A lire ou à relire  Clausewitz : trois qualités de chef

La résolution

« La résolution est le courage appliqué à un cas particulier ». La résolution ne relève pas d’un choix, mais de l’obligation d’agir sous la pression des évènements. Il s’agit de prendre à bras-le-corps la difficulté, le problème qui survient. En somme, l’inverse des préconisations d’un célèbre président du Conseil de la 4ème République, qui (selon la légende) déclarait : « Il n’est aucun problème assez urgent en politique qu’une absence de décision ne puisse résoudre ».
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La persévérance

« Il n’y a presque pas d’exploit glorieux qui ne se réalise au prix d’efforts infinis, de peines et de privations ; l’être est alors toujours prêt à céder, et c’est encore l’énergie manifestée par une constance…qui mènera au but ». A l’heure du « tout, tout de suite et sans effort », la persévérance, c’est le courage dans la durée, la constance dans l’effort.
Le monde de l’entreprise regorge d’exemples de persévérance, de Walt Disney (il lui fallut 20 ans de relances incessantes pour obtenir les droits d’adaptation du livre de Pamela Travers Mary Poppins, dont il pressentait le succès cinématographique potentiel) à Marc Simoncini,  créateur d’iFrance, de Meetic et de Sensee (voir sa vidéo ci-dessous).

L’intrépidité

Chaque fois que l’intrépidité rencontre la pusillanimité, les chances de succès sont nécessairement de son côté »  C’est mesurer puis accepter le risque, en assumer les conséquences en toute connaissance de cause. Contrairement à la résolution, l’intrépidité est un choix délibéré et conscient. L’intrépide, qui s’oppose au pusillanime, choisit librement de l’être et a pleinement confiance en lui. Intrépidité et audace d’assumer les risques : à l’exemple de Lou Gerstner, PDG d’IBM de 1993 à 2002, qui refuse de céder aux demandes des experts financiers qui réclament le découpage de Big Blue en plusieurs sociétés indépendantes. Il choisit de conserver l’intégrité du groupe, de privilégier le pragmatisme (ne pas recréer ce qui existe ailleurs) et de se réorienter vers les services et les solutions intégrées.
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En guise de conclusion provisoire…

« La guerre est le domaine du hasard. Il accentue l’incertitude en toutes circonstances et entrave le cours des évènements ».  Clausewitz résume ainsi les qualités nécessaires au chef de guerre pour traverser sans dommage ces conflits incessants avec l’imprévu : le coup d’œil : l’esprit qui, dans l’obscurité, ne perd pas trace de la lueur qui conduit à la vérité et la résolution, c’est-à-dire le courage de suivre cette faible lueur. Ce qui vaut pour le chef de guerre vaut tout autant pour l’entrepreneur ou le manager. Pour aller plus loin dans ces réflexions, je vous recommande la lecture d’un ouvrage paru en 1998 aux éditions ADDIM: « A l’écoute de Clausewitz – Penser l’action en stratège » du général Gil Fiévet.

Toutes les citations en italique sont tirées des Livres I et III de Vom Kriege  (De la guerre) de Karl von Clausewitz, écrits entre 1818 et 1831.