Votre capital professionnel reste intact

Dans notre système, l’argent est symbole de réussite sociale et gage de respectabilité.  Le salaire est un ancrage fort dans le monde du travail et reflète votre situation à un moment. Depuis des années, vous êtes évalué, audité, pesé, apprécié, mais le seul prix valable est celui qui se trouve sur votre fiche de paie. Le jour où vous perdez votre  job vous n’en êtes pas pour autant démonétisé.  Vous avez une valeur intrinsèque, un capital professionnel qui se détermine par ce que vous gagnez en louant votre  travail à une entreprise.
Si vous avez un revenu annuel qui vient d’une somme d’argent placée au taux de 5 % vous pouvez à partir de revenu versé en déduire le montant du capital investi. Par exemple à 5 %, si vous appliquez ce raisonnement à votre travail,  l’estimation de votre capital se fait en multipliant votre salaire annuel par 20. Prenons un exemple : votre travail vous  rapporte 70 000 euros par an, si vous considérez cette somme comme le revenu d’un capital, au taux de l’argent à 5 % par exemple, votre valeur en capital est égale à 70 000/5 x 100  soit 1.400.000 euros.
Le plus important à prendre en compte, c’est que ce capital professionnel reste intact au moment où vous êtes  licencié, et surtout personne ne peut vous le voler, c’est votre fortune et votre patrimoine qui ne sont pas placés tant que vous n’avez pas signé un nouveau contrat de travail.
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Votre valeur “marchande” dépend du marché

Au-delà de ce capital, votre valeur socio-professionnelle varie selon la période, le métier, la rareté de votre profil, la place de votre fonction dans l’organigramme. Sur le marché de l’emploi offres et demandes se rencontrent et dégagent de grandes typologies de candidats, dans lesquelles vous pouvez vous  identifier :
– Le cadre banalisé rentable : actif compétitif à faible marge, le plus général et répandu, vous occupez une fonction classique dans la production, la vente, la gestion, le secrétariat … Sur ce marché très large, vous devez jouer serré dans la négociation salariale et ne pas attendre de miracle, car la concurrence est rude!
– Le cadre banalisé en perte de vitesse : actif en déclin à faible marge dans des activités qui s’automatisent, se délocalisent, etc … Ce marché se réduit peu à peu avec des salaires à la baisse.
– Le cadre différencié très rentable: star compétitive  en croissance et à grosse marge dans l’informatique, le multimédia, l’électronique, la finance, les télécom, les sciences de la vie … Ce marché se porte bien ou explose, opportunités nombreuses, concurrence faible ou supportable, salaires confortables voire royaux.
– Le cadre différencié en voie de développement : nouveau potentiellement à grosse marge mais aussi à risques, pour le commerce électronique sur Internet, l’agriculture biologique, l’environnement ou les énergies renouvelables, les prestations de nouveaux services à domicile … Pas encore évident à cerner, et c’est souvent à vous de le créer, vous prenez le pari d’être en avance sur votre temps, en revanche, il n’y a  pas de concurrence ou peu, et c’est le “jackpot” si le marché explose.
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Votre goodwill émotionnel

A côté de la valeur mesurable, vous avez une valeur immatérielle, une sorte de goodwill personnel qui varie selon les interlocuteurs et leur propre ressenti.  L’argent du salaire est important, et vous devez lui accorder l’attention qu’il mérite car il structure beaucoup de choses et  circule librement dans la vie, mais vous devez rester économiquement sain et psychiquement équilibré. Porte ouverte enfoncée : faites de l’argent votre serviteur et restez autonome sur le plan financier. Vous devez vous en libérer, sinon vous risquez de donner  au job le plus abrutissant l’aura qu’il n’a pas. L’argent reste un moyen d’échange universel, mais il ne peut pas tout :
Il peut acheter une entreprise, mais pas la réussite,
un titre, mais pas une compétence,
un e phone, mais pas le temps,
un diplôme, mais pas une expertise,
une situation, mais pas le respect,
un coach, mais pas le talent,
de l’argent, mais pas la rentabilité,
des flatteurs, mais pas la reconnaissance,
internet mais pas l’ubiquité,
un thème astral mais pas la foi en soi,
des collaborateurs mais pas l’esprit d’équipe,

