Le harcèlement vertical descendant, venant de la hiérarchie

Le harcèlement au travail de type vertical descendant est un abus de pouvoir d’un supérieur hiérarchique, il correspond souvent au besoin d’écraser le subordonné pour se mettre en valeur. Ce harcèlement moral a des effets graves sur la santé de la victime. Il  vient  de personnalité de type « obsessionnel », « narcissique » ou « paranoïaque » qui ont besoin de détruire autrui et/ou de valoriser leur pouvoir. Le harcèlement stratégique stresse par des agressions ponctuelles, des conflits ou de mauvaises conditions de travail. Le harcèlement managérial met toujours plus de pression, fixe des objectifs de plus en plus irréalisables, le salarié culpabilise, sur investit dans sa mission et finit par craquer. Il a pour but de le faire démissionner, et de se débarrasser de lui à moindre frais, sans recourir aux mesures légales de licenciement.

Le harcèlement horizontal vient des collègues

Un groupe de salariés exclut l’un de ses collègues, à partir de particularismes de la victime, des différences religieuses,  culturelles, de  son apparence physique, son origine… Le harcèlement horizontal naît souvent de la rivalité entre deux cadres pour obtenir un poste ou une promotion.

Le harcèlement mixte du bouc émissaire

Le hiérarchique et/ou les collègues tiennent une personne pour responsable de tout ce qui va pas. Rapidement cela devient insupportable et le harcelé déprime, change de comportement  et s’isole encore plus du groupe.
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Le harcèlement vertical ascendant

Un cadre, un dirigeant, un supérieur hiérarchique est agressé par un ou plusieurs subordonné pour différentes raisons : sa nomination est mal acceptée, ses méthodes rejetées par le groupe, son type de management refusé. Ce harcèlement moral d’un supérieur par un ou des subordonnés a longtemps été peu pris en considération alors qu’il est aussi destructeur, coute cher à l’entreprise en efficacité et mène certains aux suicides. Le hiérarchique harcelé ne sait pas vers qui se retourner sans s’affaiblir encore plus. Ce harcèlement a été reconnu pour la première fois par la Cour de cassation dans un arrêt rendu le 6 décembre 2011. Selon la Cour, qui rendait une décision sur le jugement de la Cour d’appel de Poitiers, le “fait que la personne poursuivie soit le subordonné de la victime est indifférent à la caractérisation de l’infraction“. Dans le cas concerné, le chef de service s’était suicidé.  Le délit, qui relève du Code pénal, était le fait d’un éducateur de dévaloriser de manière régulière l’action de son chef de service, diffuser de son chef une image d’incompétence auprès de ses collègues et multiplier les actes d’insubordination. Harcèlement si intense que le chef avait fini par se suicider. L’éducateur, jugé par un tribunal correctionnel, reconnu coupable en première instance de harcèlement sur son chef de service, jugement infirmé en appel. La Cour de cassation pour débouter le jugement d’appel rappelle un point crucial : l’article du Code pénal sur le harcèlement moral ne stipule en rien la nécessité d’une soumission hiérarchique de la victime.

Ce sujet du harcèlement pose une fois de plus la question de la place du travail dans notre société. Il se raréfie et engendre des armées de chômeurs qui vivent sa privation comme une injustice, tandis que ceux qui en ont un le vivent de plus en plus mal, la faute au système, à la financiarisation de l’économie, au court-termisme, aux 35 heures, à la mondialisation…. Paradoxe du travail, en général on n’aime pas travailler, pourtant il structure le temps, et le chômage en arrache les repères. En 100 ans la durée de la vie a augmenté de 50 %, celle du travail diminué de 70 %, et le temps libre cru de 300 %. On comprend mieux l’émergence des DRH du bonheur dans tous les pays.
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