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L’affaire Kerviel, un scénario
à rebondissements     

L’affaire Kerviel a déjà inspiré la rédaction de livres, comme celui de Pierre-Antoine Delhommais, « Cinq milliards en fumée : Les dessous du scandale de la Société générale », ou « Le journal de Jérôme Kerviel » de Nicolas Million,  et même une pièce « Le Roman d’un trader »  de Jean-Louis Bauer. Le film de Christophe Barratier*  qui ne reprend pas le titre du roman du trader** s’appelle « L’outsider » retrace dans un contexte comparable à celui du Loup de Wall Street le parcours chaotique du célèbre trader de la Société générale. Le rôle de Jérôme Kerviel est joué par Arthur Dupont, jeune comédien de 28 ans, peu connu du grand public, et celui de son mentor par François-Xavier Demaison, lui-même ancien auditeur de chez PricewaterhouseCoopers.

Le « cash-machine » qui fait gagner
1 milliard d’euros à la Générale

Jérôme Kerviel, le trader martyr de la banque, sorti de l’anonymat en 2008, devient vite un familier des français qui suivent sa saga depuis maintenant 8 ans. Kerviel condamné à 5 ans de prison dont 3 ferme et surtout à 4.9 milliards de  dommages-intérêts, du jamais vu dans l’histoire de la justice française. La hiérarchique de la  banque se dédouane et refuse d’admettre avoir eu connaissance des  prises de positions risquées du trader breton. En 2007 Jérôme Kerviel surnommé « cash-machine » a la baraka, qui engage des sommes faramineuses (50 milliards d’euros) a priori sans prévenir sa hiérarchie, lui fait gagner 1 milliard d’euros, et devient le roi des salles de marchés de la banque. Jérôme Kerviel né en 1977 dans le Finistère, suit des études supérieures et obtient  un DESS de finance. Recruté en 2002 par la Société Générale, il commence sa carrière à ce que la banque appelle le « middle office », il comptabilise les ordres passés par les traders, il apprend vite le métier dans les coulisses des salles de marché, et rapidement passe de l’ombre à la lumière en devant trader en janvier 2004. Le film sera le 22 juin dans les salles obscures.

Les Prud’hommes sévères
avec la Société Générale

La cour a considéré que le licenciement de Jérôme Kerviel en 2008 s’était fait « sans cause réelle et sérieuse » et condamne la banque à lui verser 450.000 euros. Le conseil de prud’hommes estime le licenciement prononcé au début de l’année 2008  pour «des faits prescrits». Pour les juges prud’homaux la Société Générale avait connaissance des dépassements du trader « bien avant » la date de son licenciement. Elle est condamnée à lui verser un bonus de 300.000 euros pour l’exercice 2007 et des indemnités de 150 000 euros dont plus de la moitié payables tout de suite.
Rappelons qu’en 2010, il a été condamné pour « abus de confiance, introduction frauduleuse de données dans un système automatisé et de faux et usage de faux » à 5 ans de prison  dont 2 de sursis et au remboursement du préjudice causé estimé à  4,9 milliards d’euros ce qui selon Le Monde correspondait à son salaire pendant 180 000 ans. En 2014, son pourvoi en cassation se solde par une confirmation de sa  condamnation pénale, et l’annulation des dommages et intérêts dus à la banque sont cassés par la cour. La Société Générale a fait appel de la décision des Prudhommes. La saga Kerviel n’a pas fini de défrayer la chronique et d’inspirer écrivains et cinéastes.

*Christophe Barratier réalisateur change de registre, après son premier long métrage en 2004, Les Choristes ( + de 8,6 millions d’entrées),  Faubourg 36 (+ de 1,3 millions d’entrées) et La Nouvelle Guerre des boutons (+ de 1,5 million d’entrées). 

** Texte de la 4ème de couverture du livre « L’Engrenage : mémoires d’un trader »
« Ce livre rompt le silence auquel je me suis astreint pendant plus de deux ans deux ans pendant lesquels mon nom a été traîné dans la boue par de trop nombreux journalistes, banquiers, hommes politiques ou avocats. Aujourd’hui j’estime qu’il est temps d’établir la vérité. À l’approche d’un procès décisif pour mon avenir, mais aussi pour le système bancaire, j’évoque tels que je les ai vécus les événements qui ont conduit à ma chute. Je refais le chemin qui transforma le simple employé que j’étais en trader. Je raconte dans le détail l’incroyable année 2007 où je fis gagner un milliard et demi à la Société Générale avant que la situation ne se retourne dès les premiers jours de 2008.  Je décris de l’intérieur la réalité des salles de marchés et du monde des traders, et le cynisme d’un système qui tire profit de ceux qui travaillent pour lui, quitte à les lâcher en cas de défaillance. Lorsque je pénétrai dans la célèbre tour de La Défense en août 2000, je ne me doutais pas que, loin de passer la porte du paradis, j’entrai en enfer. Comme je ne me doutais pas qu’en franchissant le seuil du cabinet des juges d’instruction, la vérité n’éclaterait pas. Je souhaite que ce livre interpelle l’opinion publique sur la réalité des pratiques bancaires. Qu’elle y découvre le témoignage d’un homme qui reconnaît ses fautes mais refuse de payer pour un système financier devenu fou. » 

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