctionnels autonomes : le cerveau reptilien (siège des instincts), le cerveau limbique (siège des émotions et de l’intuition) et le néo-cortex (siège de la pensée rationnelle et réflexive). Ce modèle est aujourd’hui unanimement rejeté par la communauté scientifique, qui conçoit les aires cérébrales comme des ensembles en interaction, et dans lesquelles une zone donnée ne correspondrait pas nécessairement à une fonction déterminée. Cette vision du fonctionnement cérébral (les « trois cerveaux ») est du reste rejetée par la PNL moderne, qui fait davantage référence aux neurosciences actuelles. La théorie des trois cerveaux n’est plus utilisée que comme une métaphore à visée didactique, en combinaison avec celle des deux hémisphères. Selon ses détracteurs, la PNL simplifie à l’extrême les concepts de la psychologie. Elle utilise en effet souvent des références scientifiques, parfois en en réinterprétant le résultat. Ainsi, Albert Mehrabian estime que la règle dite « 7%-38%-55% », reprise entre autres par certains PNListes, est l’objet d’une mauvaise interprétation de l’une des expériences l’ayant validée. Le résultat n’est valable que dans le cadre défini par l’expérience, et par son protocole, et ne saurait être généralisé.

À cela s’ajoute le fait que ces références éclectiques (neurologie, linguistique, psychologie, théorie de l’information, etc.) sont entachées d’imprécision. Ainsi Yves Winkin, professeur d’anthropologie de la communication, qui a travaillé avec certains acteurs de l’école de Palo Alto cités comme référence par les théoriciens de la PNL, qualifie cette dernière de « fraude intellectuelle », d’« exploitation de la confiance » et de « manipulation des idées et des hommes ». Estimant qu’il est de son « devoir de chercheur scientifique de réagir », il explique qu’au sein de la PNL : « L’univers scientifique est régulièrement évoqué à travers des noms et des titres célèbres, mais l’attitude générale n’est pas celle de la recherche, du questionnement, de l’évaluation critique». La PNL « multiplie les recours historiques légitimant dans la construction imaginaire de sa genèse intellectuelle » et « mobilise des références qui s’opposent et s’annihilent parfois » (associer par exemple Freud et Pavlov).

Organisation et formations à la PNL

Les PNListes revendiquent une approche non-conformiste, héritées des débuts de la PNL. Aucune figure d’autorité ni chef de file n’imposent sa voix. Dans une réunion, un néophyte a autant droit à la parole qu’un pionnier. Cette spécificité ne permet pas toutefois d’empêcher les dérives de certains, si bien que la PNL semble pour les non spécialistes un ensemble disparate sans réelle cohérence. Des associations nationales (Fédération NLPNL en France, créée en 2002) ou internationales (International Association for NLP, IANLP) cherchent à défendre néanmoins des critères de qualité, de contenu et de durée des formations, mais aussi d’éthique, par la rédaction de code de déontologie à destination des enseignants en PNL et des psychothérapeutes PNLt. Il y a différents niveaux non seulement dans l’apprentissage mais aussi dans l’usage de la PNL. Certains se sont limité à l’apprentissage de quelques concepts de la PNL au travers de livres ou séminaire de sensibilisation, alors que d’autres ont suivi des séminaires plus spécialisés où ils y ont appris des techniques construites grâce à la modélisation de gens de talent. D’autres encore ont suivi des formations complètes de certifications de « Maître-praticien » (où ils ont appris à modéliser) et commence à produire de nouveaux modèles. D’autres enfin encore ont intégré l’esprit de la PNL en en manifestant comportementalement ses présupposés. Parmi ceux-ci, des PNListes sont de surcroît : médecin, chercheur, professeur d’université, psychologues… Il n’y a donc pas une PNL mais des PNListes ayant des pratiques et des connaissances très variées. Dans tous ces métiers, les outils PNL offrent des structures pour le changement, mais devraient être mis en corrélation avec de bonnes bases propres au métier. Ce qui n’est pas toujours le cas, et qui pose un problème d’efficacité et à terme de crédibilité. Plusieurs titres existent au sein des formations en PNL.

