Le Pape François crédit hebdo.ch

Le Pape François renverse la table au Vatican

Selon un professeur de management Zingales, les actions du Souverain Pontife rejoignent avec une certaine efficacité les valeurs de l’organisation. Peut-on permettre à un manager accusé de faits graves contraires à la loi ou à la morale, de rester en poste jusqu’à ce que sa culpabilité soit prouvée, ou faut-il attendre pour se séparer de lui que sa culpabilité soit prouvée. Le Pape écarte de leurs responsabilités avec fermeté les prélats incriminés, plutôt que de patienter des années si ne sont des décennies que  leur cas soit tranché par la justice. Le Pape François en cela renverse la table et tourne le dos aux pratiques séculaires de l’Eglise en la matière. Selon le professeur Luigi Zingales de l’Université de Chicago Booth School of Businessµ*, le changement arrive au Vatican. Le Souverain Pontife réorganise la Banque du Vatican, licencie les dirigeants contestés et dispendieux, il donne son accord pour qu’un ex ambassadeur du Vatican accusé de pédophilie soit arrêté. Ces actes et ces décisions transmettent de façon percutante les valeurs de « ceux qui sont installés au sommet et par conséquent de l’organisation elle-même. ”

La communication percutante du Pape

Pour le professeur Zingales, les dirigeants des grandes entreprises devraient copier le management du Pape. Selon lui ces derniers communiquent des informations trop souvent motivées par la nécessité et le souci de l’image de l’entreprise, voire de leur propre image. Ceux qui les écoutent ou les entendent, les salariés ne sont pas dupes, leurs annonces deviennent un bruit de fond sans influence ni portée. En revanche une déclaration suivie par un acte, suscite l’intérêt des salariés, leur attention, leur reconnaissance, voire le respect. En agissant ainsi le Souverain Pontife envoie à tous un signe fort : « la guerre de l’Eglise contre la pédophilie n’est plus une affirmation, c’est une réalité. »
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Un calcul de gestion papal et managérial

Outre la notion d’exemplarité du chef, le professeur explique ce comportement nouveau du Pape par le distinguo qu’il fait entre responsabilité criminelle et responsabilité managériale. Pour lui en effet, si le citoyen doit bénéficier de la présomption d’innocence, une entreprise ou une organisation n’a pas le devoir de protéger un dirigeant en attendant qu’un jugement définitif soit prononcé. Et d’expliquer : « Pour une condamnation pénale il faut une preuve au-delà du doute raisonnable. Dans le cas de mesures disciplinaires, révocation ou licenciement, les normes sont et devraient être beaucoup plus faibles, notamment pour les postes de direction de haut niveau ». En effet dans de nombreux cas,  il ne s’agit pas d’attendre, il ne s’agit pas non plus de couper des têtes à la place du bourreau, c’est simplement une question de management, il n’est pas nécessaire d’avoir des preuves, le doute raisonnable suffit pour amener le dirigeant à faire un arbitrage, un simple calcul de gestion, entre ce que cela coûte de rester sans rien faire et ce que cela rapporte de prendre une décision. Le professeur le rappelle clairement, à notre époque où tout devient plus en plus règlementé, le premier à devoir  respecter les règles est le dirigeant lui-même, et à plus forte raison ceux qui ont élaboré ses règles et ses textes. La leçon de management du Pape rappelle si besoin était que ceux qui sont aux « plus hauts sommets » des grandes entreprises et des organisations doivent donner l’exemple. Et pourquoi pas  aussi ceux des petites ?!
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L’entreprise transnationale Le Vatican

Le Vatican, enclave territoriale du Saint-Siège dans Rome, avec 832 habitants est plus petit État au monde. Le pape actuellement régnant –dirigeant – François, élu le 13 mars 2013, à la suite de la renonciation – démission – de Benoît XVI, dirige une organisation de 2 600 salariés dont dont environ 750 ecclésiastiques avec 216 millions d’euros de recettes venant du tourisme, de l’organisation de voyages et de pèlerinages, émission de timbres postaux et de monnaies recherchés par les collectionneurs et la vente de publications, de placements mobiliers et immobiliers, et du denier de Saint-Pierre. Le Saint-Siège n’a pas encore atteint les standards requis au niveau international contre le blanchiment d’argent, ce qui incite le pape François à sortir l’économie du Vatican des réseaux mafieux.
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* Chicago Booth School of Business de l’Université de Chicago  www.chicagobooth.edu

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