Après des derniers mois éprouvants à la suite de la crise de la COVID-19, les Français avaient bien besoin de repos. Une exigence pressante de faire une vraie pause, face aux risques psychosociaux qui s’accentuent dans les entreprises depuis la crise. A en croire les résultats de l’étude « Workforce View 2020 » sur près 2 000 Français, les problèmes de stigmatisation entourant la question du stress au travail persistent encore dans de nombreuses entreprises.

Les difficultés des salariés pour parler de leur mal-être au travail

Notamment les difficultés que rencontrent les salariés pour parler de leur mal-être au travail. En France notamment, 29 % pourraient en discuter avec des amis ou des collègues proches. Mais seuls 15 % déclarent qu’ils oseraient évoquer un problème de santé ou une préoccupation liée à leur bien-être avec leur responsable hiérarchique ou leur manager, et à peine 9 % à en informer les RH. Ils sont un quart à ne pas se sentir suffisamment à l’aise pour l’évoquer dans un cadre professionnel. De tels résultats semblent indiquer que de nombreuses organisations n’ont pas mis en place un environnement ou des outils adaptés pour libérer la parole de leurs salariés et leur permettre de bénéficier d’un accompagnement adapté pour faire face aux enjeux du bien-être au travail.

Lueur d’espoir avec les jeunes générations qui seraient apparemment plus à l’aise que leurs aînés à l’idée d’évoquer leurs difficultés. En Europe, 82% des moins de 34 ans se disent prêts à soulever un problème de bien-être au travail s’il se présentait, contre 69 % des plus de 55 ans.

Les craintes qu’engendre la COVID-19 sont de forts vecteurs de stress

Les efforts actuels pour contenir la pandémie du Coronavirus dans de nombreux pays risquent d’aggraver les problèmes de stress au travail. En effet, les inquiétudes des salariés concernant la sécurité de leur emploi s’accroissent, et certains d’entre eux souffrent d’une surcharge de travail et d’un manque de moyens. Facteur aggravant, le stress sur le lieu de travail est un problème récurrent, notamment en Europe. Près de deux tiers des salariés se sentent stressés au travail au moins une fois par semaine ; alors que seulement un sur dix affirme ne jamais l’être.

Des Français moins stressés que les autres européens

Les campagnes de sensibilisation et de lutte contre les risques psychosociaux ont gagné du terrain dans plusieurs pays ces dernières années. Néanmoins, ce sujet reste tabou dans d’autres.
Les travailleurs d’Amérique du Nord sont les plus susceptibles de se sentir stressés régulièrement (67 % aux USA et 69 % au Canada), et si les travailleurs d’Asie-Pacifique font part de la plus faible incidence de stress, il n’en reste pas moins que 60 % d’entre eux sont stressés chaque semaine.
Mais les variations sont encore plus importantes entre les différents pays européens. 76 % des Allemands, 68 % des Anglais et des Italiens, et même jusqu’à 7 Suisses sur 10 se sentent stressés au moins une fois par semaine, contre 55 % des Français.

Des travailleurs plus stressés dans le secteur des médias et de l’information

La question du stress des travailleurs dans le monde est plus importante dans les secteurs qui connaissent actuellement les disruptions les plus rapides. 7 salariés sur 10 travaillant dans le secteur des médias et de l’information se sentent stressées au moins une fois par semaine, opinion partagée par 69 % de ceux évoluant dans les secteurs de l’informatique et des télécommunications. A l’opposé, 22 % des sondés travaillant dans les services aux professionnels disent ne jamais être stressés.

Malgré plusieurs tentatives d’employeurs de s’attaquer à ces tabous, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’avoir des conversations ouvertes sur le sujet. Echanger sur sa santé au travail demeure en effet difficile, soit par crainte que cela ne nuise à sa carrière, soit en raison de sensibilités culturelles. Les équipes RH ont un rôle majeur à jouer pour lever les obstacles afin que les salariés se sentent suffisamment soutenus pour oser parler de leurs problèmes.
Sensibiliser les entreprises à ce problème en interne, mettre en place des politiques pour les gérer et expliquer aux collaborateurs comment obtenir de l’aide, sont quelques-uns des moyens grâce auxquels les employeurs peuvent montrer qu’ils prennent la question du bien-être très au sérieux.

Cette situation a déjà intensifié les risques psychosociaux avec des salariés qui ont dû pratiquer le télétravail en continu pendant de longs mois, qui ont pu être mis en activité partielle et ont fait face à des changements rapides et parfois déstabilisants. Les entreprises en France font un travail incroyable pour assurer la sécurité de leurs collaborateurs, mais au-delà des actions pour les protéger de l’épidémie, il est essentiel ne pas oublier la sécurité émotionnelle des collaborateurs et développer plus que jamais ses politiques de qualité de vie au travail.
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Carlos Fontelas de Carvalho, Président d’ADP France , Paris
Carlos Fontelas de Carvalho, Président d’ADP France depuis le 1er octobre 2016. Avec plus de 20 ans d’expérience dans le management et les relations commerciales, il a pour mission de poursuivre le développement d’ADP sur les marchés français et suisse. Il rejoint ADP en 2013 comme Vice-Président de la division Major Accounts et Small Business Services, avec la responsabilité de la mise en place et de la relation client pour les entreprises de jusqu’à 3 000 salariés. Avant de rejoindre ADP, il était Vice-Président des Opérations chez Avis Budget, pour la France et le Benelux, après différents postes dans d’autres pays européens du Groupe pendant 15 ans, ila notamment développé son expertise Marketing et Qualité avec les compétences Six Sigma et NPS (outil de suivi de la fidélisation client). Diplômé en économie de l’Universidade Técnica de Lisbonne, officier Logistique et en Ingénierie automobile au sein de l’armée portugaise, il a démarre sa carrière professionnelle chez KPMG, comme Comptable et Auditeur.