Éthique et déontologie de la PNL

Comme les débuts de la PNL se sont réalisés dans le cadre de la psychothérapie, ses concepteurs considéraient comme très importante la responsabilité éthique des chercheurs à l’égard de leurs techniques. À partir des années 1980, la
commercialisation de nombreux séminaires de développement personnel, animés quelques fois pas des personnes peu ou pas suffisamment formées, a entraîné quelques dérives, notamment dans le domaine de la vente et du marketing direct, domaines dans lesquels l’efficacité des techniques a pu primer sur le respect de l’autre. La critique principale faite à la PNL est qu’elle viserait à développer des moyens d’influencer autrui par le biais de comportements capables de manipuler les réactions d’un interlocuteur. De fait, l’absence d’éthique revendiquée a été pointée du doigt.
Les pratiques de formation des centres de PNL n’insistent pas de manière égale sur l’importance de l’éthique, notamment dans son usage en entreprise, au sein desquelles les intérêts financiers pourraient être source de dérive. La PNL est un ensemble d’outils pratiques dont l’usage dépend par conséquent du niveau de formation et de l’éthique de chacun. Les enseignants en PNL ont cherché à remettre la responsabilité morale et la responsabilité pédagogique au centre des formations. Ils ont établi un code de déontologie et ont été suivis par la suite par les psychothérapeutes PNL. Les associations nationales ou internationales complètent ce code en fixant des critères de certifications pour chaque niveau de formation. Parmi ceux-ci, la manifestation des présupposés de la PNL, qui renferme une certaine conception de la relation avec l’apprenant, est centrale. Un autre critère est l’attention constante du professionnel à s’assurer de l’aspect positif des objectifs poursuivis, et à contrôler qu’il n’y ait pas d’effets nocifs. La PNL nomme ce contrôle la « vérification de l’écologie personnelle ».

La PNL dans la culture

Plusieurs livres ou films sont utilisés par des intervenants en PNL pour illustrer un modèle ou une technique alors que l’auteur ou le réalisateur n’y fait pas référence directement. D’autres romans et films sont par contre écrits ou réalisés en référence à la PNL. Le film Escalier C de Jean-Charles Tacchella (1985) est utilisé à titre d’illustration en séminaire de PNL. Le film raconte le suicide d’une vieille dame dû à la solitude et qui provoque chez un homme (Forster), très orienté vers lui, une prise de conscience et un changement de méta-programme en « orienté vers l’autre » selon les termes PNL. Dans La légende de Bagger Vance de Robert Redford (2000), film qui permet d’illustrer le changement de système de croyances limitantes, un coach aide un golfeur à se dépasser. Enfin, l’ouvrage Illusions de Richard Bach (1978) est un roman métaphorique sur le dépassement de ses croyances limitantes. D’un autre côté, des professionnels de la PNL ont illustré des techniques propres à leurs pratiques à travers l’écriture de romans. Par exemple Laurent Gounelle, coach formé en PNL, a publié L’homme qui voulait être heureux (2010) et Dieu voyage toujours incognito. Ces romans illustrent certains procédés PNL et sont destinés à un large public. Fabien Rodhain a publié L’homme qui ouvrit les yeux et Et si j’y croyais ? (2008), deux romans qui décrivent l’évolution de plusieurs personnes et d’une entreprise et qui sont accompagnés d’explications didactiques provenant notamment de la PNL comme le système de valeurs, l’orientation/solutions, les états internes, les croyances et vision du monde, les ancrages, le principe de responsabilité ou encore a synchronisation. La PNL peut être aussi utilisée à travers des techniques vulgarisées et sans fondement. Dans le film Le négociateur de F. Gary Gray (1999), l’acteur principal, Samuel L. Jackson, fait référence aux mouvements oculaires comme test de mensonge. Or, il s’agit d’un usage simpliste et erroné du modèle PNL puisque celui-ci ne peut être utilisé comme détecteur de mensonge. La même erreur est faite dans l’épisode 18 de la saison 1 de la série Le Mentaliste, ainsi que dans Lie to me.