Avec 45 vagues de chaleur en France depuis 1947, les épisodes de canicule se rapprochent et s’intensifient. Sur les 5 dernières années, elles ont été 3 fois plus nombreuses que sur les 35 précédentes et le nombre de jours de vagues de chaleur a été multiplié par 9. Selon Météo France « l’intensité des vagues de chaleur est amenée à augmenter dans les prochaines décennies et leur fréquence devrait doubler d’ici à 2050. »

Si la question des conditions de travail se pose naturellement pour les métiers en extérieur, elle se pose également de façon moins évidente pour les salariés travaillant à l’intérieur des bâtiments. Car comment rendre compatible leur confort avec la performance industrielle tout en limitant l’impact climatique ?

Focus sur les techniques de rafraîchissement de l’air intérieur pour améliorer le confort

En effet, le fait de climatiser des locaux professionnels est loin d’être neutre en termes d’empreinte carbone. Par définition, la climatisation vise à maintenir artificiellement des conditions de température et d’hygrométrie à l’intérieur d’un bâtiment quelles que soient les conditions extérieures, en été comme en hiver. L’offre en équipements de climatisation est pléthorique mais le principe de base est toujours le même : un ventilateur aspire l’air du local, ou un mélange d’air intérieur et d’air neuf (air extérieur) et souffle cet air au travers d’un échangeur, pour le restituer à ce même local. Cet échangeur est soit dit à détente directe, soit hydraulique. Dans ce dernier cas, il fera appel au principe thermodynamique pour produire de l’eau froide/chaude.

Contrairement à la climatisation, la ventilation vise « seulement » à améliorer les conditions intérieures, qu’il s’agisse des conditions de qualité d’air ou de la température. Ne comportant pas d’échangeur, l’équipement de ventilation ne peut pas souffler de l’air plus froid que celui présent dans le local ou à l’extérieur.

Enfin, il existe aussi le rafraîchissement adiabatique, nom peu évocateur, derrière lequel se cache en réalité un principe très simple et connu depuis plus de 4 500 ans. Il consiste à utiliser la chaleur contenue dans l’air pour faire évaporer de l’eau et donc refroidir l’air suivant les principes de la thermodynamique. Qu’il soit direct ou indirect l’équipement comportera un ventilateur et un ou plusieurs échangeurs suivant la technologie employée.

Faire rimer climatisation et impact climatique positif

Il est de bon ton actuellement de condamner la climatisation. S’il est vrai qu’il est nécessaire de revoir en profondeur la manière de concevoir et d’exploiter les systèmes et de jauger de leur pertinence dans certains cas, il faut également saluer les efforts consentis sur ce marché.
Sous l’impulsion des gouvernements et grâce à l’implication conséquente des industriels, la climatisation n’a jamais été aussi performante et peu polluante et l’amélioration de son efficience est permanente. La préoccupation principale des professionnels du secteur est désormais de concevoir des installations sur-mesure adaptées à l’usage qui en sera fait et de partager un ensemble de bonnes pratiques.

L’application du bon sens et la rupture avec certains comportements existants sont en effet essentielles. Un espace climatisé ne doit pas empêcher d’adopter certains principes tels que fermer portes et volets ou créer des systèmes d’ombrage, par exemple. Mais il est possible d’aller encore plus loin.

Adopter les bons gestes au quotidien et utiliser à bon escient la climatisation

Des solutions alternatives ou complémentaires à la climatisation existent depuis des millénaires et permettent de garder un endroit frais sans consommer d’énergie ou de ressources naturelles non renouvelables.

Tout d’abord, le large redéploiement et la création d’espaces de verdure à proximité des bâtiments sont des solutions naturelles pour réduire considérablement la restitution nocturne de la chaleur emmagasinée dans la journée. Le coût est extrêmement faible au regard de l’apport en termes d’économie sur les consommations, donc sur l’impact écologique, tout en favorisant l’écosystème et la biodiversité.
Et l’usage de la climatisation doit être globalement repensé. Est-il indispensable pour garantir de façon précise la température intérieure, partout et tout le temps ? Quand des machines produisent beaucoup de chaleur dans une usine et/ou que le processus en question nécessite le maintien au degré près d’une température ou d’une hygrométrie, alors la réponse est probablement oui.

Mais quand il s’agit de climatisation de confort, il convient de tolérer quelques degrés de plus ou de moins et la ventilation et le rafraîchissement adiabatique permettent d’améliorer le confort des occupants tout en permettant une utilisation plus rationnelle des ressources. L’usage intelligent de la ventilation est crucial car il est, de tous les outils de contrôle du climat intérieur, le moins énergivore et le plus écologique. Fermer au maximum les ouvertures du bâtiment vers l’extérieur en journée et favoriser une ventilation abondante durant les heures les plus fraîches de la nuit, en tirant bénéfice de l’inertie des bâtiments, sont des façons naturelles d’éviter le recours à la climatisation. Certains industriels ont déjà adopté cette solution dans la conception même de leurs ateliers. Ainsi, l’Expertise Technology Center de Sintra qui s’étend sur
4 500 m², a été maintenu à 26°C sans recours à la climatisation alors que les températures extérieures frôlaient les 40°C.

On peut également avoir recours au rafraîchissement adiabatique, toujours moins énergivore que la climatisation puisque les fabricants annoncent jusqu’à 90% de consommation en moins. Il permet un rafraîchissement supplémentaire par rapport à une simple ventilation, sans garantir pour autant les prestations d’un système de climatisation. Ce système n’est toutefois pas totalement neutre car en plus de partager, avec la ventilation et la climatisation, la consommation du ventilateur, il entraîne également la consommation d’une quantité d’eau non négligeable.

Avec des périodes de fortes chaleurs qui s’intensifient et gagnent en régularité, il est donc plus que nécessaire de penser voire de repenser les solutions de rafraîchissement de l’intérieur des bâtiments aussi bien pour le confort de ceux qui y travaillent que pour limiter leur impact sur l’environnement et les économies d’énergie. Les solutions existent et des alternatives sont en cours de développement pour assurer un usage intelligent de la climatisation. Mais cela ne doit pas nous empêcher de faire preuve de bon sens et de continuer à adopter les bons gestes du quotidien, de faire preuve de bon sens et de créativité pour continuer de produire dans les meilleures conditions tout en améliorant notre empreinte carbone et en participant à la préservation de la planète.




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Cyrille Bois débute sa carrière chez France Air comme chargé d’études en 1997, puis comme Technico-commercial. En 1998, il rejoint SINTRA comme Technico-commercial puis Ingénieur commercial. En 2004, Cyrille Bois rejoint ATC Aéro Textile Concept. Ingénieur commercial et Responsable des régions Ile de France et Nord, il sensibilise les industriels et institutionnels de ces régions aux enjeux de la qualité d’air en milieu industriel, de l’hygiène des réseaux aérauliques et de la nécessité de mettre en place des systèmes économes en énergie. En 2007, il prend la direction commerciale de SINTRA France, filiale de SINTRA devenue premier fabriquant en Europe de gaines métalliques perforées. Il manage une équipe de 35 personnes en France, pilote le développement stratégique et commercial, et prépare la transition vers les installations de nouvelle génération. Aujourd’hui, directeur commercial de SINTRA France, il pilote et coordonne les activités commerciales en France, Angleterre, Irlande, Belgique et au Maroc, en accord avec les enjeux éco-responsables de la charte éthique de SINTRA, devenue société Benefit (B-Corp).