Né en 1943 à Paris, Bernard Tapie  a exercé de nombreux métiers : pilote de course, chanteur, homme d’affaires, dirigeant d’un groupe d’entreprises, patron d’un club de football, animateur, auteur, homme politique et enfin acteur. Pilote dans les années 1960 il participe à des courses de Formule 3, un grave accident le plonge trois jours dans le coma, dont il sort avec la résolution d’arrêter cette carrière. Après une brève carrière de chanteur sous le nom de Bernard Tapy, il monte un magasin de téléviseurs qu’il revend quelques années plus tard et s’oriente vers les affaires. Il fonde la société Cœur Assistance, un groupement d’achat, le Club Bleu, destiné à l’achat en gros pour les comités d’entreprise qu’il revend correctement. Il rencontre Marcel Loichot, fondateur du cabinet de conseil SEMA qui le prend comme consultant dans son cabinet spécialisé en redressement d’entreprises. Bernard Tapie gagne bien sa vie avec les commissions sur les redressements d’entreprises et se met à son compte à  34 ans, rachète des sociétés en dépôt de bilan pour un franc symbolique et les revend une fois redressées. Sa méthode : renégocier les  dettes, réduire les coûts, rechercher de nouveaux débouchés. Look, société de fixation de ski, Wonder : les entreprises auxquelles il s’intéresse sont de plus en plus grosses.

Il  répond volontiers aux invitations des médias et devient en cinq ans une  vedette du petit écran : Le Grand Échiquier, 7 sur 7, Gym Tonic, Le Jeu de la vérité, Champs-Élysées, Les Grosses Têtes…  Elu « Homme de l’Année » en 1984,  il fait une émission télévisée, Ambition : le concept est d’aider un jeune et son projet, sélectionnés sur dossier, à monter son entreprise en direct. Il crée en 1986 des écoles de ventes réservées aux jeunes au chômage ou sans formation scolaire. Financées exclusivement par Bernard Tapie sur ses fonds propres, ces écoles furent fermées en 1994 lorsqu’il fut mis en faillite. Piles Wonder, fixations Look, balances Terraillon, magasins La Vie Claire, il est l’une des vingt premières fortunes de France, jusqu’à la reprise de  l’équipementier sportif Adidas.

Passionné de sport, il monte une équipe cycliste autour de Bernard Hinault, quadruple vainqueur du Tour de France qui remporte son cinquième Tour de France en 1985 ; en 1986 se sera Greg Lemond pour l’équipe La Vie Claire. Cette même année, Bernard Tapie reprend l’Olympique de Marseille (OM) qui gagne 4 titres de Champion de France consécutifs de 1989 à 1992.  Dans un cadre plus personnel, il bat également le record de la traversée de l’Atlantique nord en monocoque.  Les principaux leaders des formations politiques se désistent pour une émission télévisée avec Jean-Marie Le Pen.  Tapie se propose, à la grande joie de la chaîne qui devine un gros succès d’audience. Il rencontre François Mitterrand fin 1987 à l’initiative de Jacques Séguéla, est élu député à Marseille et appelé par Pierre Bérégovoy comme ministre de la Ville.  Attaqué par Georges Tranchant, député RPR pour abus de biens sociaux dans la société Toshiba France dans laquelle il était associé,   Tapie mis en examen  démissionne, obtient un non-lieu en décembre 1992 et réintègre le gouvernement.  Aux élections législatives de 1993, la gauche est balayée.  Empêtré dans l’affaire OM-Valenciennes, toujours populaire, réélu député dans les Bouches du Rhône,  son immunité est levée par l’Assemblée Nationale en vue de répondre des poursuites judiciaires dans cette affaire. Aux cantonales de 1994, il est élu dans le cinquième canton de Marseille et  rejoint le Mouvement des Radicaux de Gauche (MRG). Le 12 juin 1994, la liste Énergie Radicale qu’il conduit obtient 12,03 % des voix.

Ses ennuis judiciaires  mettent un terme à l’espoir de rebond politique. En avril 1992,  devenant ministre, il vend son groupe comme demandé par François Mitterrand. La vente d’Adidas,  actif le plus important, est confiée au Crédit lyonnais. La banque d’État réalisant que sa valeur est  bien supérieure au prix minimum demandé par Tapie (plus de 2 milliards de francs), se porte acquéreur d’Adidas à ce prix et la revend au prix fort à son seul profit via des sociétés offshore. Pour éviter tout risque de recours, le Crédit Lyonnais s’assure de la mise en faillite du groupe Tapie et devient propriétaire de toutes ses actions.  Les tribunaux  prononcent la faillite du Groupe Tapie : ses biens sont saisis, mis en faillite personnelle et inéligible pour sept ans, il purge sa peine de dix mois à la Santé et à la prison de Luynes, près d’Aix-en-Provence. Photo Forumdesforums.com