Série d’été « Les grands dirigeants du sport » 8/14

Vice-président du Comité international olympique (CIO) à deux reprises (en 1987-1991 et en 1996-2000), le Canadien Richard William Duncan Pound, plus connu sous le nom de Dick Pound, a été à l’avant-garde de la modernisation du CIO et de l’accroissement de ses ressources en étant à l’origine des négociations relatives aux droits de télédiffusion, au marketing et au sponsoring olympique. Homme de principes, il a été le « nettoyeur » de différents scandales de corruption et un inlassable avocat de la lutte contre le dopage en créant en 1999 l’Agence mondiale contre le dopage (AMA) qu’il a présidée jusqu’en 2007. Portrait de ce gestionnaire hors pair tiré de l’ouvrage* « Les grands dirigeants du sport » coordonné par Emmanuel Bayle.

Nageur de haut niveau et avocat

Né en 1942 à St Catharines dans l’Ontario au Canada, Dick Pound a débuté comme nageur de haut niveau. Il s’illustre aux JO de Rome (1960) en terminant 6ème au 100 m libre et remporte plusieurs titres nationaux. Dès 1965, il occupe un poste de directeur et de trésorier pour la section québécoise de la Fédération de natation amateur du Canada. En 1968, à l’âge de 26 ans, Pound est élu au sein du Comité exécutif de l’Association olympique du Canada (AOC), un siège qu’il occupe toujours à ce jour. Il deviendra successivement secrétaire général (1968-1976) et président (1977-1982) du Comité olympique canadien (COC). Cela le place en bonne position pour devenir en 1978 membre du CIO dont il va gravir successivement les échelons.

Businessman olympique à l’échelle mondiale

Devenu l’homme de confiance du nouveau président du CIO Juan Antonio Samaranch, Dick Pound va s’imposer rapidement comme le responsable de tous les dossiers touchant la commercialisation des JO et du CIO. Nommé en 1982 membre de la Commission des nouvelles sources de revenus, il prend la présidence l’année suivante de la Commission des négociations des droits de télévision. Il met en place le programme de sponsoring TOP permettant d’accorder l’exclusivité de l’utilisation de la marque olympique à l’échelle mondiale. De même pour les droits de télévision, Pound obtient que le CIO devienne en 1992 négociateur unique. Du coup, les revenus de TOP et des droits de télévision vont augmenter considérablement passant de 800 millions de dollars aux JO de 1988 à 2,8 milliards aux JO de 2002-2004.

“Mr Propre” de l’olympisme

Dick Pound va également s’imposer comme le “Mr Propre” de l’olympisme. C’est lui que Samaranchh nomme en 1998 à la tête d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur la corruption autour de la candidature de Salt Lake City pour les JO de 2002. Pound mène également un long combat contre le dopage, qui constitue selon lui la menace la plus sérieuse pour la marque olympique. Il créé en 1999 l’AMA et n’hésite pas à monter au créneau en s’attaquant notamment au dopage dans le Tour de France et à Lance Amstrong alors au sommet de la gloire. Pound obtiendra gain de cause en 2012 lorsque Amstrong se voit banni du sport à vie pour cause de dopage.

* Pour lire l’ensemble du portrait de Dick Pound : Les grands dirigeants du sport – 23 portraits et stratégies de management. Sous la direction de Emmanuel Bayle. Editions De Boeck.
Les auteurs de ce portrait sont Milena M. Parent et Benoît Séguin, professeurs à l’Université d’Ottawa.



Article précédentComment être heureux au travail
Article suivantL’homme qui croyait avoir tué le chômage
Sophie Lhameen, journaliste multimédia (web et print), a travaillé pendant 15 ans comme journaliste spécialisée sur l'Afrique avant de devenir en 2008, rédactrice en chef adjointe du magazine Le MOCI (Moniteur du commerce international) jusqu'en janvier 2013. Ses centres d'intérêt : l'entreprise, le management, les ressources humaines, l'emploi, l'économie, l'intelligence économique et de l'international. Google+