La réalité n’est pas toujours aussi rose, heureusement il existe des parades contre ces patrons difficiles, en les contournant, en changeant de services ou même d’entreprise quand la situation devient intenable. Jules César et Alexandre, Napoléon étaient de grands leaders, pas vraiment démocrates et certains sont allés à la ruine… Plus près de nous, Jack Welch fut un grand leader, il a élaboré un projet de transformation de General Electric, et l’a fait exécuter avec l’enthousiasme par ses équipes.
Il avait, de mémoire quelques principes clairs :
– avoir la meilleure équipe de cadres, le dernier quart de celle-ci étant graduellement encouragé à quitter GE
– organiser la candeur à tous les niveaux, y compris pour lui-même, il reconnaissait ses erreurs comme par exemple son entrée dans le secteur bancaire
– faire un feedback à ses dirigeants et cadres sur leur parcours et leur performance
Voici ce qu’il disait sur les « cinq patrons que vous ne voulez pas, et que vous ne devez pas devenir » :

1 – Le patron qui sait tout sur tout, se mêle de tout, à tout moment

Il écoute peu et entraine tout le monde dans son sillage de surdité et de manque d’initiative. Il n’y a pas grand chose à attendre et vous allez vivre en exécutant, infantilisé à chaque instant ;
Ce que vous devez faire : apprendre, demander les meilleures formations et prendre le large

2 – Le patron distant, cloîtré dans son bureau, qui se débarrasse de vous

En vous renvoyant à d’autres, à la DRH en tête, avec lui le leadership, l’enthousiasme, oubliez !
Ce que vous devez faire :
– tenter de lui faire comprendre et de l’éduquer, c’est rare que ça marche, mais vous pouvez créer à plusieurs un groupe activiste de communication et de coordination
– impliquer d’autres collègues dans l’organisation d’événements qui l’obligent à sortir de son isolement, si en fin de compte il se sent mal dans se genre de situation et résiste au changement …vous devrez prendre le large
– mettre en valeur ses compétences personnelles et en apprenant de lui tout ce qu’il sait, vous vous mettez en position de lui succéder à terme…

3 – « le jerk » (expression de Jack Welch), agressif, autoritaire, sans sens humain

La caricature des années 20 dans les films de Charlie Chaplin ! Cela existe ! J’ai cherché la traduction du mot « jerk « en français « un nul » ! Ce genre de dirigeant aujourd’hui dans le contexte actuel, est autodestructif.
Le mieux à faire :
– vous occuper de vous et de l’entreprise ! Ne pas de subir un patron qui ne mérite pas ce nom, et quitter l’entreprise ou le département
– attendre un peu le temps de s’expliquer, de constater ou non des améliorations, puis chercher ailleurs ou dans un autre département
– attendre des années est une erreur, certes protégez-vous financièrement en restant jusqu’à ce que vous trouviez un autre poste ailleurs dans lequel vous pourrez vous épanouir, apprendre et progresser…

4 – Le patron gentil qui cherche le consensus total

Il n’a aucune aspérité, on peut même dire c‘est quelqu’un de mou, sous couvert de diplomatie, bref un manager inconsistant.
Il vit pour se préserver, se protéger, son inconsistance mène aux pires dangers.
Le mieux à faire : vous pouvez temporairement vous organiser pour apprendre et réussir, mais ce contexte problématique va déformer votre vison du management et finalement vous décevoir. Vous progresserez ailleurs dans l’entreprise ou vous partez pour rejoindre vers un leader qui vous inspire et auprès duquel vous apprenez.

5 – Le patron sans courage ni poids

Il n’obtient rien de son entreprise ni de ses collaborateurs car il n’a aucune influence. Au premier risque, il recule. Vous jouez à qui perd gagne, le financement de vos projets est mal défendu, il ne se met jamais en avant pour obtenir les développements intéressants. Cela ne doit pas durer trop longtemps, c’est mauvais pour votre motivation et votre développement personnel et pour votre progression de carrière : stagner, c‘est échouer…
Le mieux à faire : chercher la sortie la plus intelligente possible !

D’autres types fréquemment rencontrés de boss insupportables

Récemment, je réfléchissais à d’autres types fréquemment rencontrés de boss insupportables, en voici quelques-uns, je ne les énumère pas tous par masochisme mais pour vous rassurer,si vous les rencontrez, sur votre santé mentale : non !vous n’avez pas exagéré, ça existe … !)

1 – Le patron « stop and go »
Il vous dit oui, approuve votre idée ou votre projet, vous avez donc son feu vert, vous foncez dans l’exécution … pour apprendre qu’il a toujours désapprouvé, ou qu’il ne se souvient de rien. C’est souvent le genre qui écoute quelqu’un d’autre qui le fait changer d’avis et nier les accords passés. Evidemment ce patron « stop and go » est très dangereux pour vous.
Le mieux à faire : mettre par écrit si possible l‘accord passé, identifier la « personne d’influence » et lui pré-vendre votre idée, ne pas vous précipiter sur la solution approuvée et attendre un peu pour vérifier qu’un vrai accord est passé. De ces contorsions et précautions dépend votre succès dans l’entreprise !

