Cadre  homosexuel plus souvent chômeur et moins bien payé

 Une étude publiée ce jeudi dans Libération montre  combien les homosexuels font partie d’une minorité discriminée à plusieurs égards, en tous cas  au niveau du marché de l’emploi. Cette étude menée par deux chercheurs de l’université d’Evry-Val d’Essonne, Thierry Laurent et Ferhat Mihoubi, analyse le taux de chômage des homosexuels hommes. Leur conclusion est impressionnante :  «toutes choses égales par ailleurs»,  en excluant tout autre facteur pouvant influer sur l’emploi, il y a  2 fois plus d’homosexuels au chômage que d’hétérosexuels.  Selon cette étude de la population homosexuelle étudiée à partir des fichiers de l’Insee, le chômage des homosexuels baissent nettement avec l’âge, alors qu’avant 40 ans il croit terriblement.  Pour les chercheurs, les homosexuels subissent des discriminations ou de remarques homophobes dans le cadre du travail, les jeunes homosexuels mettent plus de temps à décrocher un job. Il existe selon eux un turnover deux fois plus important que chez les hétérosexuels de moins de 40 ans. Les homosexuels changent plus souvent d’employeurs, et en conséquence se  retrouvent plus fréquemment au chômage. Cela donne une carrière en dent de scie et un taux de chômage plus élevé. Dans une étude antérieurs, les mêmes chercheurs constataient une discrimination  en matière de salaires.  
Malgré les normes juridiques interdisant en France toute discrimination en fonction de l’orientation sexuelle, le rapport sur l’homophobie dans l’entreprise commandé par la HALDE et publié en 2008, révèle que 12 % des homosexuels interrogés déclarent avoir été mis au moins une fois hors jeu lors d’une promotion interne et 4,5 % être moins rémunérés à poste et qualification identiques. La principale difficulté pour évaluer, en France, l’ampleur d’une éventuelle discrimination salariale en fonction de l’orientation sexuelle, est l’absence de sources statistiques fiables permettant d’identifier précisément les populations homosexuelles gay et lesbienne et leurs principales caractéristiques individuelles et économiques : âge, lieu de résidence, salaire, secteur d’activité, qualifications etc.
La discrimination subie par les salariés gays se caractérise probablement plus par un profil de carrière en retrait, résultat de transitions dans l’entreprise. Faible en début de carrière la discrimination s’exprime cependant plus tard, à partir du moment où l’orientation sexuelle du salarié est progressivement révélée dans l’entreprise. Dans le secteur privé, le désavantage salarial subi par les homosexuels masculins est plus élevé pour les cadres qualifiés. La femme hétérosexuelle anticipe une activité plus domestique après le mariage, limite son investissement professionnel alors que l’homme une fois marié compense l’activité domestique de son épouse, ce qui explique les différences de salaire entre  hommes et femmes. Les homosexuels n’ont pas les mêmes contraintes. Les femmes homosexuelles investissent davantage en capital humain que les hétérosexuelles, ue les hommes homosexuels investissent moins que les hétérosexuels,  ce qui conduit à des salaires favorables aux lesbiennes et défavorables aux gays. Souces IFOP et Wikipedia