Comment se fait-il que la plupart des gens décrivent leur lieu de travail comme hostile ? Le chef avec lequel on ne s’entend pas. Le collègue cynique et haineux. L’équipe de management qui vous fait avaler des couleuvres. Les réunions auxquelles vous n’êtes plus invité. Les tâches inhérentes à votre poste qui ont soudainement disparu. Un changement de titre, un nouveau rôle que l’on vient de vous attribuer. La promotion qui n’arrive jamais, tout comme l’augmentation, d’ailleurs, etc. En fait, comme nous l’explique la journaliste américaine Jessica Simko dans la revue Carerrealism*, tout est une question de perspective : c’est votre petite voix intérieure qui interprète les situations de manière subjective et vous rend malheureux au travail. Pour éviter tous ces sentiments négatifs, il suffit de changer de perspective en examinant de manière objective les situations qui vous perturbent.

Changer de perspective

Ce qui est en jeu, c’est l’interprétation que l’on fait de situations. Quelqu’un entre dans votre bureau et vous dit quelque chose de déprimant (par exemple vous n’assisterez pas à une réunion importante prévue). Maintenant, le problème est entre vous et la petite voix intérieure qui interprète une situation d’une façon parfaitement subjective et que vous ne parvenez pas à faire taire. Pour vous, voilà une preuve de plus que votre chef vous déteste et va vous licencier. Or il se peut parfaitement qu’il y ait une raison parfaitement logique à ce que vous n’assistiez pas à la réunion. Vous êtes face à l’interprétation que fait votre ego d’une situation que vous vivez comme désagréable, vous ne lâchez jamais prise. Et plus la petite voix intérieure se manifeste, plus le « problème » grossit. Et chaque incident viendra conforter votre conviction. L’ego n’est jamais satisfait, jamais heureux.

Voilà ce que nous faisons quotidiennement au travail, nous interprétons des incidents et les prenons à notre compte au point de ne plus y voir clair. Cette interprétation est régie par ce que vous avez vécu jusque-là, elle s’inspire du prisme au travers duquel vous voyez le monde. Plutôt que de percevoir  les événements de façon objective, vous les analysez par rapport aux références que vous avez-vous-même construites. Quelqu’un qui n’aurait pas eu d’augmentation pourrait penser : “cette société a des difficultés. Cela fait plus d’un an qu’il n’y a pas eu d’augmentation. Je ne me souviens pas de la dernière fois où nous avons gagné un gros marché et une restructuration a eu lieu il y a cinq mois. Cette entreprise pourrait bientôt plier bagage ».

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Le facteur Peur

Il faut comprendre que vous n’êtes pas seul (e) à interpréter les situations de travail à l’aune de vos propres repères subjectifs. Oui, il existe des personnes qui peuvent être carrément méchantes avec vous au travail. Pourquoi ? Parce qu’elles-mêmes interprètent leurs situations de travail à l’aune de ce qu’elles ont vécu auparavant. Et parce que nous sommes tous faits ainsi, nous marchons tous avec la peur au ventre. Vous venez par exemple de présenter un projet qui s’avère avoir du succès. Du coup, votre collègue fait de la rétention d’information.  Vous n’avez aucune idée pourquoi.  Et voilà le “petit jeu” qui recommence. En fait vous avez fait office de miroir pour elle quand vous avez fait votre présentation. Vous vous êtes montrée brillante face à elle, ce qui lui a fait douter de sa place et de son rôle au bureau. Elle interprète votre travail avec ses propres représentations mentales.

Les «jeux» au travail catalysent une peur contagieuse et incontrôlée. Comment y remédier ? Allez donc creuser dans votre passé et établir la liste de  tous les événements clés de votre vie. Faites  ensuite un parallèle avec les interprétations que vous avez faites en situation professionnelle. Par exemple : “mon compagnon m’a quittée après six ans sans aucune raison”. Interprétation : « je ne vaux pas d’être avec quelqu’un”. Cette interprétation vous conduit à penser « je suis nulle » depuis ce jour fatal. A partir de là, vous pensez que tout se produit  par rapport à votre “nullité”. Regardez votre liste, et commencez à attribuer de nouvelles significations aux événements du passé. Votre compagnon vous a laissée, et même si vous avez tout fait pour le retenir, c’est son problème, sa peur de s’engager dans le mariage du fait de ses propres démons; ceci n’a rien à voir avec vous. Vous cesserez de prendre personnellement tout ce que font les autres lorsque vous aurez saisi qu’eux aussi se débattent avec le même problème.

Commencer à penser consciemment

La clé est de commencer à penser consciemment. Examinez les choses  qui vous dérangent au travail qui déclenchent votre petite voix intérieure maudite. Creusez pour savoir pourquoi vous voyez la situation telle que vous la voyez et pourquoi vous croyez que cela a un rapport avec vous personnellement. C’est quelque chose du passé qui régit votre comportement et continuera à le faire jusqu’à ce que  vous ayez conscience qu’il y a peut-être quelque  chose à changer dans votre façon de penser habituelle. Avec cette conscience, regardez ce que vous voyez objectivement, et imposez-vous cet exercice au quotidien.

Nous générons notre propre souffrance en laissant notre voix intérieure s’exprimer. Penser consciemment requiert des efforts, mais donne aussi un grand sentiment de paix. Vous aurez le pouvoir de décider sur la tournure de votre journée. Personne ne pourra plus entrer dans votre bureau, vous dire trois mots et ruiner votre journée. Ceci est la clé qui fera que l’entreprise cessera de vous tuer à petit feu.

* Voir l’article original en cliquant ici.

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Après avoir été dans une première vie assistante de président dans le BtoB et le BtoC, Anne à 44 ans réussit une reconversion professionnelle pour être responsable en ressources humaines. Après 7 ans d’exercice en entreprise, elle exerce aujourd’hui en freelance comme DRH en temps partagé. Trilingue (anglais, néerlandais et français), au service du dirigeant, son challenge est le changement pour le bien-être des salariés. Parmi ceux qui disent mettre l’homme au coeur de l’organisation, combien le font ? Manager les hommes se résume en trois mots : empathie, fermeté et exemplarité. Elle prépare sa troisième vie en écrivant des articles et en commençant une thèse de doctorat…