De Amazon à Ebay en passant par Alibaba, les marketplaces digitales ont le vent en poupe et ce, dans tous les secteurs. Proposant un nombre important de produits – et plus récemment de services – elles facilitent la mise en relation entre acheteurs et fournisseurs.

Nées pour répondre aux enjeux du grand public, ces plateformes se développent désormais dans le B2B. Elles devraient prendre encore plus d’importance en 2021[1] et transformer les processus des directions achats qui se digitalisent de plus en plus notamment en matière de sourcing et d’achats. Si elle est désormais largement répandue dans les achats de produits et frais généraux, l’opportunité reste grande, pour les marketplaces, d’investir le créneau des services : logiciels, agences, experts…

Des outils précieux

Le digital impacte désormais le métier d’acheteur au travers de différents outils innovants tels que des progiciels de gestion intégrée de type Ariba. Cette solution américaine permet aux moyennes et grandes entreprises de digitaliser l’intégralité du processus d’approvisionnement grâce à des solutions d’e-procurement[2] et de supply chain qui permettent de maîtriser ainsi le sourcing, l’approvisionnement et le paiement. Autre exemple plus proche de nous, en France, des startups telles qu’Ivalua, qui a développé un logiciel d’”e-procurement” permettant de numériser les contrats fournisseurs, gérer les dépenses, et améliorer la transparence et la qualité des données.

L’IA au service des achats

Dans un univers digital concurrentiel, l’intelligence artificielle représente un atout, déjà utilisé par 13% des directeurs des achats[3]. Utile dans un environnement où 49% du temps de travail est assigné aux tâches opérationnelles (contre 51 % pour les tâches stratégiques) et où 70% des tâches pourraient être automatisées, l’outil numérique permet – entre autres – de prendre des décisions plus rapidement – pour choisir ses fournisseurs -, de gagner du temps sur les processus d’achats, d’analyser les dépenses, d’automatiser certaines tâches ou encore de réduire les entrées manuelles et les possibles erreurs qui vont forcément avec. Néanmoins, aussi sophistiquée soit-elle, l’IA ne remplace pas l’expertise de l’acheteur mais  lui simplifie indéniablement la vie. La centrale d’achats Le Cèdre, par exemple, s’est emparée de cette technologie pour optimiser les frais généraux des entreprises clientes.  

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Vers des achats digitaux donc responsables ?

L’autre enjeu croissant des achats, de plus en plus intégré dans les pratiques de sourcing, est la responsabilité sociétale et environnementale (RSE) des entreprises. En parallèle des normes répandues telles qu’ISO ou ECOVADIS, souvent l’apanage des grandes entreprises, de nouveaux labels particulièrement adaptés aux plus petites entreprises font leur apparition tels que la certification Corp B et le label LUCIE permettant aux entreprises de se démarquer et de faire valider une culture d’entreprise responsable. La digitalisation favorise un meilleur accès à une information objective, et donc l’émergence d’un sourcing plus responsable. En effet, la digitalisation des achats B2B peut permettre de donner une chance aux fournisseurs plus petits et plus locaux, répondant étroitement aux attentes des clients de plus en plus sensibles à l’origine des contractants, à leurs engagements RSE et ceux de leurs propres sous-traitants.

Une aubaine pour les prestataires de services… qui misent sur la qualité

La digitalisation des processus achats facilite aussi le développement et l’accès à l’intelligence collective. Les réseaux sociaux, notamment, permettent de faire son sourcing ou son benchmark en tenant compte des avis et des conseils de ses pairs. La digitalisation permet ainsi au sourcing d’être plus transparent en exposant par exemple les recommandations et avis des clients : une bonne nouvelle pour les prestataires de services qui peuvent être repérés plus rapidement. Peu d’acteurs sont identifiables sur les moteurs de recherches, sauf s’ils y mettent le prix. Le développement de places de marché spécialisées dans les services B2B représente une véritable opportunité pour ces prestataires en mal de notoriété.

Attention toutefois au revers de la médaille de cette digitalisation à marche
forcée : l’opportunité vient avec son lot d’obligations, au premier rang desquelles la qualité ! En effet, la digitalisation permettant une transparence accrue, il revient donc à chacun “d’élever son niveau de jeu”. Pour le plus grand bonheur des acheteurs !

[1] Etude de Xerfi : en 2021, le poids des marketplaces devrait représenter 33% dans le volume d’affaires global des ventes en ligne.
[2] L’e-procurement, ou approvisionnement en ligne1, ou approvisionnement électronique, est un module de la gestion électronique des approvisionnements dans les entreprises ou les organisations..

[3] Source : https://www.manutan.com/blog/fr/digital/comment-la-fonction-achats-se-reinvente-a-lere-digitale-dossier-partie-1#_ftn5
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Benoit Chatelier
Diplômé de l'Essec en 2000, Benoît Chatelier est fondateur d'Askeet, une plateforme communautaire reliant entreprises et prestataires. En 2008, convaincu que la mobilité urbaine allait donner lieu à de grands changements dans les prochaines années, il fonde la plateforme multimodale de solutions d'autopartage Ubeeqo, aujourd'hui présente dans six pays européens. L'ambition de la plateforme: privilégier l'usage à la possession et agir ainsi en faveur d'une mobilité plus responsable. Ubeeqo a été racheté il y a quelques années par Europcar. Fin 2018, Benoît Chatelier se lance dans un autre projet : Askeet qui ré-invente la recherche de prestataires B2B. La plateforme collecte et analyse des centaines de milliers de données pour permettre aux acheteurs de services B2B de trouver les prestataires les plus pertinents, recommandés par des entreprises similaires à la leur.