Après avoir investi 5.000€, travaillé dur pendant plusieurs mois et cru en mon projet à 100%, j’ai décidé de fermer ma startup. Cette expérience m’a beaucoup appris, mais j’ai compris que finalement ce n’était pas le bon projet pour moi. On m’avait prévenu : “c’est quasi impossible de réussir sa première startup, tout le monde passe par là”.

25% des entreprises mettent la clé sous la porte avant la fin de la 2ème année

En effet, en France, 25% des entreprises mettent la clé sous la porte avant la fin de leur 2ème année d’existence. En estimant qu’en moyenne 600.000 entreprises se créent chaque année, il y a donc 150.000 entreprises qui ferment tous les deux ans. Pourtant, quand on regarde autour de nous et sur les réseaux sociaux, on ne parle que du petit nombre d’entrepreneurs qui réussissent. Levées de fonds, recrutements records, nouveaux locaux design en plein centre ville. Les signes extérieurs, les articles sur les signes extérieurs de réussite abondent alors que ces entreprises à succès ne représentent qu’une infime partie du total des entreprises créées.

Alors pourquoi ne parle-t-on que de celles qui réussissent et pas des autres ?

C’est en faisant ce constat que j’ai décidé de faire une vidéo sur Linkedin à propos de la fermeture de ma startup intitulée “Pourquoi j’ai décidé de fermer ma boite alors que j’ai réussi à faire 1000€ de CA le 1er mois?”. A ma grande surprise, en moins de deux semaines la vidéo a atteint plus de 100.000 vues, avec des centaines de commentaires d’entrepreneurs et de professionnels. Mieux encore, sur la seule base de cette vidéo 3 entrepreneurs m’ont proposé de s’associer et 5 entreprises ou dirigeants m’ont proposé un poste. En parlant avec les gens, j’ai essayé de comprendre pourquoi ils avaient autant réagi et la réponse était unanime “C’est très rare et inspirant de voir quelqu’un parler de son échec car cela rend l’entrepreneuriat et l’expérience plus accessible “,”plus un entrepreneur raconte l’histoire d’un succès parfait et sans galère, moins j’ai d’empathie pour lui et moins je peux m’identifier”… 

L’échec et le story-telling sont-ils deux outils totalement sous-exploités par les dirigeants et les managers ? 

Entre Steve Jobs et Bill Gates, n’est-ce pas l’histoire rocambolesque de Steve Jobs avec ses succès et ses échecs qui inspire les gens ?  Et si assumer et prouver que l’on sait apprendre de nos erreurs montrait plus une expertise qu’une incompétence ? Jennifer Palmer, experte en communication a fondé Revelio, une agence qui aide les dirigeants à développer leur personal branding, utilise l’échec comme outil de communication : “Quand je coache un dirigeant pour prendre la parole dans en relations presse, j’observe parfois un déni de son échec. Pourtant c’est en assumant pleinement ses erreurs qu’il gagne en légitimité auprès des journalistes mais aussi de ses équipes. Quand il sait analyser d’où vient l’échec, ce qu’il en a appris et comment il l’utilise, il montre ainsi sa vulnérabilité et c’est ce qui le rend attachant, c’est là qu’il va montrer sa vulnérabilité. Ainsi, quand un dirigeant intervient dans une conférence, l’auditoire est souvent friand des anecdotes sur ce qui n’a pas fonctionné. Cela apporte de l’authenticité à son discours, de l’humour et de la proximité.”

Il est normal de connaître l’échec dans un parcours entrepreneurial

Denis Fayolle, serial entrepreneur dans le web, a lancé plus de 16 entreprises avec de beaux succès (cofondateur LaFourchette.com, advisor ManoMano entre autres) mais assume aussi ses 8 échecs. Pour lui aussi : “Ne pas accepter son échec, c’est refuser l’opportunité de comprendre ce que nous n’avons pas vu, c’est refuser d’évoluer personnellement”. Il est ainsi devenu ambassadeur des Rebondisseurs Français, un mouvement pour faire du rebond après un échec entrepreneurial la nouvelle mesure du succès. “Tous ces entrepreneurs sont la preuve qu’il est normal de connaître l’échec dans un parcours entrepreneurial, sous une forme ou une autre.”
Vous l’aurez compris, l’heure n’est plus au dirigeant fort et parfait mais à l’authenticité. Plus vous serez honnête avec vos équipes sur vos échecs, plus vous les inciterez à se lancer, et à innover sans avoir peur de se planter !

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