2 – Le patron qui travaille en silo
Il préfère que vous travailliez sur votre projet sans mettre les autres départements dans le circuit. Au nom du secret ou par goût de la discrétion systématique, alors qu’il faut travailler en transversal. Evidemment, c’est très gênant pour des projets dont le succès dépend essentiellement de la communication et de l’accord d’autres départements.
Le mieux à faire : ce genre de patron n’est pas sûr de lui ou est trop autoritaire ou arrogant, peu importe, il faut le contourner par des contacts extérieurs, des déjeuners informels avec les autres responsables…. mais vous ne pouvez pas vous passer des consultations transverses…

3 – Le patron qui vous pousse à la démission
Un autre cas très intéressant sur le plan psychologique, mais désagréable celui qui en est victime, est celui du patron qui rejette vos idées, puis vous en veut et vous exclut de son cercle de travail au point de vous pousser à démissionner. Un comportement illégal, c’est du harcèlement souvent difficile à prouver.
Le mieux à faire : lui demander une réunion pour clarifier l’événement, et confirmer par un mail positif. En cas de comportement inchangé, passer à un autre niveau de l’entreprise ou du DRH .

4 – Le manager qui joue le « blame game »
En français « C’est de votre faute si ». Facile, le patron a approuvé votre projet, mais c’est vous et votre équipe qui n’avez pas obtenu les résultats, et tout ce que le boss dit « C’est de votre faute ! » Cela peut être vrai, mais l’échec doit être partagé, c’est lâche de blâmer un subordonné dont on a soi-même approuvé le travail et dont on est responsable à tous points de vue, et cela empêche toute amélioration de l’entreprise et de l’équipe.
Le mieux à faire : mieux vaut formuler les leçons à tirer de cet échec avec votre supérieur, tout en analysant objectivement les causes de l’échec, le partage des responsabilités pour sortir renforcés d’une telle épreuve.

Un exemple : je dirigeais à Paris en temps que Président de Groupe  33 filiales de chasse de têtes. Un jour, le directeur de la filiale au Brésil me téléphone pour me dire qu’un client, une Banque importante avait licencié pour cause de mauvaises références, un candidat présenté par notre Cabinet au Brésil. Le directeur récent, pas mal bouleversé était désemparé, surtout que l’actionnaire était un ancien Ministre des Finances, membre d’une famille très connue au Brésil. Ma réaction a été de le remercier pour son honnête description de la situation. J’ai pris l’avion pour Sao Paulo et j’ai demandé avec lui un rendez-vous au client pour le lendemain, j’ai accepté tous les torts et l’engueulade en règle de la part du client et proposé une recherche gratuite bien sûr, une réforme de nos procédures de références qui sont complexes au Brésil, et le directeur a bien sûr réussi la nouvelle recherche, le Client étant favorablement impressionné, même stupéfait que le no 1 du Groupe se soit déplacé pour régler la situation.

Règles à respecter avant de vous décider de changer

En résumé, je vous ai décrit quelques types de patrons difficiles, et vous en connaissez sans doute aussi. Dans de nombreux cas vous pouvez vous inspirer des solutions que j’ai indiquées, mais à chaque fois, vous devez vous-même inventer votre propre attitude et l’adapter à chaque cas. Avant de vous décider, mieux vaut respecter certaines règles telles que :
1 – Valider ce que vous apprenez avec votre supérieur hiérarchique
2 – Considérer ce le poste et l’entreprise vous apportent en avantages non monétaires (formation, intérêt des clients, de l’environnement etc)
3 – Bien peser votre situation sur le plan financier et votre rémunération par rapport aux risques de vous mettre sur le marché en quittant un mauvais patron, attendre est parfois bon, mais quelques mois seulement, pas une ou deux années.
4 – Fuir un patron insupportable, en restant vous vous détruirez à terme, et l’entreprise qui laissent ces situations se perpétuer voire se développer au lieu de les arrêter, ne vous mérite pas !



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Titulaire d’une maîtrise de droit, Lauréat du concours général de la Faculté de Droit de Paris, diplômé de l’Institut d‘Etudes Politiques de Paris, diplômé de Harvard (MBA) et « Teaching Fellow » en Littérature Française de l’Université de Harvard, Jean-Michel Beigbeder, l’un des fondateurs de la profession de Chasseur de Têtes en France et au niveau international, . crée le cabinet Spencer Stuart à Paris, puis dirige le Groupe Spencer Stuart au niveau mondial. Après avoir dirigé Korn Ferry Europe, il créait son propre cabinet : Beigbeder CEO Advisory. En 1989, il fonde et dirige la filiale française du leader mondial de l’Outplacement : DBM France, cédée par la suite à Altedia, filiale du Groupe Adecco. Sa carrière s’est dédiée aux dirigeants qu’il a accompagnés et conseillés. Il continue d’exercer son métier de Chasseur de Têtes pour recruter les CEO d’entreprises en transformation. Plus récemment, il a lancé la plateforme Happy Job Consulting destinée à assister les cadres supérieurs et dirigeants désireux de se reconvertir professionnellement.