Envoyer un business plan à la bonne personne

Une des raisons pour laquelle les business plan ou les présentations de projet ne sont pas lus, c’est que le business plan est envoyé à une personne qui n’investirait jamais dans votre projet. En effet, une mauvaise pratique consiste à appliquer le principe suivant : « plus j’envoie mon business plan à un maximum d’investisseurs, plus j’ai de chance d’être financé ». Or, c’est une perte et un gaspillage de temps. Vous devez sélectionner les investisseurs auxquels  vous comptez l’envoyer. En effet, certains n’investissent que dans un secteur d’activité spécifique. D’autres ont déjà investi chez vos concurrents. Pour certains votre projet sera trop grand ou trop petit. Bref, en fonction de votre projet et de votre demande, vous ne devez envoyer la présentation qu’aux fonds pour lesquels vous respectez les critères d’investissement et qui ont le plus de chance de vous financer. En une phrase : sélectionnez les investisseurs avant d’être sélectionné par eux.

Soigner son « executive summary »

Par principe, tous les business plan ne peuvent pas être lus par un investisseur. Une journée dure 24h. Une journée de travail 18h maximum. Lire un business plan prend du temps. L’investisseur doit donc sélectionner parmi les dossiers reçus, ceux pour lesquels il peut consacrer du temps. Vous devez donc lui faire gagner du temps en rédigeant un executive summary de qualité. Ce dernier doit être vendeur, professionnel, court (2 pages maximum).

Points-clés business plan

Respect des critères d’investissement du fonds
Une besoin important clairement identifié
Une solution appropriée
Un marché conséquent, attractif
Un positionnement clairement défini
Une équipe complémentaire qui exécute rapidement
Les premiers succès
Premiers clients
Retours de clients
Première version
Retombées presse
Les perspectives financières et la demande d’investissement

Faire court : 20 pages maximum

Tout comme un film de 5 heures (aussi extraordinaire soit-il) a peu de chance de devenir un blockbuster (on privilégiera une trilogie dans ce cas), un business plan de 100 pages est le meilleur moyen de finir… dans la corbeille. Facilitez la tâche du lecteur : faites court ! 20 pages maximum. D’ailleurs, mieux vaut oublier le business plan lors des premiers rendez-vous. Un executive summary et une présentation de 10 slides pour commencer et donner envie sont suffisants. Ensuite seulement, le business plan permettra à l’investisseur de décortiquer votre projet et vous poser des questions plus fines.

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Etre introduit auprès de son interlocuteur

Vous souhaitez être lu ? Dans ce cas, se faire introduire par une personne expérimentée ou de confiance permet de démultiplier les chances d’être lu. C’est pourquoi passer par un leveur de fonds peut s’avérer efficace, surtout si ce dernier est reconnu dans la place. En effet, rémunéré en grande partie à la commission,  (% sur les fonds levés), le leveur de fonds se doit de sélectionner les projets avec lesquels ils souhaitent travailler. Dès lors, les fonds regardent avec un œil plus attentif les dossiers apportés par un leveur  car ils savent que ce dernier a déjà opéré une sélection. De même, être introduit par une personne de confiance démultiplie les chances de succès (tout comme être recommandé pour un emploi). Cela peut être par le label d’un concours, par des mentors vous accompagnant ou par une personne au sein de votre board ou du conseil d’administration.

La forme du business plan doit être soignée. Ne l’’oubliez pas,  la forme donne la première impression et doit être travaillée autant que le fonds. Votre business plan doit donner envie d’être lu.  N’hésitez pas à l’illustrer, par des schémas, des photos (de votre produit, de l’équipe, etc…). Le document doit être le moins impersonnel possible. Travaillez votre mise en page pour qu’elle donne envie de lire, mettez un peu de couleur et aérez le ! Un business plan soigné montre que vous êtes rigoureux et que vous avez le souci de communiquer (qualité essentielle chez un entrepreneur), ce qui donne une très bonne impression pour la suite. En suivant ces conseils vous augmenterez sensiblement vos chances d’être lu.

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Gaetan Baudry, Paris
Gaëtan Baudry est le fondateur de Legal’Easy, une start-up créée en mai 2012 dont l'objectif est de simplifier les démarches administratives et juridiques des entrepreneurs. Il a débuté sa carrière au sein de la junior entreprise de l'Essec, où il a été successivement chef de projet et président. Il a ensuite travaillé aux Fondations Edmond de Rothschild pour y développer le département entrepreneuriat social. Il y a coaché pendant trois ans des entrepreneurs, les aidant à développer de nouveaux business models, à rédiger leur business plan et à réussir leur pitch. https://www.my-business-plan.fr/