Série d’été « Les grands dirigeants du sport » 10/14

Après un passé prestigieux de joueur de rugby au Biarritz Olympique et en équipe de France où il a remporté six tournois des cinq nations et a participé à deux Coupes du monde, Serge Blanco a assuré le développement économique du rugby professionnel français lorsqu’il a présidé pendant dix ans la Ligue nationale de rugby (de 1998 à 2008). Reconverti dans les affaires après la fin de sa carrière de joueur, il n’en reste pas moins très actif dans la sphère du rugby : à la tête du Biarritz Olympique et vice-président de la Fédération nationale de rugby, il vient d’annoncer qu’il abandonnait la présidence du club de Biarritz pour se consacrer à la sélection nationale en perte de vitesse à un an de la Coupe du monde. Portrait de ce manager de choc tiré du livre “Les grands dirigeants du sport”* rédigé sous la direction d’Emmanuel Bayle.

Le “Pelé du rugby”

Né en 1958 à Caracas au Venezuela d’une mère française d’origine basque et d’un père vénézuélien, Serge Blanco quitte Caracas pour Biarritz suite au décès de son père en 1960. Il excelle au rugby et trouve sa place sur le terrain au poste d’arrière dans un rôle de cadre concepteur du jeu. Il effectue l’ensemble de sa carrière senior au Biarritz Olympique (1975-1992) et compte 93 sélections en équipe de France (1980-1991) dont il est capitaine lors de ses 17 dernières apparitions (1990-1991). Il remporte six tournois des cinq nations et participe à deux Coupes du monde, dont une finale (perdue). Sa qualité de jeu lui vaut le surnom de “Pelé du rugby”. Dans le même temps, Blanco travaille à la chaîne chez Dassault (1976-1983), puis dans les relations publiques pour le groupe Pernod (1983-1992).

Businessman

Blanco se lance dans les affaires après sa retraite sportive. En 1991, il ouvre un centre de thalassothérapie à Hendaye avec Michel Crus, kinésithérapeute du Biarritz Olympique. L’année suivante, il lance une ligne de vêtements à son nom, Quinze – Serge Blanco avec le Toulousain Jean-Jacques Lauby. Les magasins sont le plus souvent des franchises, Serge Blanco est intéressé au chiffre d’affaires. La marque diversifie ensuite sa gamme de produits (enfants, maroquinerie, montres). Enfin, en 2002, il ouvre un hôtel-restaurant de luxe, le château de Brindos à Anglet.

Développeur du rugby professionnel

Qualifié de “visionnaire et pragmatique” par Arnaud Dagorne, ancien directeur général de la Ligue nationale de rugby (LNR), Serge Blanco a bâti toute une stratégie pour faire en sorte que le rugby professionnel s’appuie sur une solide assise financière et sportive. Elu en 1998 à la tête de la LNR et réélu jusqu’en 2008 (trois mandats successifs), il met en oeuvre progressivement une politique de valorisation de l’élite en faisant passer le nombre de clubs en première division de 24 à 14 (le Top 14) et simplifie des règles de jeu pour rendre les matchs plus attractifs auprès du public. Dans le même temps il obtient de Canal + (dont il a été le consultant) des droits de retransmission TV en constante progression : ceux-ci font passer le budget de la LNR de 4,5 millions d’euros en 1998 à 28 millions en 2000.

La manne financière provenant des sponsors fait aussi bondir le chiffre d’affaires moyen d’un club du Top 14 : celui-ci s’élève à plus de 14,5 millions d’euros en 2008-2009 et même à plus de 20 millions d’euros pour les trois clubs qui génèrent le plus de rentrées : Clermont-Ferrand, Paris et Toulouse. En 2008, Blanco décide de ne pas se représenter pour un quatrième mandat à la tête de la LNR et de reprendre la présidence du Biarritz Olympique abandonnée 10 ans plus tôt. Il est ainsi à la tête du club lors de son succès en Challenge européen en 2012. Mais l’aventure ne s’arrête pas là pour Blanco : en juillet 2014, il annonce qu’il quitte la présidence du Biarritz Olympique pour se consacrer à l’équipe nationale en difficulté à un an de la Coupe du monde et épauler l’entraîneur Philippe Saint-André en délicatesse côté résultats. Un challenge de plus pour ce manager de talent ?

* Pour lire l’ensemble du portrait de Serge Blanco : Les grands dirigeants du sport – 23 portraits et stratégies de management. Sous la direction de Emmanuel Bayle. Editions De Boeck.
Les auteurs de ce portrait sont les professeurs Nicolas Scelles (University of Stirling), Christophe Durand (Normandie Université), Alain Ferrand (Université de Poitiers) et Ganesh Prasad Mishra (Waljat College of Applied Sciences).



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Sophie Lhameen, journaliste multimédia (web et print), a travaillé pendant 15 ans comme journaliste spécialisée sur l'Afrique avant de devenir en 2008, rédactrice en chef adjointe du magazine Le MOCI (Moniteur du commerce international) jusqu'en janvier 2013. Ses centres d'intérêt : l'entreprise, le management, les ressources humaines, l'emploi, l'économie, l'intelligence économique et de l'international. Google+