Il y a quelques années, pouvoir travailler depuis chez soi ou dans un espace de co-working loin de Paris était une pratique inhabituelle voire exceptionnelle. Aujourd’hui, une pandémie mondiale et plusieurs confinements plus tard, une grande majorité d’entreprises mettent en place de nouvelles organisations de travail hybride et plus flexible, poussées par la forte demande des salariés. D’après l’INSEE, en 2021 un salarié sur cinq a télé-travaillé chaque semaine en France, et ce chiffre continue de croître en 2022. Avec la mise en place forcée du travail hybride pendant la crise sanitaire, les travailleurs se sont habitués à pouvoir concilier engagements professionnels et vie familiale tout en économisant du temps et de l’argent en renonçant aux trajets quotidiens. Aux yeux des salariés, le télétravail est aujourd’hui considéré comme un véritable acquis social auquel ils ne sont pas prêts de renoncer…

« Le télétravail, acquis social de la crise sanitaire »

Une enquête réalisée par le site d’emplois en ligne Météojob1 fin 2021 montre que la distance domicile-travail est le premier critère des Français en recherche d’emploi (60%), devant le salaire (44%). De l’autre côté de la Manche au Royaume-Uni, le plus grand site d’offres d’emploi au monde Indeed a vu les recherches du terme « hybride » augmenter de + 6 531% entre avril 2021 et avril 2022. Et ce point semble encore plus important pour les jeunes talents ayant débuté leur carrière pendant la crise. D’après le rapport People at Work 2022(2), 53% des 18-24 ans en France envisageraient de quitter leur entreprise si leur employeur leur refusait des options de travail flexible.

D’ailleurs, quitter leur entreprise ne fait pas vraiment peur aux salariés français qui profitent aujourd’hui du dynamisme du marché du travail et n’hésitent pas à démissionner pour un poste qu’ils estiment mieux leur convenir. Le nombre historiquement élevé de démissions enregistré début 2022 en témoigne, avec près de 520 000 démissions dont 470 000 CDI (3).

Les employés ont réussi à faire du travail hybride un élément déterminant autant pour attirer que pour retenir les talents. L’époque où seules les incitations financières et les voitures de fonction suffisaient à faire pencher la balance pour telle ou telle entreprise est révolue. Vient désormais l’ère de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Et cette fois-ci, ce sont bien les employés qui sont à la manoeuvre.

« Les relations sociales, clé de voûte du bonheur au (télé)travail »

Mais pour beaucoup d’entre eux, pas question de passer à un rythme 100% en télétravail. Car le bonheur au travail c’est aussi et avant tout les liens sociaux. 4 salariés sur 10 estiment que la relation avec ses collègues est l’ingrédient clé de l’épanouissement au travail (4). En réduisant le temps de présence au bureau, le travail hybride permet d’augmenter la qualité du temps passé en équipe et des interactions sociales. Une récente étude conduite dans plusieurs pays dont la France par la société Citrix5 a révélé que 71% des travailleurs hybrides affirment avoir un lien fort avec leurs collègues contre 63% des travailleurs en présentiel. La liste des avantages du travail hybride pour les employés est longue : flexibilité d’organisation, réduction des
trajets, meilleur équilibre entre vie pro et vie perso, etc. Finalement dans ce contexte de mutation du marché du travail, les salariés ont réussi à faire du travail hybride leur exigence.

1- Enquête réalisée les 25 et 26 octobre 2021 par le site d’emploi Meteojob, via un questionnaire en ligne adressé à ses 8 millions d’utilisateurs, et l’analyse des 1313 réponses reçues
2 – https://www.fr.adp.com/ressources/insights/people-at-work-2022-l-etude-workforce-view.aspx
3 – https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/la-france-vit-elle-une-grande-demission
4 – https://www.opinion-way.com/fr/component/edocman/opinionway-pour-microsoft-le-bonheur-au-travail-decembre-2020/viewdocument/2489.html?Itemid=0

 

 




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48 ans, Directeur Général d’IWG France, leader mondial des espaces de travail flexibles et innovants, Christophe est en charge de conduire les activités opérationnelles et la profitabilité des marques du groupe telles que Regus et Spaces et siège au conseil de surveillance de Stop and Work, autre réseau de tiers lieux innovants, dont IWG est actionnaire majoritaire. Il est également responsable de définir et de mettre en œuvre les initiatives de croissance, notamment le développement du réseau d’IWG en France, s’associant à des acteurs-clés du marché au travers de partenariats stratégiques. Diplômé de l’Institut Supérieur du Commerce à Paris, il a développé sa carrière dans le secteur de l’informatique, au sein de sociétés IBM, Compaq, Hewlett Packard et Dell, à des fonctions de directions ventes et Marketing, dont 4 ans aux Etats-Unis. Plus récemment, il a occupé les fonctions de Vice-Président Europe, Ventes et Services au sein d’Honeywell Safety Products.