Ingénieur informatique à la RATP où il fait partie du dispositif “Athlètes de Haut Niveau” depuis 2009, Ulrich Robeiri est devenu le 20 juillet champion du monde à l’épée, en battant à Kazan (Russie) en finale le Sud-Coréen Park Kyoung-doo, 15 à 12. Explications sur un dispositif gagnant qui permet à la RATP de soutenir en permanence une dizaine d’athlètes de haut niveau en leur offrant la possibilité de poursuivre leur carrière sportive tout en intégrant le monde de l’entreprise. Et qui aide également ces athlètes à préparer leur reconversion via une convention d’insertion professionnelle subventionnée par le ministère des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports leur permettant de bénéficier au sein de la RATP d’un CDI mi-temps annualisé et aménagé en fonction des grandes échéances sportives.

Une double vie

Comme l’explique Ulrich Robeiri, “J’ai deux types de journées, dans la première, je m’entraine le matin de 9h à 10h puis je vais travailler à la RATP jusqu’à 18h avant de m’entrainer de nouveau seul le soir. Dans le deuxième type de journée, je vais travailler jusqu’à 16h puis je m’entraîne à l’INSEP de 16h30 jusqu’à 19h”. C’est en janvier 2009 qu’Ulrich Robeiri, qui était devenu champion olympique d’épée par équipe lors des JO de Pékin 2008, a intégré l’équipe d’”Athlètes de Haut Niveau” de la RATP. Licencié au club d’escrime de Levallois et diplômé de l’École d’ingénieurs Polytech’Paris-UPMC, Robeiri a rejoint en tant que maître d’œuvre informatique le département des Systèmes d’information et de télécommunications de la RATP.

Déjà quintuple champion du monde par équipes avec ses coéquipiers tricolores (2005, 2006, 2007, 2009, 2011), Ulrich Robeiri remporte à 31 ans le premier grand titre individuel de sa carrière. C’est une belle récompense pour cet ingénieur informatique qui a débuté l’escrime en Guyane à l’âge de 8 ans, puis a intégré successivement les pôles espoir des Abîmes en Guadeloupe et de Reims avant de rejoindre l’Insep à 19 ans, année où il a été champion du monde Junior. Et les médailles pourraient ne pas s’arrêter là pour lui puisqu’il sera également en piste pour la compétition par équipes qui se déroule aujourd’hui et demain.

Les autres athlètes soutenus

Ulrich Robeiri n’est pas le seul athlète à être soutenu par la RATP. Comme il est indiqué sur son site, l’entreprise para-publique  a soutenu le programme “Athlètes de Haut Niveau” depuis sa création en 1982. La RATP accorde une priorité aux sportifs de haut niveau issus de son club historique, l’US Métro. Cela a été notamment le cas de deux lutteurs : Sébastien Hidalgo, agent de sécurité, cinq fois champion de France de lutte gréco-romaine et Audrey Prieto, agent de maîtrise sécurité, championne de France (2005), puis championne du monde (2007) et vice championne d’Europe (2010) de lutte féminine.

D’autres athlètes de la RATP ont également gagné des trophées comme  Gautier Simounet (guide de déficient visuel), agent de maîtrise RATP, qui a remporté en juillet 2013 une médaille de bronze au relais 4×100 lors du championnat du monde à Lyon. Sans oublier la judoka Marielle Pruvost, ingénieur d’études géotechniques. Enfin comme nous l’avions écrit dans un article précédent, JO de Sotchchi : champions et fonctionnaires, de nombreux athlètes qui ont participé aux JO de Sotchi en février dernier sont des fonctionnaires qui travaillent à la SNCF, sont douaniers ou militaires.



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Sophie Lhameen, journaliste multimédia (web et print), a travaillé pendant 15 ans comme journaliste spécialisée sur l'Afrique avant de devenir en 2008, rédactrice en chef adjointe du magazine Le MOCI (Moniteur du commerce international) jusqu'en janvier 2013. Ses centres d'intérêt : l'entreprise, le management, les ressources humaines, l'emploi, l'économie, l'intelligence économique et de l'international. Google+