Au début, une gamme de sneakers compensées…

Depuis 25 ans, Isabel Marant propose des créations entre prêt-à-porter et haute couture, le tout à des prix abordables. La créatrice française toujours discrète a conquis une large cible grâce à un mélange de casual et d’originalité, de rock et de sexy, du cool à la frenchie, qui en fait la nouvelle reine de la mode. Au début avec une gamme de sneakers compensées au look à la fois urbain et féminin, adorées ou décriées, ne laissent personne indifférent et sont dans toute la presse féminine web et papier. Les stars du monde entier se les arrachent comme la chanteuse Beyonce qui les porte dans un clip. Les spécialistes de la mode définissent la griffe Isabel Marant en utilisant des expressions telles que « style chic », « bohème et rock ‘n’ roll », « sportswear à l’américaine », « d’une sensibilité très française » « jean slim et t-shirt », « blouses paysannes » et « mini-jupes lacées », « bottes et sacs à franges ». Aujourd’hui l’entreprise Marant, ce sont 11 boutiques à Paris, New-York, Honk Kong, Séoul, Los Angeles et  plus de 200 points de vente aux Etats-Unis, des collaborations remarquées avec La Redoute, Monoprix et H&M..  et un chiffre d’affaires qui explose.

Son histoire commence à 15 ans avec la passion de la couture

Son histoire commence quand elle a 15 ans et la passion de la couture, elle utilise sa première machine à coudre pour customiser ses vêtements et avoir un look original. À l’aide de pièces chinées et de tissu vintage, elle crée ce qui va devenir le style Marant, et commence à vendre ses créations aux Halles, ce qui lui génère 6 000 francs de revenus en un mois, et la conviction qu’elle peut faire de la mode son métier. Après le bac, elle intègre le studio Berçot en 1987, fait ses armes chez le créateur Michel Klein avant de lancer sa propre ligne de bijoux et accessoires. En 1994, naît officiellement la griffe “Isabel Marant”, la haute-couture ne l’intéresse pas vraiment, et préfère créer des vêtements destinés aux « vraies femmes du quotidien » dans un style résumé par la formule « une dose de casual pour une dose de chic, et un zeste de rock ». Consacrée plusieurs fois meilleure créatrice de l’année, le succès s’accroît, les corners et boutiques se multiplient en Europe, Asie, Amérique et au Moyen Orient, avec un chiffre d’affaires qui explose.

Créatrice de mode mais aussi génératrice de cash flow

En 25 ans, elle bâtit une entreprise devenue un poids lourd de la mode qui génère plus de 150 millions de chiffes d’affaires tout en gardant la pleine propriété de son label et en s’entourant des compétences de Sophie Duruflé. Elle le dit elle-même, son ascension a été lente et constante, très familiale. La marque est toujours entièrement sous son contrôle, et Sophie Duruflé, son ex-belle-sœur, veille sur les comptes. Fille de deux dirigeants d’entreprise, elle a grandi avec l’esprit d’entreprendre, et la conviction qu’avec du travail et la ténacité tout est possible. Au début, seuls ses amis deviennent ses clients, peu excentrique elle n’attire pas les journalistes, comme si l’évitement des medias était sa stratégie. Sans point de vente, le bouche à oreille fonctionne, les ventes privées chez elle pour son réseau, et peu à peu une clientèle très parisienne se crée. Le décollage de son affaire est pourtant venu des détaillants japonais passionnés par son côté frenchie qui lui  passent de grosses commandes. Créatrice de mode mais aussi génératrice de cash flow, elle exige des paiement avant livraison.

Reine du casual-chic et gestionnaire qui sait s’entourer

Si son succès tient à l’originalité de ses collections, avec « un très fort élément ethnique », des « tissus confortables », à un mélange de genres, d’inspirations et de styles détonnant, il s’explique aussi par ses qualités de gestionnaire sage et avisée qui a pris le temps de construire son affaire, étape par étape, pour lui donner des bases solides et conquérir le monde. Elle recrute Emmanuelle Alt, journaliste au Vogue français, pour diriger la mise en scène de ses défilés, et Sophie Duruflé, comme Directrice générale. Aujourd’hui le gros de son chiffre d’affaires, mis à part les USA (un fort potentiel de développement), se trouve en Europe et en Asie, notamment en Corée, avec des ventes en ligne qui se portent bien (40 % de son chiffre d’affaires), et les accessoires (30 % de son business).
Contrôlant toujours son affaire, cela la propulse parmi les 500 plus grandes fortunes de France selon le magazine Challenges, elle résume ainsi la recette de son succès « Se construire des fondations solides, rester concentré et fidèle à soi-même. Découvrir qui vous êtes, et vous y tenir, parce que votre message doit être spécifique et compréhensible, et n’appartenir qu’à vous. Et ne pas créer de vêtement que vous ne porteriez jamais. »

Ce qui identifie en mots clés la griffe Marant : des pièces emblématiques à petit prix, des « baskets compensées », « des boots à frange », « des pantalons à motifs », «jupe à volants » « robes bohèmes », « maille jacquard », « effortless », « imprimés fleuris », « blouses légères », « tops asymétriques », ou encore des « boucles d’oreilles XXL », « des sacs cloutés », des « chaussures à strass », « une allure faussement désinvolte » … et pour les hommes « des débardeurs échancrés », des « pulls larges tricotés », « du lamé et du cuir”, une mode aux milles visages qui explique pourquoi Isabel Marant a imposé ses propres règles.

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