Une entreprise a des interactions avec le monde qui l’entoure et doit rendre compte de ses activités à diverses parties prenantes qui interagissent avec d’elle. D’où l’importance de tenir compte de ces éléments extérieurs pour mettre en place une politique de responsabilité sociétale. Cela implique de se poser les bonnes questions, de sélectionner des thématiques adaptées à chaque pays et de développer des initiatives qui soient visibles et compréhensibles à la fois par les équipes et le public. Explications avec des exemples à l’appui.

1 – Identifier des interactions entre l’entreprise et le monde qui l’entoure

« L’entreprise ne vit pas une ile déserte » comme le signale le guide pour la responsabilité sociétale (ISO 26000), mais doit rendre compte de ses activités à diverses parties prenantes qui interagissent avec d’elle. Pour cela, le responsable RSE détermine une cartographie de ces parties prenantes. En pratique, il a deux niveaux de questions à se poser :
– Comment mes activités affectent la société ? Par exemple, est-ce que tous mes postes de travail possèdent un risque acceptable ? N’y a-t-il pas de discriminations dans les salaires ? Quels sont les dangers d’utilisation de mes produits ?
– Comment la société peut affecter ma compétitivité ? Cela concerne des sujets comme la protection de la propriété intellectuelle, le management des talents et le développement de compétences de mes équipes, ou bien les relations avec mes concurrents, mes investisseurs externes.

2 – Sélectionner des thématiques RSE adaptées à chaque pays

L’entreprise peut intervenir dans la limite de ses ressources, qu’elles soient technologiques ou économiques. Mais surtout la valeur ajoutée va se créer des deux côtés : quel est l’impact social, l’innovation sociale créée et quels en sont les bénéfices pour les processus de l’entreprise ? Ces questions sont posées à l’échelle des activités de l’entreprise, qui est différente pour une multinationale ou une entreprise nationale ou locale.

Par exemple, une entreprise qui investit des capitaux dans d’autres entreprises en Inde et en Afrique, définit une stratégie d’intervention RSE basée sur ses territoires géographiques différents. Dans chaque pays une problématique adaptée peut-être choisie. Cela peut aller de l’environnement et la désertification dans certains pays d’Afrique à l’amélioration des conditions de vie des femmes et des enfants en Inde. Ou bien un entreprise internationale préfère s’investir sur un sujet global mondial comme le sida en Afrique, ce qui va avoir aussi des effets sur la productivité et la main d’œuvre en Afrique comme sur l’amélioration des conditions de vie des pays les plus touchés, pays dans lesquelles elle a des entreprises productives. Au niveau local, c’est la même chose en privilégiant des sujets, des entités ou clubs sportifs locaux…etc.

3 – Développer un petit nombre d’initiatives visibles et utiles

Rien de sert de partir dans toutes les directions et de diluer les ressources allouées, il faut cibler des initiatives simples et pragmatiques, et parfaitement accessibles ou compréhensibles par les équipes et le public. Voilà quelques exemples tirés de mon expérience au fil des années.

1er exemple : une entreprise qui exploite une carrière située dans une zone de chasse : il a été important de nouer un dialogue avec les clubs de chasse, de protection de la nature et la municipalité, puis de promouvoir les passages faciles pour les chasseurs ou les promeneurs entre les différentes parcelles. Pour la carrière, cela améliore la récupération paysagée après l’exploitation.
2ème exemple : une entreprise textile qui fait produire des pièces dans le Nord de l’Inde, a noué des liens avec une école de langues pour l’apprentissage de l’anglais pour les enfants et, donner de l’argent à l’achat d’un bus. Ce dernier va dans les villages choisis localement pour apporter des conseils juridiques, et d’hygiène aux femmes isolées. L’entreprise communique via son site marchant en ligne sur le sujet.
3ème exemple : une entreprise de restauration donne des repas régulièrement à des associations d’aide à des populations défavorisées et propose des conseils diététiques. Cela qui est simple et naturel pour ses restaurants et chefs.



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Spécialiste convaincue du développement durable et de la responsabilité sociétale des entreprises, Pascale Marchal Griveaud conduit des missions de coordination dans de nombreux pays (Europe, Afrique du Nord, Asie). Elle travaille sur l’optimisation de systèmes de management ISO, de stratégies ou de reporting en responsabilité sociale, et développement durable pour des firmes internationales. Elle forme également au management interculturel les équipes et les leaders et a acquis des connaissances polyvalentes en développement personnel à travers un outil d’inventaire comportemental pour aider chacun à répondre à des questions comme : quels sont les environnements professionnels qui me sont favorables? Quels sont mes moteurs de motivation ?