A l’heure ou seulement 8 à 10 % des entreprises françaises ont mis en place un support psychologique pour leurs salariés, la notion de responsabilité ne devrait-elle pas commencer par prendre soin de ceux qui sont au cœur et moteurs de l’entreprise : ses collaborateurs ? 

Apparue dans les années 60, l’idée que les entreprises – et surtout les plus importantes d’entre elles – poursuivent des fins qui ne sont pas seulement personnelles et mercantiles mais bien collectives, s’est concrétisée dans les années 90 par la création des agences de notation sociale et environnementale, et dans les années 2000 autour de la notion de Responsabilité Sociétale des Entreprises, portée par les organismes internationaux, dont la Commission Européenne.

La RSE doit prendre une juste part de l’aide à apporter aux salariés

Du Global Compact à la norme ISO 26000, et jusqu’aux lois découlant du processus du Grenelle de l’environnement en 2007, le nombre de référentiels s’est multiplié, parfois au risque d’une certaine illisibilité qui n’a pas manqué d’alimenter les critiques, en particulier celles présentant le rapport RSE comme un outil de légitimation.
La pandémie actuelle pourrait permettre, dans des circonstances exceptionnelles, de couper court à une partie de ces critiques. Le grand retour des États dans la régulation de la sphère économique ne doit pas éclipser la part que revendiquent les entreprises dans le destin collectif. En effet, comment se plaindre d’un trop grand interventionnisme étatique en temps de paix sanitaire, et se défausser en des temps de pandémie ?
Considérant les salariés comme l’une des premières parties prenantes des entreprises, la RSE devrait en toute logique permettre aux entreprises d’effectuer un recentrage sur le cœur même de leur fonctionnement, en prenant une juste part de l’aide à apporter aux salariés ;

Se recentrer sur des gestes concrets dédiés véritablement au bien-être des salariés

Alors oui, utilisons enfin le mécanisme et les volontés de la RSE pour se recentrer sur des gestes concrets dédiés véritablement au bien-être des salariés en lieu et place de l’ersatz de bien-être promu par le développement de cours de yoga en usine ou de la présence d’un pressing aux portes des ateliers.
Le « prendre soin » des aspects matériels et immatériels des salariés, mis à mal en cette période doit désormais devenir un leitmotiv central pour répondre à une situation actuelle inédite : nous imposant un paradoxe continu, entre le confinement subit conduisant à un télétravail bien souvent péniblement compatible avec la vie de famille, et l’exposition au virus dans la poursuite du travail tel qu’il était avant la pandémie.
Alors oui, les salariés sont aujourd’hui soumis à des injonctions paradoxales, des craintes et des peurs qui peuvent toucher tous les niveaux hiérarchiques, du directeur à l’ouvrier, du manager à l’employé de nettoyage.

Prendre soin des salariés en ces temps de pandémie passe bien entendu par des mesures de soutien économique à ceux qui se retrouvent en difficulté – sous-traitants, salariés exposés au « risque COVID » … – mais c’est aussi, et surtout, assurer un suivi de la santé psychologique, en ayant recours, au besoin, à un tiers extérieur, en lien avec la médecine du travail et les structures déjà en place.
Si cette crise doit aujourd’hui nous remettre sur les rails d’une RSE réellement responsable, c’est en considérant qu’avant d’être des « personnels », les salariés d’une entreprise sont avant tout … des personnes.

Eutelmed, expert de la qualité de vie au travail et de santé mentale des salariés

Eutelmed (www.eutelmed.com), plateforme web d’accompagnement psychologique et psychiatrique des salariés, propose des solutions 2.0 aux organisations internationales et aux ONG dans plus de 40 langues (du conseil managérial à l’assistance psy 24/7, jusqu’aux soins). Fondée en 2010 à la faculté de médecine de l’hôpital Cochin, au sein de l’incubateur Paris Biotech Santé, pionnière de la santé mentale 2.0 des salariés en France ou expatriés, quel que soit leur problème ou angoisse (mal-être au travail, addictions, troubles anxieux… etc), avec un réseau international de plus de 200 professionnels de santé.