Un puissant rapport au pouvoir

La Russie, l’Ukraine, la France, quelques pays d’Asie investissent beaucoup sur les personnes au pouvoir. Ce n’est pas de la soumission. Avoir un puissant rapport au pouvoir c’est mettre les personnes de pouvoir au cœur de tout processus de décision. Si la personne réussit, elle est adulée. Si elle rate, on lui coupe la tête. Par exemple, en France, pendant la dernière canicule, des personnes âgées sont mortes. Les medias se sont tournés vers le président. Ils pouvaient simplement et aussi se demander ce que fait la famille, les voisins mais … non. La question a été : mais que fait le président pour sauver ces gens ? Ce rapport au pouvoir puissant ne concerne pas seulement les présidents ou les rois mais renvoie à toutes les personnes d’autorité :  médecin, notaire, représentant de la loi, prêtres, etc. et bien sûr  dirigeants d’entreprise. Prenons l’exemple du médecin, figure d’autorité par excellence. Ce qu’il dit est parole d’évangile. Et ce qu’il met sur l’ordonnance est religieusement acheté. En France, les nouvelles générations ont un peu évolué, tout le monde regarde tous les symptômes sur internet et essaie de s’auto-guérir. Est-ce forcément mieux ? La réforme des rythmes scolaires, la décentralisation qu’elle demande et ses difficultés nous donne matière à repenser la question.

Le pouvoir à la poubelle

A contrario, vous avez des pays comme la Suède qui investissent beaucoup moins dans la notion de pouvoir. Un général Français de l’histoire y a été nommé roi. Son accent suédois était malheureux : tout le monde s’est moqué. Pour eux, c’est OK. La Suède a tenté de s’allier avec la France avec la fusion de Renault. L’Angleterre vénère la famille royale, l’Allemagne refroidie par un certain Hitler auquel elle s’est donnée respecte sa chancelière, et responsabilise par son organisation en länder et des partenaires sociaux puissants mais responsables. La gouvernance allemande des entreprises avec la « cogestion » donne des pouvoirs étendus aux comités d’établissement et reconnaît une place importante aux représentants des salariés dans les instances dirigeantes. Le point est étonnant mais peut expliquer en partie certaines difficultés d’échange entre nous. Pour en revenir à ce député, Vitaly Zhuravsky, ce qui lui est reproché n’est pas bien clair. Il est certain qu’il n’a pas souhaité se rapprocher de l’Union Européenne en termes de protection et d’ouverture en novembre dernier. Depuis, le pays a connu 3.000 morts. Un raccourci rapide ? Dans tous les cas, il s’est retrouvé immobilisé dans une poubelle. Une personne l’a tenu pendant qu’une autre lui a asséné des coups avec un pneu. Pour nos dirigeants d’entreprise, l’exemple de ce député est un extrême, quoique la séquestration soit aussi une forme de violence, et démontre en dehors de tout échange constructif les attentes très fortes des salariés en stress. Notamment pour les risques psycho-sociaux, la gestion de crise, la conduite du changement, les regards se tournent vers le dirigeant. Ce dernier ne peut pas tout, mais il devra de plus en plus partager le pouvoir et les responsabilités dans une perspective de cohésion et de travail en équipe. Et entamer un changement des mentalités qui passe par une révolution de nos organisations. Il y a déjà 50 ans Kennedy lançait : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays.»