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Pour gagner de l’argent,
mieux vaut l’évacuer de votre stratégie

Comme il  vous en faut, mieux vaut adopter une  tactique alimentaire qui vous donne le temps de réussir votre projet. Vous l’oubliez pour ne pas en dépendre, le supprimez de votre discours pour mieux le capter. Libre de considérations matérielles, vous en devenez plus spontané, convainquant, les inclinations du cœur ou de l’esprit priment dans votre démarche… Le travail est trop souvent appréhendé à travers des chiffres et des ratios, alors un ressenti  définit votre choix d’une profession, un engagement, la solidarité au sein d’une équipe et  le partage d’émotions. Vous faites  des amis de travail, vous vous identifiez avec fierté à une corporation, à un métier ou à un secteur d’activité; vous choisissez un job qui vous enrichit d’émotions, et un travail source de plaisir est toujours mieux rémunéré. Vous pouvez ne pas aimer le travail, mais être amoureux d’une activité, d’un produit, d’un service, d’un business…  Plus vous aimez un métier et son environnement, mieux vous le faites, plus vous serez payé, vous le serez doublement puisque le  plaisir de le faire est en soi aussi une rémunération.
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5 Commentaires

  1. Je viens de lire (incité par LinkedIn) votre article. Intéressante votre approche de l’évaluation du capital professionnel d’une personne au chômage et donc, comme le dit si bien Catherine, “offreur de services”. Il ne faut pas la prendre bien sur au premier degré du pied de la lettre comme quelqu’un semble l’avoir fait, mais dans son esprit : sachons regarder la lune et non pas seulement le doigt qui la montre. C’est une réflexion motivante pour l’offreur de services : il n’a pas, parce qu’en rupture (transitoire) avec le monde du travail, perdu sa valeur de personne riche de compétences. C’est pour lui le moment de faire le point sur cette valeur et de se projeter vers le futur professionnel ou personnel ou combinant les deux…Par ailleurs un capital est aussi censé rapporter des intérêts qui peuvent venir se cumuler au principal. Cela doit faire conscience de l’importance de la notion “d’employabilité”, maintient et accroissement de la valeur du capital de base par l’acquisition, en permanence, de compétences utilisables dans tout investissement possible dans le monde du travail.Peut-être faut-il se poser “une fois par jour” les questions “Que sais-je faire ?”, “Avec ce que je sais faire, que puis-je faire ?”, “Que veux-je faire ?”, “Que devrais-je apprendre de plus pour pouvoir faire ce que je veux faire, maintenant ou plus tard ?”.

  2. La plupart des choses importantes dans le monde ont été accomplies par des gens qui ont continué à essayer quand les autres désespéraient. Confronté à la roche, le ruisseau l’emporte toujours, non pas par la force mais par la persévérance.

  3. Merci pour ce merveilleux message positif sur ce statut d’Offreur de Services (que je préfère à demandeur d’emploi et encore pire chômeur).Oui une période d’entre-deux-postes est une chance à part entière, celle de de prendre du recul, de mettre à plat ses compétences, de se perfectionner dans une technique, de se former à une nouvelle expertise, de lire, d’échanger, de créer des liens, d’évoluer vers une nouvelle fonction même si notre pays aime les profils normés. Dans la théorie, la transversalité des compétences et le changement sont encensés, dans la pratique ces concepts dérangent et réveillent des peurs chez nos interlocuteurs. l’opportunité aussi de consacrer du temps à sa famille, à ses enfants, de faire un voyage, de faire des travaux dans sa maison, de se recentrer sur soi, sur ses valeurs, sur le sens qu’on veut donner à sa vie.
    A 20 ans, on se lance, à 30 ans, on contruit, les enfants sont là, à 40 ans, début de prise de conscience, à 50 ans, une expertise, un enthousiasme intact, une belle énergie à mettre au service de l’entreprise, car nous allons travailler encore au moins 15 ans. Une expérience de la vie, une philosophie qui peut faire de nous des guides, des accompagnateurs pertinents pour tous ces jeunes en décrochage scolaire, en perte de repères, de projet et de rêves. Merci encore à vous de nous ramener à l’essentiel, de nous rappeler combien la vie peut être simple, belle et fluide.

