On aurait pu croire que la pandémie du Covid-19 freinerait nombre de créations d’entreprise. Que nenni ! Un rebond inattendu a été enregistré au cours de l’été 2020 dans l’entrepreneuriat. Parmi les créateurs, de plus en plus de personnes quittent le monde du salariat pour lancer leur boîte. Un virage à 180° les attend alors, tant ces univers ont chacun des codes et des facteurs de réussite différents. Parce qu’un entrepreneur averti en vaut deux, voici 5 conseils pour faciliter ce tournant.

1 – Préparez-vous à faire ami-ami avec le risque

La prise de risque est une des caractéristiques fondamentales de l’entrepreneuriat. En décidant de créer votre business, vous prenez le risque de changer de situation, de sauter vers l’inconnu, et de parier sur un projet qui est à créer de toutes pièces. Décider de tout et être seul maître à bord de son affaire est grisant. La contrepartie : des émotions en montagnes russes et le flirt avec l’inconnu de tous les instants. Pour réussir comme entrepreneur, mieux vaut donc vous préparer à gérer l’incertitude et vous préparer à calculer les risques encourus et évaluer les solutions alternatives ; prendre des mesures pour réduire les risques et/ou contrôler les résultats ; vous mettre dans des situations qui impliquent un défi ou un risque modéré.

2 – Sachez vous entourer pour réussir

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon une étude menée en 2019 par Wydden, 50 % des entreprises disparaissent avant leur 6e année d’existence et 25 % ne dépasseront pas les 2 ans. En revanche, le taux de mortalité descend à 34 % pour les entreprises accompagnées. Se faire aider à la création de l’entreprise accroît en réalité les chances de pérennité à cinq ans de 70 %. Seul, vous avez donc plus de risque de vous planter. En changeant à la fois de métier et de statut (de salarié à chef d’entreprise), il est rare pour une même personne de disposer à elle seule de toutes les compétences et qualités nécessaires.

Prenez donc l’habitude dès le départ de solliciter des mentors, des pairs ou des coachs spécialisés dans le développement d’activité pour vous aider à construire une entreprise performante sur la durée.

3 – Adoptez une approche holistique tête/cœur/corps

Un entrepreneur est un coureur de fond.
 Il va connaître des joies et des succès mais aussi des obstacles, des imprévus et des déceptions. S’y préparer physiquement, mentalement et émotionnellement permet de tenir la distance et la durée. Cette approche holistique induit que la mise en mouvement et le passage à l’action sont possibles uniquement si le mental et les émotions le permettent. Il est donc important d’apprendre le plus tôt possible à savoir comment atteindre la cohérence entre ces trois niveaux.
« Que vous pensiez en être capable ou pas, dans les deux cas, vous avez raison. » disait Henry Ford. Vous aurez beau avoir les meilleures stratégies, si vous manquez de confiance, votre projet en pâtira. Un bon niveau d’estime personnelle et de relation à soi et aux autres est fondamentale dans le succès. Les bénéfices d’une confiance équilibrée sont multiples : la capacité à agir facilement, à rebondir si besoin et à entretenir des relations saines et efficaces avec vos interlocuteurs (clients potentiels, fournisseurs, banquiers, partenaires).

4 – Décomplexer votre relation à l’argent

Sans argent qui rentre, votre entreprise n’en est pas une. Selon votre projet et votre mode de vie, les montants en jeu ne seront pas les mêmes. Si vous êtes seul et que vous lancez un business de services (consulting, coaching, formation), vous aurez besoin de peu de fonds et le démarrage peut être rapide. Si vous ouvrez un commerce ou lancez un nouveau concept, les montants seront plus élevés et vous aurez certainement besoin de trésorerie pour financer les premiers mois d’activité.
Votre relation à l’argent indique aussi la valeur que vous vous accordez. Si au fond de vous, vous pensez ne pas avoir votre place, ne pas mériter de réussir ou qu’il faut travailler très dur pour gagner de l’argent, la réussite commerciale de votre projet risque d’en prendre un coup. Si c’est votre cas, vous avez tout intérêt à travailler ce sujet. La abonne nouvelle, c’est que l’abondance est un muscle comme les autres, il peut s’étirer !

5 – Bannissez le mot « échec » de votre vocabulaire

L’échec est inhérent à la prise de risque. Moyen d’apprentissage, l’échec peut même être le premier pas vers la réussite. Vu sous l’angle psychologique et neuroscientifique, l’échec est simplement une forme de feedback. Il indique si ce que vous faites est adapté ou pas au contexte et chaque résultat non souhaité contient un enseignement apprenant pour la suite. Charge à vous de déterminer les conséquences de cette erreur, le cas échéant, et si vous pouvez agir dessus. C’est ainsi que l’échec a une vertu capitale : sa composante pédagogique.

Il est possible que votre entreprise ne se développe pas comme prévu, qu’un de vos produits fasse un flop dès son lancement ou qu’un partenaire essentiel se révèle un en réalité un amateur aux conséquences fâcheuses.
Rien de grave pour autant. Tous les grands entrepreneurs ont connu ça. Face à une déconvenue ou un échec, adoptez la posture que préconise Charles Pépin dans son ouvrage Les Vertus de l’échec : « Face à un échec comme face à un succès, la question n’est pas : “Qu’est-ce que ça me dit de ce que je vaux ?” mais “Vers quoi ça me projette ?” ».
Dit autrement, que vais-je faire de cet échec ou de ce succès ?
Et parce que la connaissance est la meilleure des préventions, voici les quatre causes d’échec entrepreneurial les plus fréquentes[1] :

  • 45% des échecs proviendraient de carences commerciales : problème de positionnement, de débouché, ou insuffisance d’effort commercial
  • 26 % pour cause de mauvaise gestion : mauvais pilotage de trésorerie, erreur dans l’évaluation du besoin en fonds de roulement, mauvaise gestion
  • 19 % du fait d’un défaut de compétences techniques ;
  • 10 % pour des carences de réseau relationnel ou de management.


Ami lecteur aspirant entrepreneur, vous voilà à présent pourvu de précieuses connaissances pour vous lancer. Loin d’être un simple moyen de création de profit, l’entrepreneuriat est avant tout une voie de création de valeur, aussi bien pour le client que pour l’entrepreneur lui-même.  A l’heure où la quête de sens est dans tous les esprits, ce serait dommage de ne pas l’emprunter, n’est-ce pas ?
[1] selon une étude INSEE de 2009
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