L’union entre la robotique, l’automatisation et les technologies de pointe est aujourd‘hui en passe de définir de nouveaux modèles économiques et industriels, modifiant ainsi en profondeur les schémas et les flux de travaux traditionnels. Au cœur de ce nouveau système émerge une nouvelle composante unificatrice, dont l’objectif est d’implémenter et d’optimiser les processus de production : l’intelligence artificielle (IA).

L’union entre la robotique, l’automatisation et les technologies de pointe

Au-delà de la robotique et de l’automatisation, l’IA impacte peu à peu tous les secteurs technologiques de cette fin de décennie. Son utilisation est, par exemple, indispensable à l’industrie automobile où elle apporte au développement des véhicules autonomes ce supplément d’intelligence qu’un simple logiciel, aussi sophistiqué soit-il, ne saurait avoir.

De même, dans le domaine de la sécurité, l’IA permet d’augmenter considérablement l’efficacité des systèmes anti-intrusion ou anti-incendie en pilotant des applications qui voient, pensent, évaluent et agissent de façon autonome face à tout type de situations. Elle est également fort prisée dans le secteur de la finance, notamment pour analyser les flux financiers, étudier le comportement de ses clients ou encore offrir un service dématérialisé et en temps réel de conseil en investissements géré par des robo-advisors (robots-conseillers).

Pour mieux définir l’association entre une machine – un robot – et l’idée de collaboration, le monde de la robotique a imaginé le terme de cobot. Ainsi, un cobot est un robot collaboratif qui interagit étroitement avec l’homme. Grâce à l’IA, le cobot analyse chaque action humaine qu’il archive ensuite comme un processus appris et acquis.

Par cette opération qu’on appelle le machine learning, les robots interagissent avec leurs collègues humains pour créer des conditions de travail hautement productives, où les processus de production et de manipulation des matériaux sont optimisés par leur automatisation.

L’IA n’est pas un danger, l’homme aura toujours le premier rôle… et le dernier mot !

À l’instar de toutes les innovations, l’IA rencontre aujourd’hui une certaine méfiance envers les éventuelles conséquences de son utilisation. Cette inquiétude populaire se traduit avant tout par la crainte que l’IA, comme les robots, prive définitivement les femmes et les hommes de travail.

Utilisée de façon éthique et responsable, toute avancée technologique doit avoir pour objectif d’améliorer la vie et d’aider l’humain.

Dans le domaine de la logistique, l’intelligence artificielle, associée à la robotique et à l’automatisation, ne représente finalement qu’un moyen innovant supplémentaire de permettre aux travailleurs de s’affranchir des tâches les plus pénibles et ingrates pour se consacrer à des missions plus valorisantes.

La relation robot – IA, vue par Mobile Industrial Robots (MIR)

Associer l’automatisation et la robotique à l’intelligence artificielle permet de créer des outils sûrs, fiables et totalement autonomes spécialement conçus pour la logistique. Appelés AMR pour Autonomous Mobile Robots, les robots mobiles et collaboratifs sont capables de soulever et transporter différents types de charges, libérant ainsi le personnel des tâches les plus pénibles et répétitives. Toutefois, un robot seul ne peut suffire à remplir ce rôle. Même doté du plus sophistiqué des logiciels, il agit toujours de façon prévisible sans jamais être en mesure de réagir et de s’adapter en temps réel aux situations qu’il rencontre.

Dans des environnements complexes et dynamiques, où évoluent dans le même espace des véhicules à guidage automatique (AGV, pour Automated Guided Vehicle) qui ne peuvent dévier de leur trajectoire et des charriots élévateurs pilotés par le personnel, la manœuvrabilité du robot peut être entravée, donc limitée. Les systèmes de sécurité des AGV comme ceux des AMR se limitant généralement à des arrêts forcés quand la machine rencontre un obstacle.

Grâce à l’introduction de l’IA dans leur programmation, les AMR améliorent considérablement leurs capacités prédictives en s’adaptant en temps réel à chaque situation. Dans le cas d’un trajet calculé sur une amplitude de huit heures, un robot peut être confronté à une multitude d’événements imprévus comme le croisement avec d’autres véhicules, la présence temporaire de matériel sur son parcours ou encore de personnes se déplaçant devant lui… En temps normal, un simple robot contournera l’obstacle, s’arrêtera ou fera marche arrière en attendant que les conditions lui soient plus favorables.

