Heetch avance un modèle collaboratif

En juin 2015, un arrêté préfectoral à Paris interdit aux applications UberPop, Djump et Heetch d’exercer, mais cette dernière poursuit ouvertement son activité depuis cette date, malgré la mise en garde à vue d’une centaine de ses chauffeurs. Au même titre qu’UberPop, Heetch est une plateforme de service de transport entre particuliers. Sauf qu’ici, l’application de mise en relation ne fixe aucun tarif. C’est à la personne véhiculée de choisir le prix pour son trajet. Une transaction qui s’apparente à une forme de contribution aux frais engagés par le conducteur plutôt qu’à une rémunération pour service rendu, sortant par la même occasion la startup de la liste des concurrents jugés déloyaux à l’activité de taxi.
En fait, comme la plateforme de covoiturage BlaBlaCar, Heetch avance un modèle basé sur l’économie de partage, ou économie collaborative (mutualisation des biens entre particuliers), plutôt qu’un modèle basé sur l’économie de la demande (rémunération pour service rendu), comme l’a fait UberPop. Un détail qui ne change rien aux faits, mais qui joue dans ce cadre juridique encore flou.

Lobbying  pour une solution de mobilité nocturne

Et pour clore le débat, Heetch donne des chiffres : l’amplitude de ses horaires de 20 heures à 6 heures, créneau dans lequel les taxis et les véhicules sans chauffeur ne s’insèrent pas ou très peu. 80 % des demandes de trajet viennent de jeunes âgés de 18 à 25 ans. « Heetch est une solution de mobilité nocturne », proclame son fondateur Teddy Pellerin dont la vision est de rendre la nuit plus accessible et plus sûre, notamment via à vis de l’alcool au volant. Deux tiers des trajets sont effectués en banlieue parisienne ; 50 % d’entre eux n’auraient pu l’être autrement. Un lobbyiste pro Heetch a même été missionné pour faire passer le message dans les cabinets ministériels.

Collaborative ou à la demande : vers une ubérisation de l’économie

« Quand j’appelle un nouvel employé, je lui dis : Heetch a 80 % de chances de mourir et c’est une très bonne chose, car du coup on est condamné à innover », raconte Teddy Pellerin (la startup compte 20 salariés pour 3 000 chauffeurs occasionnels sur Paris et Lyon). Si l’on ne sait pas quel sera l’avenir de Heetch, une chose est sûre, la startup continuera sur le même type de modèle économique. De la démocratisation du Smartphone, du haut débit et de la géolocalisation, des plateformes de mises en relation qui éliminent les intermédiaires, de la participation massive des internautes, particuliers ou free-lance : vous obtenez l’uberisation massive de la société. Économie de partage ou économie à la demande, qu’importe ! Le raz-de-marée a d’ores et déjà commencé !
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Pour s’y retrouver

Uber

Entreprise technologique qui développe et exploite des applications mobiles de mise en contact d’utilisateurs avec des conducteurs réalisant des services de transport. Uber est une entreprise de VTC classique, comme Chauffeur privé, Allocab, SnapCar…  La loi Thévenoud de 2014 encadre son fonctionnement :  pas de «maraude», retour au garage  entre deux courses, tarif comme un taxi,  le conducteur est inscrit sur un registre et a une assurance professionnelle.

UberPop

Le  conducteur, simple particulier inscrit auprès d’Uber – frappé d’interdiction par la Préfecture de police –  s’improvise chauffeur et  rentabilise sa voiture, ce n’est pas du covoiturage car le service est payant. Pas de registre professionnel officiel, pas de  cotisations sociales, ni impôts, pas de formation pour obtenir un agrément VTC, sans licence, sans contraintes

Heetch

Plate-forme mobile,  mettant en relation particuliers ayant téléchargé son application avec un conducteur amateur qui transporte dans son propre véhicule, ouvre à 20 heures jusqu’à 6 heures du matin. Partenariat avec des boîtes de nuit et les BDE des écoles. Le chauffeur dit «capitaine de soirée»  raccompagne chez eux des fêtards qui ont trop bu. Présent à Paris, Lille et Lyon en France, aurait 150.000 membres actifs et 50.000 courses hebdomadaires

Covoiturage

Le covoiturage correspond à une utilisation conjointe et organisée d’un véhicule entre un conducteur non professionnel et une ou plusieurs personnes  qui effectuent un même trajet  avec  un partage des frais, organisé ou  pas par des entreprises telles Blablacar, Carpooling, Vadrouille-covoiturage, Karzoo, Solution-CoVoiturage et Je-covoiture…

Loti

Contrairement aux taxis et aux VTC, le Loti – abréviation de la la loi d’orientation des transports intérieurs de 1982 – un Loti ne peut pas prendre en charge un seul client, transporteur collectif il doit conduire seulement un groupe d’au moins 2 personnes jusqu’à 9 personnes lui compris. Un taxi peut cumuler les deux statuts : taxi et Loti. De plus en plus de travailleurs indépendants ont pris le statut Loti plus facile à obtenir que celui de VTC (ils seraient à ce jour + de 70.000) et représenteraient 40 % des chauffeurs  Uber et autres.

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