  4. Cet article est faux. Vous prenez une valeur annuelle que vous actualisez comme une perpétuité avec un taux tiré d’on ne sait où. De plus, vous faites une comparaison grotesque entre revenus du travail et du capital.
    1) Votre 5% n’a pas de sens 2) votre calcul engage la notion de perpétuité, et donc d’immortalité: combien de travailleurs immortels connaissez-vous? 3) vous ne tenez pas compte des croissances salariales; et même: comment évaluez-vous un salaire dans 30ans? Tout au plus répondez-vous à la question suivante: combien dois-je avoir placé dans un titre me rendant 5% par an, sans réinvestir et sans croissance pour obtenir mon salaire actuel. De plus, quid de l’effet des taxes? Je suis désolé, mais de mon point de vue, la valeur d’un travailleur se situe par rapport au marché du travail, pas par rapport au marché du capital. Il suffit de s’arrêter là, point. Vous dites concerner les cadres, c’est bien cela? humhum … Cordialement, Jean

    • Merci de votre commentaire, franc, direct et péremptoire. je comprends, cela vous choque, mais je ne compare pas le travail au capital, même si cela est un sujet d’actualité. Comparaison n’est pas raison. Le but de cet article est de faire prendre conscience que lorsqu’un cadre perd son emploi, il n’en n’a pas pour autant perdu de sa valeur professionnelle “achetée” (que vous le vouliez ou pas) ou vendue par le cadre (à vous d’apprécier). L’article est fait pour rassurer la personne et lui permettre de voir l’avenir justement. Prenez le taux que vous voulez, nous donnons un exemple, il y a bien un “marché” de l’emploi où se rencontrent une offre et une demande, et des salaires à la hausse ou à la baisse selon les secteur et la rareté des compétences, chaque cadre a une valeur intrinsèque, son capital professionnel et humain, et au-dela de sa valeur marchande il y a tout son capital humain, ses aspirations, ses valeurs immatérielles, ses motivations, ses talents…. Ce qui semble vous choquer est pour nous un exemple bien intentionné, pas une approche financière, désolé de ne pas avoir été plus explicite, vous réagissez en financier pur, peut-être votre métier ou votre formation. Nous ne parlons pas de la “valeur d’un travailleur” mais de celle de son potentiel professionnel, vous avez raison, cette appréciation n’a rien à voir avec le marché du capital, (même si la loi de l’offre et de la demande y est de régle dans les deux). En revanche, vous ajoutez “il suffit de s’arrêter là. Point.” Avoir le dernier mot ne veut pas dire avoir raison. Nous cherchons le débat, l’échéange d’idées, la contradiction, le respect de l’autre en apportant des idées, des exemples, des conseils… Enfin cet article est tiré de “Curriculum à éviter” un ouvrage qui traite de la recherche d’emploi que je vous invite à télécharger “gratuitement”, sa lecture complète vous donnera une opinion définitive sur notre vocation à l’égard des cadres. Enfin, l’entretien de visu est toujours envisageable, si le coeur vous en dit, et/ou la publication d’un article plus détaillé dans le prolongement de votre commentaire, ou sur un autre sujet qui vous inspire. Bien cordialement
      P-E T

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