Seulement 4 % des responsables RH intègrent les missions du Core RH aux critères d’amélioration de l’expérience collaborateur. Une vision peu valorisante d’une fonction pourtant essentielle à la satisfaction et aux bien-être des salariés. Décryptage.

Qu’est-ce que le Core RH

La fonction RH dans sa globalité est attractive pour ses missions stratégiques de recrutement, d’accompagnement des personnes, de développement de la culture de l’entreprise. Plus récemment, les managers des RH ont été salués pour leur adaptabilité face à la crise, pour leur implication dans la mise en place et la gestion du travail hybride.

Mais en parallèle à ces missions valorisées et hyper médiatisées coexiste un pan entier de la fonction RH dont on parle très peu. Moins stratégique, plus organisationnel et procédurier : il s’agit du « Core RH ». Gestion administrative, gestion des contrats de travail, suivi des cotisations et des avantages sociaux ou encore gestion de la paie et gestion des notes de frais…
Le Core RH a trait au « back office » des RH, regroupant une palette de missions transverses dont l’objectif n’est autre que la bonne marche de l’entreprise ; sa bonne gestion au quotidien. Il s’agit de GRH pure (GRH pour Gestion des Ressources Humaines).

1 entreprise sur 4 veut investir dans un logiciel Core RH à court terme

En fait, le Core représente la fonction support ou administrative des RH. Et comme toutes les fonctions supports, le Core est aujourd’hui largement automatisé via des outils tels qu’un outil de gestion automatique de la paie, un outil de gestion des notes de frais, etc. L’automatisation du Core est globalement acceptée dans les entreprises et elle se justifie par la nécessité de décharger les équipes des tâches administratives, répétitives, à faible valeur ajoutée, pour qu’elles se consacrent à des tâches plus réflexives.

Pour harmoniser l’automatisation, il existe aujourd’hui des logiciels littéralement appelés « Core RH ». Connectés aux différents outils de l’entreprise, ils collectent et ils classent toutes les données des salariés, rapports managériaux, contrats de travail, salaires, organigrammes, informations juridiques et sociales, etc. : telle une banque de données unique et centralisée. Un logiciel Core RH permet la mise à jour automatique de données RH récupérées auprès de tous les services. Il évite la fuite des données et il uniformise l’information auprès de tous les collaborateurs et les managers.
Son utilité est reconnue : d’après le baromètre « Transformation digitale des Ressources Humaines » réalisé en 2021 par le cabinet Deloitte, près d’une entreprise sur 4 envisage de se doter d’un logiciel de Core RH à court terme.

Une fonction Core au service de tous les collaborateurs

In fine, la fonction Core est au service des responsables RH, mais elle est aussi (et surtout) au service de tous les collaborateurs. Elle assure le bon déroulement de leur mission au sein de l’entreprise : recevoir la paie au bon moment, cotiser aux caisses collectives et aux complémentaires, avoir une protection sociale, accéder rapidement aux informations légales, à la convention collective…
Organisée, équipée, automatisée, la fonction Core emploie des milliers de collaborateurs à travers les entreprises.

Et pourtant, les managers minimisent l’importance du Core RH

Et pourtant, le dernier baromètre ParlonsRH sur l’expérience collaborateur dévoile que seulement 4 % des responsables RH envisagent le Core comme critère d’une expérience collaborateur réussie. Ils étaient 11 % en 2018. Le gap 2018-2020 est immense ! Ces responsables adopteraient-ils une perception dévalorisée du Core RH à mesure de sa digitalisation ?

Quoi qu’il en soit, il est évident que les managers minimisent l’importance du Core dans l’expérience collaborateur et dans la bonne marche de l’organisation de manière générale. Comme l’explique Rémy Malenfant dans Hr-Voice.com,  « c’est extrêmement surprenant de constater que les professionnels des RH décèlent si peu le potentiel de ces sujets en termes d’expérience collaborateur (…), alors que permettre aux salariés de (…) faire des demandes diverses aux services RH en toute facilité et en toute transparence, accélérer les processus de validation et de signature en interne (…), voilà autant de sujets qui, bien qu’administratifs, ont pourtant un impact fort sur la vie quotidienne des salariés. »

En conclusion, le Core RH a tout à apporter à l’entreprise. Sa fonction est essentielle en termes de GRH, mais le Core apporte aussi de la valeur à l’organisation dans sa globalité. En ce qu’il fluidifie la relation entre les collaborateurs et les managers, on peut dire que le Core influence la culture de l’entreprise et même la marque employeur.

Charge aux responsables RH et aux managers de l’inclure dans leur champ d’action et dans leurs actions d’amélioration de l’expérience collaborateur

En bref : le baromètre de l’expérience collaborateur

Voici les critères de l’expérience collaborateur en 2020, selon les responsables RH interrogés pour le baromètre de ParlonsRH :
– Intégration du salarié 74 %
– Management 53 %
– Recrutement 43 %
– Carrière et mobilité 35 %
– Communication interne 32 %
– Formation 23 %
– Évaluation de la performance 21 %
– Rémunération et avantages sociaux 9 %
– Dialogue social 7 %
– Paie et administration du personnel – Core RH 4%

Sources : https://www.people-doc.com/hubfs/2020/FR20-EE/Content/Parlons-RH-barome%CC%80tre-de-l-expe%CC%81rience-collaborateur-2020.pdf?utm_campaign=FR20%20-%20Employee%20Experience&utm_medium=email&_hsmi=88085681
https://www.hr-voice.com/sirh-digitalisation/le-core-rh-parent-pauvre-de-lexperience-collaborateur-place-au-changement/2021/01/13/