En revanche, doté d’une IA, il pourra s’adapter en temps réel à la situation qu’il rencontre en choisissant de dévier son chemin, de le recalculer ou de faire une pause avant de repartir.L’intégration de l’IA a également permis de développer un système de sécurité complet et performant qui utilise, en plus des caméras et scanners lasers installés sur chaque robot, des caméras fixes positionnées à tous les points stratégiques d’un espace de travail.

Ces caméras interagissent avec les robots AMR en jouant un rôle de « troisième œil » qui leur communique toutes les variables d’un trajet depuis une perspective fixe, leur apportant ainsi en amont l’ensemble des données utiles pour prévoir d’éventuels obstacles et décider de la meilleure manœuvre à effectuer.

Grâce à ce dispositif optimisant de fait le niveau de sécurité et la programmation de chaque parcours, un croisement avec angle mort, l’approche d’une personne ou n’importe quelle autre situation imprévue peut être aisément anticipée et surmontée.

Bien entendu, le déploiement d’un tel dispositif vidéo ne peut être réalisé sans un respect scrupuleux des règles liées à la protection des données personnelles et au droit à l’image. Le travail des caméras doit être, à ce titre, strictement conforme aux normes européennes GDPR (General Data Protection Regulation) en vigueur dans la mesure où les prises de vues collectées sont par nature inexploitables par l’œil humain. Lors de leur captation, toutes les images doivent être intégralement reformatées, redimensionnées et recolorisées avant d’être archivées dans une base de données spécifique – par exemple, celles des objets fixes ou en mouvement – où le robot ira puiser pour choisir et décider comment poursuivre son parcours.

Enregistrées selon ce type de protocole, ces données vidéos deviennent de fait totalement inutilisables pour un éventuel usage externe, comme la reconnaissance faciale, qui ne respecterait pas les règles de confidentialité.

Grâce aux données collectées, ces robots mobiles autonomes pilotés par l’IA contribueront largement à l’avenir à transformer chaque espace de travail en un environnement dynamique et sécurisé. Acquis à distance par les caméras fixes ou par un robot au sol, les relevés et les variables de chaque parcours sont partagés en temps réel entre tous les AMR de la flotte.

Grâce à ce réseau intelligent de partage et d’échange de données, chaque robot a dorénavant un accès permanent aux capteurs de tous les autres robots et aux prises de vues des caméras fixes qui lui offrent une vision plus large et détaillée de son environnement. Ce processus collaboratif, permettant à l’ensemble de la flotte de prendre les bonnes décisions quant aux itinéraires à emprunter ou aux obstacles à éviter, apparaît comme un atout précieux pour une programmation optimale des parcours.

L’innovation est l’avenir de l’homme

Engagés dans le processus de modernisation de l’industrie, nous suivons la même voie, nous vivons les mêmes émotions et les mêmes inquiétudes qui ont accompagné les mutations profondes du début du siècle dernier. Le doute, le scepticisme, voire le pessimisme à l’égard des premières applications de l’automatisation font, aujourd’hui comme hier, partie de ce long et chaotique chemin vers le progrès.

Pourtant, il faudra bien se faire à l’idée que certaines tâches vont inéluctablement disparaître pour que d’autres, encore difficiles à imaginer, voient le jour. Très différentes de celles du passé, l’automatisation et la technologie modernes devront être intégrées de façon progressive et ciblée pour nous offrir tous leurs avantages et créer de nouvelles richesses.

Au cœur d’espaces de travail plus sûrs et agréables, la robotique et l’automatisation prendront en charge les tâches les plus pénibles, dangereuses et moins rentables. Grâce à elles, cette combinaison gagnante, entre un environnement professionnel bonifié et une productivité accrue, contribuera assurément à la réussite de l’entreprise. Dans ce contexte, le personnel pourra alors se consacrer à des tâches plus gratifiantes ou intervenir lorsque la gestion et l’expertise humaine s’imposent.

N’oublions pas que le facteur humain pourra difficilement être remplacé par l’IA : l’homme occupera toujours une position centrale pour mettre en œuvre la conception et la gestion de machines toujours plus “pensantes”.

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