Faire des fautes, humiliant et culpabilisant

Fondamentalement, c’est au niveau de l’enseignement primaire et secondaire qu’est la source du problème. Un enseignement du français réduit de moitié par rapport à ce qu’il fut jusque dans les années 1970, l’essai de nouvelles méthodes pédagogiques souvent avérées stériles, donnent aujourd’hui des dizaines de milliers de bacheliers et d’étudiants qui font, en moyenne, 14,7 fautes pour 10 lignes manuscrites. Lorsqu’ils se retrouvent salariés d’entreprises ou d’administrations, dans l’obligation de rédiger emails, lettres, rapports et autres écrits professionnels, ils ne peuvent, d’un coup de baguette magique, savoir subitement accorder les participes passés, se sentir à l’aise avec les conjugaisons ou ne plus hésiter devant les doublements de consonnes. Ils continuent, en dépit de l’aide apportée par les correcteurs orthographiques du traitement de texte, à faire des fautes. Ils le vivent comme une humiliation, connaissant leurs faiblesses,  le jugement d’autrui les persuadant qu’ils devraient avoir honte de si mal connaître leur langue maternelle, et ils le vivent comme une culpabilité car c’est l’image, le sérieux de leur entreprise qu’ils dévalorisent ainsi.

Les entreprises disent « Stop ! »

On le comprend aisément, un client potentiel qui reçoit un courrier comportant plusieurs fautes d’orthographe se détourne et choisit de s’adresser ailleurs. Les chefs d’entreprises le comprennent si bien qu’ils refusent, de plus en plus, de subir ce genre d’aléas : leurs recruteurs sont chargés de veiller au grain en imposant l’orthographe parmi les critères d’embauche. Les lettres de motivation avec des fautes sont écartées, les postulants doivent souvent passer sous les fourches caudines d’un test d’orthographe. Il devient ainsi, pour les entreprises, très difficile de recruter des personnes capables d’écrire correctement. Et face aux fautes, ce sont tous les niveaux hiérarchiques qui sont concernés : dirigeants, cadres et simples salariés.

Le DIF au secours de l’orthographe

Deux voies pour pallier ses lacunes en français et se remettre à niveau : on peut le faire seul, avec des livres et/ou des programmes en ligne sur Internet, ou, si l’on est salarié, on peut profiter du droit individuel à la formation (DIF) pour suivre un stage en présentiel et se faire aider d’un formateur. La première solution, comme tous les apprentissages en autonomie, demande de la volonté, de la persévérance et de bonnes capacités organisationnelles. Les bonnes résolutions avec lesquelles on prend cette voie ne mènent pas systématiquement au but escompté car les partants se découragent parfois avant de l’atteindre. Certaines formules de e-learning ont cependant le vent en poupe, comme le projet Voltaire qui attire de nombreux étudiants.
Lecture associée 82 % des recruteurs sont sensibles à l’orthographe des candidats

Des stages pour cadres et dirigeants

La seconde solution est à la fois rapide et confortable. En deux jours de formation intensive, les participants revoient les fondamentaux de l’orthographe et de la grammaire. De nombreux exercices permettent une intégration rapide des connaissances et l’encadrement de formateurs spécialistes du français est une aide d’autant plus efficace qu’elle s’adresse à de petits groupes. Le suivi, optionnel, peut se faire ensuite individuellement, par téléphone et Internet. Des professionnels de l’écrit apportent aujourd’hui leur savoir-faire à ces formations, telle la maison d’édition Narratif qui, avec le soutien de l’Institut des Lettres et Manuscrits, propose à Paris des stages destinés aux cadres et dirigeants d’entreprises (en individuel ou en groupes de 2 à 5 personnes) dans leurs locaux ou dans le superbe environnement de l’Institut, éden du monde de l’écrit.