La crise et la généralisation du télétravail ont pu être l’occasion pour certains salariés d’effectuer un travail d’introspection sur eux-mêmes qui les a conduit à réaliser que les tâches qu’ils effectuent chaque jour ne correspondent plus à leurs aspirations. Ils se sont alors questionnés sur le sens de leur métier les poussant à remettre en cause leur rôle au sein de l’organisation. Face à ce constat, deux solutions s’offrent à eux : soit ils quittent leur entreprise pour intégrer une autre organisation, voire ils changent carrément de voie professionnelle, soit ils réfléchissent à comment améliorer leur poste, comment l’esquisser par petites touches pour le faire mieux correspondre à leurs appétences. Cette pratique s’appelle le job crafting.

Façonner votre poste selon vos propres envies et aspirations

Le job crafting consiste pour un salarié à façonner son travail afin de s’approprier son poste pour le faire correspondre à ses valeurs, ses aspirations, ses compétences et ainsi y trouver davantage de plaisir et de motivation. Il s’agit pour lui de prendre en main sa vie professionnelle, d’exprimer ce qui lui plaît en modelant son poste selon ses propres envies. Le job crafting, c’est devenir l’artisan de son propre plaisir au travail et de son bien-être professionnel.

Pour réussir à job crafter son poste, deux pré-requis sont cependant indispensables : il faut que le poste s’y prête et que l’organisation le permette. Chez certaines entreprises, cela est inenvisageable. Plus l’entreprise est grande, plus ce sera difficile pour le salarié de pratiquer le job crafting. Contrairement à une petite structure, comme une PME où les opportunités à saisir sont plus nombreuses, où la qualité des échanges et des relations sont par nature plus simples, moins tentaculaires.

Le dialogue : la clé d’un job crafting réussi

Tout salarié qui souhaite modeler son job doit oser en parler à son manager ou à son responsable des ressources humaines car ceux-ci ne peuvent pas deviner leurs envies. Il ne faut pas redouter de dire les choses, de partager ses volontés à sa hiérarchie. La clé est de ne pas avoir peur d’aller au-delà de sa fiche de poste. Ce n’est pas parce que le souhait est là qu’on va l’obtenir mais au moins on est dans une dynamique positive, dans un esprit de construction, d’innovation. Il peut arriver dans les entreprises que certains collaborateurs vivent mal le fait de ne pas s’être vus proposés un poste, mais ils ne s’étaient tout simplement pas manifestés et leur direction ne pensait pas qu’ils seraient intéressés pour accomplir la fonction en question. Attention toutefois, il ne faut pas fantasmer son job, il faut savoir rester pragmatique et réaliste. Dans chaque métier, il y a des tâches qui sont moins plaisantes que d’autres à effectuer mais qui demeurent indispensables et auxquelles il est impossible d’échapper.

De son côté, l’entreprise doit réussir à développer un environnement de travail dans lequel la parole sera favorisée et où le collaborateur se sentira libre d’exprimer ses envies. L’entretien d’évaluation est un moment propice au cours duquel le manager pourra déceler les désirs du salarié en lui posant par exemple la question « qu’aimerais-tu faire dans un monde idéal ? ». Cela pourra également être en embarquant les collaborateurs sur un projet transverse, il s’agira alors pour le manager de les inciter à sortir de leur liste de tâches et de voir comment ils réagissent. Certains d’entre eux pourront ainsi révéler de nouvelles compétences, une capacité à prendre plus de responsabilités par exemple. Pourquoi pas aussi faire appel à un coach qui en tant facilitateur pourra libérer la parole de chacun.

Une expérience collaborateur renforcée et une réponse à la quête de sens

Le job crafting recèle de nombreux avantages. En premier lieu, il améliore l’expérience salarié qui in fine permet à l’entreprise de retenir ses talents : un collaborateur satisfait sera motivé, sera plus performant et n’éprouvera pas le besoin de quitter l’organisation. Or, l’un des moteurs de l’engagement est l’intérêt du travail en lui-même. Le collaborateur doit également ressentir qu’il pourra évoluer au sein de l’organisation, il doit être en phase avec la culture de l’entreprise, et trouver du sens dans ses activités quotidiennes. La possibilité de modeler son job offre tout cela au salarié. Cela participe également à son bien-être.  Celui qui aura la possibilité de construire son poste selon ses propres envies mais aussi ses propres compétences, des compétences qui ne sont pas forcément connues de l’entreprise, se sentira plus épanoui, sera maître de son destin et ne restera pas enfermé dans une situation qui ne lui convient pas ou plus. Enfin, le job crafting permet de répondre à la quête de sens particulièrement prégnante chez les jeunes. Aujourd’hui, ils veulent pouvoir évoluer, développer de nouvelles compétences, avoir de nouvelles perspectives. Permettre au salarié de job crafter son poste, c’est lui donner l’initiative, le responsabiliser et le valoriser, et donc au final lui permettre de trouver du sens dans les tâches qu’il accomplit.



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En 2006 à Toulouse, Pascal Grémiaux fonde Eurécia, éditeur de solutions RH 100% web de gestion administrative du personnel, gestion des talents et d’engagement collaborateur. L'objectif est simple : contribuer à l’épanouissement des entreprises et de leurs collaborateurs en alignant leurs objectifs de performance et de bien-être. Aujourd'hui, Eurécia compte 2000 clients et une communauté de 250 000 membres. Ingénieur de formation (ENSEEIHT Toulouse et école Polytechnique de Montréal), Pascal Grémiaux a complété en 2003 son cursus par un Executive MBA au sein de l’ESCP Europe. Entre Toulouse et Montréal, il a travaillé dans des entreprises du spatial, aéronautique, web, ESN et l’édition de logiciels, avant de créer sa propre société. Il est aussi membre du COMEX du Cluster Digital Place, et administrateur de Tech in France.